Livret A, LEP en chute libre, PEL 2026 à 2 % : ce qui va bouleverser votre épargne au 1er février 2026

Par Paul Graph - Publié le

À partir du 1er février 2026, les taux du Livret A et du LEP devraient de nouveau reculer sous l’effet d’une inflation au plus bas. Jusqu’où ces baisses grignoteront‑elles vos intérêts face au PEL 2026 à 2 % ?

Livret A, LEP en chute libre, PEL 2026 à 2 % : ce qui va bouleverser votre épargne au 1er février 2026

Début 2026 ne s’annonce pas comme une bonne surprise pour les épargnants prudents. Alors que beaucoup espéraient un répit après les fortes baisses de 2025, les prochains ajustements de taux des livrets réglementés vont, une fois de plus, rogner la rémunération de l’épargne de précaution.

La confirmation est venue des chiffres d’inflation de novembre 2025. Selon l’Insee, la progression des prix à la consommation hors tabac est restée cantonnée à +0,9 % sur un an, comme en octobre. Une inflation très faible qui pèse directement sur la formule de calcul du Livret A, du LEP et du LDDS et prépare une nouvelle baisse au 1er février 2026. Reste à voir ce que cela signifie, en pratique, pour votre épargne.

Livret A, LEP : quels taux attendre au 1er février 2026 ?

Le taux du Livret A dépend d’une formule qui combine la moyenne d’inflation du semestre et la moyenne des taux interbancaires sur la même période. Entre juillet et novembre 2025, l’inflation moyenne atteint 0,93 %, tandis que les taux interbancaires gravitent autour de 1,93 %. En appliquant strictement la règle, on obtient un taux théorique de 1,43 %, ce qui renverrait à un Livret A qui passerait de 1,7 % à environ 1,5 % au 1er février 2026, après l’arrondi habituel à la dizaine de points supérieure. Le LDDS suivrait exactement la même trajectoire.

Pour le Livret d’épargne populaire, la mécanique est encore plus rude. Sa rémunération est strictement indexée sur la moyenne de l’inflation semestrielle. Avec un niveau de 0,93 %, la formule aboutit à un rendement théorique d’environ 1 % au 1er février 2026, contre 2,7 % depuis le 1er août 2025. Sur le papier, les quelque 12 millions de titulaires de LEP verraient donc leur taux pratiquement divisé par trois.

Dans la réalité, un double filet de sécurité limite la casse. D’abord, la réglementation impose que le taux du LEP soit supérieur d’au moins 0,5 point à celui du Livret A. Si ce dernier tombe à 1,5 %, le LEP ne pourra pas descendre sous 2 %. Ensuite, le ministre de l’Économie, sur avis de la Banque de France, peut s’écarter de la formule pour accorder un coup de pouce, comme cela a été fait lors des quatre dernières révisions du LEP. Rien ne garantit un geste similaire en 2026, mais l’outil existe toujours.

PEL 2026 à 2 % : le contre-exemple face à la baisse du Livret A et du LEP

Au moment où les rendements du Livret A et du LEP reculent, le PEL 2026 suit une trajectoire inverse. Pour les plans ouverts à partir du 1er janvier 2026, le taux brut devrait passer mécaniquement à 2 %. Ce chiffre découle d’une formule officielle : 70 % du taux swap 5 ans plus 30 % de l’écart entre taux swap 10 ans et 2 ans, calculés sur la moyenne de novembre. Pour 2026, cette équation mène à un résultat de 1,84 %, arrondi réglementairement au quart de point supérieur, soit un taux final de 2 %.

Avant que ce nouveau taux ne soit gravé dans le marbre, un calendrier précis doit être respecté :

  • calcul technique par la Banque de France avant le 5 décembre, sur la base des taux de novembre ;
  • transmission de la recommandation au Trésor ;
  • publication de l’arrêté au Journal officiel, attendue vers la mi-décembre ;
  • entrée en vigueur du taux pour les nouveaux PEL au 1er janvier 2026.

Ce 2 % brut ne doit toutefois pas faire oublier la fiscalité. Les nouveaux PEL supportent d’office la flat tax de 30 %. Une fois impôts et prélèvements sociaux déduits, le rendement réel tombe à 1,40 % net. C’est mieux que le PEL ouvert en 2025, rémunéré à 1,75 % brut, soit 1,23 % net, mais il reste inférieur au taux net du Livret A, qui est exonéré d’impôt. Ce sont ces interets nets qu’il faut mettre en regard de vos objectifs.

Le PEL 2026 garde toutefois deux atouts majeurs : un taux garanti pendant toute la durée de vie du plan, jusqu’à 15 ans, et des droits à prêt immobilier dont le taux est défini à l’avance. En contrepartie, l’épargnant doit verser au moins 225 euros à l’ouverture puis 540 euros par an pendant 10 ans, sous peine de clôture. Les détenteurs de PEL ouverts en 2011 verront d’ailleurs leur plan fermer automatiquement en 2026, au bout de 15 ans, leurs fonds basculant sur un livret bancaire souvent rémunéré autour de 0,8 % brut et avec la perte définitive du taux garanti, des droits à prêt et, le cas échéant, de la prime d’État.

En bref

  • Depuis les fortes baisses de 2025, l’inflation autour de 0,9 % et les taux interbancaires en repli préparent une nouvelle réduction des livrets réglementés début 2026.
  • Le 1er février 2026, le Livret A pourrait passer de 1,7 % à 1,5 %, le LEP serait ramené vers un plancher d’environ 2 %, tandis que le PEL 2026 grimperait à 2 % brut.
  • Entre perte d’intérêts sur Livret A ou LEP, attrait du PEL 2026 et contraintes de blocage, les épargnants devront arbitrer finement la répartition de leur épargne.