Livret A : comment la flambée des prix de l’énergie et le retour de l’inflation pourraient faire grimper vos intérêts au 1er août 2026
Entre inflation qui repart et guerre au Moyen-Orient, le taux du Livret A pourrait enfin bouger au 1er août 2026. Jusqu'à quel niveau et avec quelles conséquences pour votre épargne ?

Pour beaucoup de foyers français, le Livret A reste le réflexe pour mettre quelques économies de côté, même si son rendement a sérieusement reculé. Depuis le 1er février 2026, son taux est passé de 1,7 % à 1,5 %, ce qui a entamé son attrait face à d’autres placements. Avec la montée des tensions géopolitiques et le retour d’un peu d’inflation, la prochaine révision prévue au 1er août 2026 attise donc les attentes des épargnants.
Car la situation internationale bouleverse de nouveau la donne. La guerre au Moyen-Orient, et en particulier le blocage du détroit d’Ormuz, renchérit les prix du pétrole et du gaz, ce qui pousse l’Insee à revoir ses prévisions : après avoir anticipé en décembre 2025 une hausse moyenne de l’indice des prix à la consommation de 1,17 % au premier semestre 2026, l’institut table désormais sur 1,42 %, avec une hausse possible de 25 % des produits pétroliers en mai. De quoi reposer la question du futur taux du Livret A cet été.
Inflation, énergie et Banque centrale : pourquoi le taux du Livret A pourrait remonter
Le calcul du taux du Livret A repose en grande partie sur l’évolution des prix. Officiellement, la Banque de France détermine un taux technique en combinant l’indice des prix à la consommation hors tabac et un taux interbancaire comme l’€STR, avant de le proposer au gouvernement. En début d’année, cet exercice avait abouti à un résultat proche de 1,4 %, mais l’institution avait recommandé de retenir 1,5 % pour limiter l’érosion du pouvoir d’achat. Ce sont ces mêmes mécanismes qui joueront pour la révision du 1er août 2026.
La Banque centrale européenne suit de près ce nouveau choc énergétique. Selon les informations rapportées par BFMTV, elle a déjà averti d’un risque d’accélération de l’inflation lié à la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Si la hausse des prix se confirmait, la BCE pourrait être tentée de remonter son taux de dépôt, ce qui pèserait sur les taux interbancaires et, par ricochet, sur la formule de calcul des livrets réglementés. L’équation se complique donc pour les autorités monétaires comme pour les épargnants.
Livret A, LDDS, LEP : quels scénarios de hausse au 1er août 2026 ?
Aujourd’hui, le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire affichent un taux identique de 1,5 %, après une baisse intervenue le 1er février où ils rémunéraient encore 1,7 %. Dans ce contexte, les Français ont retiré 740 millions d’euros de plus qu’ils n’en ont déposé sur leur Livret A en février, alors que ce mois est d’ordinaire positif : un mouvement « à rebours de la tendance habituelle (…) du mois de février qui en général est collecteur », a analysé Stéphane Magnan de la Caisse des dépôts lors d’un point avec des journalistes, cité par BFMTV. Au total, les encours atteignaient 447 milliards d’euros sur le Livret A et 165,2 milliards d’euros sur le LDDS, d’après la Caisse des dépôts.
Si l’inflation suit la trajectoire dessinée par l’Insee, plusieurs calculs aboutissent à un taux autour de 1,6 % au 1er août 2026. D’autres experts jugent crédible un relèvement à 1,70 %, et n’excluent pas un pic à 1,80 % en cas de choc durable sur les prix de l’énergie. Le taux du LEP pourrait alors se situer entre 2,70 % et 2,80 %, tandis que le LDDS évoluerait mécaniquement au même niveau que le Livret A. Pour autant, certains spécialistes rappellent que le gouvernement peut choisir de déroger à une revalorisation, ou au contraire donner un petit coup de pouce, ce qui laisse planer une part d’incertitude sur le rendement futur, meme si, pour beaucoup, « Si on regarde l’histoire du Livret A, il a toujours été une valeur refuge dans les périodes de crise », a ainsi commenté Stéphane Magnan.
En bref
- Après la baisse à 1,5 % du 1er février 2026 et une décollecte inédite en février, le Livret A se retrouve au centre des interrogations des épargnants français.
- Entre inflation revue à la hausse, tensions énergétiques liées au Moyen-Orient et rôle de la BCE, les projections dessinent un taux technique autour de 1,6 %, voire 1,7 à 1,8 % dans un scénario plus tendu.
- Entre scénarios chiffrés, marge de manœuvre politique du gouvernement et impact sur le LDDS et le LEP, la revalorisation du 1er août pourrait rebattre subtilement les cartes de votre épargne.





