Livret A : l'indice inquiétant lâché par François Villeroy de Galhau sur une baisse à 1,4 % qui va rogner vos intérêts en 2026
Le taux du Livret A devrait de nouveau reculer au 1er février 2026, vers 1,4 %, alors que l’inflation en France s’essouffle. Que signifient les signaux envoyés par François Villeroy de Galhau pour les épargnants et leurs livrets réglementés ?

Un nouveau coup de froid se profile pour les quelque 56 millions de Français détenteurs d’un Livret A. Après une première baisse à 1,7 % l’été 2025, le taux du placement préféré des ménages s’apprête, sauf surprise de dernière minute, à être de nouveau raboté au 1er février, dans un contexte de forte accalmie sur l’inflation.
Selon les premiers calculs relayés par les spécialistes, ce taux aujourd’hui fixé à 1,7 % pourrait descendre à 1,4 % au 1er février 2026, soit son plus bas niveau depuis février 2022, quand il était encore à 1 %. Pour les épargnants, cela ne restera pas théorique très longtemps.
Baisse du Livret A : le signal envoyé par François Villeroy de Galhau
Gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a déjà préparé le terrain. Invité à s’exprimer sur la future rémunération du Livret A, il a confirmé qu’une nouvelle baisse était en marche et que le rendement ne resterait pas figé à 1,7 %. En juillet 2025 déjà, sa recommandation avait conduit le gouvernement à abaisser le taux de 2,4 % à 1,7 % au 1er août 2025, comme l’avait décidé Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.
Cette fois, le gouverneur insiste surtout sur le rapport entre Livret A et inflation. Il rappelle qu’avec un taux attendu autour de 1,4 %, le placement continuerait de rapporter plus que la hausse des prix, l’inflation étant tombée à 0,8 % en décembre 2025 après 0,9 % un mois plus tôt. François Villeroy de Galhau assure ainsi que le rendement restera « significativement supérieur à l’inflation », selon BFMTV, un argument clé pour tenter de rassurer les épargnants inquiets.
Vers un taux à 1,4 % : impact concret pour Livret A, LDDS et LEP
D’après les données rassemblées, la formule officielle qui sert à fixer le taux du Livret A combine l’inflation moyenne semestrielle, actuellement estimée à 0,9 %, et les taux interbancaires à court terme, le €STR, situé aux environs de 1,9 %. La moyenne de ces deux indicateurs conduit à un niveau proche de 1,4 %, scénario central évoqué pour le nouveau taux du Livret A au 1er février 2026. Ce repli serait loin d’être neutre : pour un livret au plafond réglementaire de 22 950 euros, le passage de 1,7 % à 1,4 % représente une perte de 69 euros d’intérêts sur une année, un manque à gagner bien réel sur l’épargne de précaution.
- À 1,7 %, le Livret A rapportait davantage, mais sur un fond d’inflation plus élevé.
- À 1,4 %, le rendement diminue, mais reste supérieur à l’inflation récente de 0,8 %.
- Le pouvoir d’achat de l’épargne reste donc préservé, même si les interets reculent en valeur absolue.
La mécanique touche aussi les autres livrets réglementés. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont le taux est strictement aligné sur celui du Livret A, suivrait le même mouvement vers 1,4 %. Quant au Livret d’épargne populaire (LEP), réservé à près de 12 millions de Français les plus modestes, il doit légalement offrir au minimum 0,5 point de plus que le Livret A : avec un Livret A à 1,4 %, son plancher théorique tomberait donc à 1,9 %, contre 2,7 % actuellement. Dans les faits, l’État a souvent choisi de maintenir un écart d’un point entier, ce qui placerait plutôt le LEP autour de 2,4 %, un enjeu important pour ce produit présenté comme un outil de protection du pouvoir d’achat.
Reste enfin la décision politique. La Banque de France applique la formule et transmet une recommandation à Bercy d’ici le 15 janvier, mais le gouvernement conserve la possibilité de déroger à ce calcul. Les économistes comme Eric Dor jugent toutefois qu’il existe peu d’arguments économiques pour accorder un coup de pouce artificiel au Livret A dans un contexte d’inflation retombée autour de 0,8 %. Pour les épargnants, tout l’enjeu est donc de surveiller l’annonce oficielle des prochains jours et, pour ceux qui y ont droit, de privilégier le LEP avant de laisser dormir leur épargne sur un Livret A ou un LDDS moins rémunérateurs.
En bref
- Le 10 janvier 2026 sur France Inter, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a préparé une nouvelle baisse du Livret A au 1er février.
- En appliquant la formule de calcul fondée sur l’inflation moyenne de 0,9 % et le taux €STR proche de 1,9 %, le nouveau taux attendu tombe à 1,4 %, soit 69 € d’intérêts en moins par an pour un livret au plafond.
- Ce recul toucherait aussi le LDDS et poserait la question du futur taux du LEP, tandis que Bercy doit encore arbitrer, un moment clé pour ajuster sa stratégie d’épargne.





