Loi Montagne 2025-2026 : 135 € d’amende sans pneus hiver ou chaînes dans 34 départements ? La vraie note salée pourrait venir de votre assurance auto

Par Paul Graph - Publié le

À l’hiver 2025-2026, la Loi Montagne impose pneus hiver ou chaînes dans 34 départements de montagne. Mais sans décret de sanctions, risquez-vous vraiment 135 €… ou bien autre chose de plus coûteux ?

Loi Montagne 2025-2026 : 135 € d’amende sans pneus hiver ou chaînes dans 34 départements ? La vraie note salée pourrait venir de votre assurance auto

Alertes météo, routes enneigées, panneaux bleus à l’entrée des vallées… L’hiver 2025-2026 remet la Loi Montagne sur le devant de la scène, avec une question qui revient dans les conversations de station-service comme sur les réseaux sociaux : vais-je vraiment payer une amende de 135 € si ma voiture n’est pas équipée de pneus hiver ou de chaînes ? Entre articles alarmistes et tolérance affichée sur le terrain, les automobilistes ont de quoi hésiter au moment de préparer leur départ pour la montagne.

Depuis 2021, cette réglementation impose pourtant à tous les conducteurs qui circulent dans ou traversent certains massifs d’installer des dispositifs antidérapants sur leur véhicule pendant la période hivernale. Pour l’hiver en cours, cette obligation court du 1er novembre 2025 au 31 mars 2026 dans 34 départements de montagne, mais la question qui fâche reste entière : la verbalisation est-elle enfin entrée en vigueur, ou s’agit-il encore d’une mesure surtout pédagogique ?

Verbalisation loi Montagne 2026 : obligation réelle, sanction encore virtuelle

Premier point à clarifier : l’obligation, elle, ne fait plus débat. Tous les véhicules à 4 roues et plus – voitures particulières, utilitaires, camping-cars, bus, autocars et poids lourds – doivent être équipés dans les zones définies par les préfets des 34 départements de massifs alpins, pyrénéens, jurassiens, vosgiens ou du Massif central. La mesure s’applique uniquement à l’intérieur des périmètres signalés par des panneaux spécifiques, qui rappellent aussi la période hivernale concernée.

Dans ces secteurs, deux options sont possibles pour être en règle : détenir dans son coffre des chaînes ou chaussettes à neige capables d’équiper au moins deux roues motrices, ou circuler avec quatre pneus hiver ou toutes saisons homologués 3PMSF, seul marquage désormais reconnu en équivalence aux dispositifs amovibles. Les pneus à clous restent autorisés sans autre équipement. Sur le papier, un défaut d’équipement est bien assorti d’une contravention de 4e classe, avec une amende prévue de 135 € ; en pratique, aucun décret n’étant venu créer l’infraction spécifique, la verbalisation n’est toujours pas appliquée pour ce motif à l’hiver 2025-2026.

Pneus hiver, chaînes et assurance : pourquoi s’équiper reste indispensable en 2026

Que se passe-t-il alors lors d’un contrôle ? Police et gendarmerie ont reçu pour consigne de privilégier la prévention, en rappelant les règles aux conducteurs insuffisamment équipés plutôt que de dresser un procès-verbal spécifiquement pour absence de dispositifs antidérapants. Pour autant, un véhicule manifestement inadapté à la neige peut se voir refuser l’accès à une route de montagne ou être immobilisé pour ne pas bloquer la circulation ou mettre en danger les autres usagers.

Le vrai sujet se joue surtout du côté de l’assurance auto. En cas d’accident sur une chaussée enneigée dans une zone soumise à la Loi Montagne, l’assureur peut demander au conducteur de prouver qu’il respectait bien l’obligation : photos des pneus et de leur marquage, facture récente, présence de chaînes ou chaussettes adaptées dans le coffre. À défaut, l’indemnisation des dommages matériels ou corporels peut être réduite, voire refusée si le manque d’équipement a clairement aggravé le sinistre. Rapeller que la sanction financière potentielle dépasse largement le simple montant d’une amende aide à comprendre pourquoi s’équiper sérieusement reste la meilleure protection pour l’hiver 2025-2026.

En bref

  • À l’hiver 2025-2026, la Loi Montagne impose des équipements hivernaux dans 34 départements de massifs montagneux pour tous les véhicules à quatre roues et plus.
  • Si l’obligation d’avoir pneus hiver 3PMSF ou chaînes est bien en vigueur, l’absence de décret d’application empêche toute verbalisation spécifique à 135 € pour simple défaut d’équipement.
  • Entre refus d’accès aux routes enneigées et risques de réduction d’indemnisation par l’assurance, l’enjeu financier réel dépasse largement la seule amende théorique.