Livret A, PEL, LEP, assurance-vie en 2026 : valent-ils encore la peine avant la nouvelle baisse des taux ? Ce placement sans risque pourrait tout changer

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, le Livret A retombe vers 1,5 % et les nouveaux PEL peinent à faire mieux, alors que l’inflation grignote l’épargne. Faut‑il encore miser sur ces placements ou réorganiser vos économies avant la prochaine baisse de taux ?

Livret A, PEL, LEP, assurance-vie en 2026 : valent-ils encore la peine avant la nouvelle baisse des taux ? Ce placement sans risque pourrait tout changer

L’inflation qui retombe, des taux directeurs de la BCE en baisse, des rendements de livrets réglementés qui suivent : le décor de 2026 est posé. Après les années à 3 % sur le Livret A, les épargnants doivent composer avec des taux qui reculent alors que leur épargne de précaution n’a jamais été aussi élevée.

En décembre 2025, le taux du Livret A est de 1,7 % net, avec une baisse vers 1,5 % évoquée pour 2026, alors que l’inflation évolue autour de 2 %. Côté PEL, les plans ouverts en 2025 servent 1,75 % brut, soit 1,22 % net, et le rendement des nouveaux plans ouverts en 2026 est simplement attendu un peu plus haut. Dans ce paysage où presque tout baisse, une question s’impose : ces placements historiques valent-ils encore la peine ?

Livret A et LEP en 2026 : des piliers qui se fragilisent

Référence de l’épargne de précaution, le Livret A reste très simple : accessible à tous, sans frais, avec retraits possibles à tout moment et intérêts exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. L’État garantit chaque euro déposé, dans la limite du plafond de 22 950 euros, ce qui en fait un refuge pour les dépenses imprévues. Avec 1,7 % net aujourd’hui et 1,5 % attendu, il protège le capital, mais à peine le pouvoir d’achat si les prix augmentent encore d’environ 2 % par an.

Pour les ménages éligibles, le livret d’épargne populaire (**LEP**) s’impose en priorité : 2,70 % nets d’impôts et de prélèvements sociaux, un plafond de 10 000 euros et un taux indexé sur l’inflation ou sur le Livret A majoré de 0,5 point. « Le taux du LEP pourrait être révisé à 2,50% », avance Philippe Crevel, cité par Capital. Même avec cette baisse envisagée, le LEP resterait le placement sans risque le plus rémunérateur. Les 12-25 ans peuvent, eux, profiter du livret Jeune, dont le rendement varie de 1,70 % à 4 % nets selon les banques, avec un plafond de 1 600 euros : tant que son taux dépasse celui du Livret A, il a vocation à être rempli en priorité.

PEL et CEL : l’épargne logement face à la baisse des taux

Les produits d’épargne logement souffrent eux aussi du recul des rendements. Le compte épargne logement (**CEL**) sert 1,25 % brut, soit 0,87 % net, depuis le 1er août 2025, et devrait reculer à 1 % à partir du 1er février, dans le sillage du Livret A. Avec un plafond de 15 300 euros, ce rendement faible et, pour les CEL ouverts depuis 2018, une fiscalité identique à celle des autres comptes sur livret, son intérêt est devenu limité, même s’il peut ouvrir droit, après dix-huit mois, à un prêt de 23 000 euros maximum sur deux à quinze ans.

Le Plan d’épargne logement (**PEL**) a, lui aussi, perdu de sa superbe. Les plans ouverts depuis le 1er janvier 2025 rapportent 1,75 % brut, soit 1,22 % net, avec un taux figé pendant quinze ans. « Le rendement des PEL ouverts à partir du 1er janvier devrait se situer autour de 1,80%, soit 1,26% nets », analyse Philippe Crevel, ce qui reste très proche du Livret A anticipé pour 2026. Tout retrait entraîne la clôture du plan, des versements annuels d’au moins 540 euros sont obligatoires, le plafond est de 61 200 euros, et le principal atout devient le droit à prêt : jusqu’à 92 000 euros sur deux à quinze ans, au taux de 2,95 % pour les PEL ouverts en 2025. Les anciens PEL d’avant 2016, souvent rémunérés à 2,5 % brut et plus, restent donc interessants à conserver, alors que les plans récents ont surtout du sens en cas de projet immobilier précis.

Livrets bancaires, comptes à terme, assurance-vie : quelles alternatives au Livret A et au PEL ?

Au-delà des livrets réglementés, les livrets bancaires fiscalisés servent à accueillir les montants supérieurs aux plafonds. Dans les banques traditionnelles, leurs taux tournent entre 0,10 % et 0,40 % brut, avec des offres parfois plus généreuses dans certains établissements ou en ligne. « Les taux des livrets fiscalisés restent orientés à la baisse, comme celui du Livret A, dans un contexte de poursuite de la baisse des taux directeurs par la Banque centrale européenne », prévient Patrick Thiberge, directeur général de Meilleurtaux Placement, cité par Capital. Malgré une fiscalité au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ces livrets gardent une place de choix dans l’épargne de précaution une fois les plafonds atteints. « Nous proposons aussi régulièrement des taux promotionnels à nos clients existants sur leurs nouveaux versements pour récompenser leur fidélité », précise Patrick Thiberge, tandis que « Nous tenons bien entendu compte du contexte de taux d’intérêt de la Banque centrale européenne, mais nous fixons avant tout le rendement du livret Distingo en fonction de nos objectifs de collecte, eux-mêmes directement liés aux besoins de financement des différentes marques du groupe Stellantis », explique Sarah Zamoun, directrice de Distingo Bank, citée par Capital.

Pour mieux verrouiller un taux avant qu’il ne baisse encore, les comptes à terme constituent une autre option : la rémunération, fixée à l’avance, oscille entre 1,70 % et 2,30 % brut sur un an selon les établissements, à condition d’accepter de bloquer l’épargne. Distingo Bank propose par exemple 2,10 % sur dix mois, 2,15 % sur un an, 2,20 % sur deux ans et 2,30 % sur trois ans. « Il peut être intéressant de s’engager sur deux ou trois ans si l’on a suffisamment de visibilité afin de fixer un bon taux d’intérêt, à un moment où le rendement des livrets continue à baisser », ajoute Sarah Zamoun. Les fonds monétaires, eux, ont offert 2,41 % brut sur douze mois en suivant l’indice €ster, sans plafond de versement et avec une rémunération au jour le jour, mais leur performance devrait passer sous 2 % en 2026. Pour viser davantage de rendement sur le moyen terme, l’assurance-vie en fonds en euros délivre en moyenne entre 2,5 % et 2,7 % bruts, au-dessus du Livret A, tandis que les unités de compte, non garanties, servent à chercher du gain sur dix à quinze ans. Selon l’horizon et la disponibilité souhaitée, chaque support garde un rôle précis dans une stratégie mêlant Livret A, PEL et alternatives :

  • épargne de précaution immédiate : Livret A, LEP ou livret Jeune quand il est mieux rémunéré ;
  • projet à moyen terme ou achat immobilier : ancien PEL bien rémunéré, PEL récent en vue d’un futur prêt, ou assurance-vie en fonds en euros ;
  • gros montants à placer quelques mois : livrets bancaires promotionnels, comptes à terme courts et fonds monétaires, en gardant à l’esprit la fiscalité du PFU.

En bref

  • En 2026, la baisse des taux du Livret A, du LEP, du CEL et des nouveaux PEL s’inscrit dans un contexte d’inflation en reflux et de taux directeurs de la BCE en recul.
  • L’article détaille les forces et faiblesses de chaque support – Livret A, LEP, PEL, CEL, livrets bancaires, comptes à terme, fonds monétaires, assurance‑vie – face à la chute des rendements.
  • Des cas pratiques et pistes d’arbitrage aident l’épargnant à savoir quels livrets garder, quels plans logement conserver et vers quelles alternatives se tourner en 2026.