« Ma retraite a diminué » en janvier 2026 : ce changement de CSG sur l'Agirc‑Arrco qui fait baisser la retraite complémentaire sans prévenir
En janvier 2026, des milliers de retraités du privé voient leur complémentaire Agirc‑Arrco reculer, parfois de plusieurs dizaines d’euros. Entre CSG, prélèvements sociaux et impôt à la source, comment expliquer cette baisse sans toucher aux droits ?

Le virement de retraite complémentaire est arrivé sur le compte courant, et la somme ne correspond pas à celle de décembre. Pour de nombreux retraités du secteur privé, ce début d’année 2026 s’accompagne d’un même réflexe inquiet : ma retraite a diminué. L’écart va de quelques euros à plusieurs dizaines selon les pensions, ce qui suffit à bousculer un budget déjà calculé au plus juste. Sans information claire, la tentation est grande d’y voir une erreur de la caisse ou une réforme cachée.
En parallèle, la retraite de base a été revalorisée de 0,9 % au 1er janvier 2026, tandis que la retraite complémentaire du régime Agirc‑Arrco reste gelée entre le 1er novembre 2025 et le 31 octobre 2026, sans aucune hausse du point. Une pension de base de 1 000 € passe ainsi à 1 009 € par mois, mais le montant brut complémentaire, calculé à partir d’une valeur de service du point fixée à 1,4386 €, demeure strictement identique. Dans ce contexte, voir son virement total baisser au lieu d’augmenter a de quoi dérouter. La clé se niche en réalité dans la façon dont sont calculés les montants nets versés en janvier.
Janvier 2026 : pourquoi votre retraite complémentaire Agirc‑Arrco semble avoir baissé
Pour comprendre la baisse apparente de la retraite complémentaire Agirc‑Arrco, il faut d’abord distinguer deux montants. Le brut correspond aux droits acquis pendant la carrière, c’est à dire le nombre de points multiplié par la valeur de service du point, aujourd’hui de 1,4386 €. Le net, lui, est ce qui arrive réellement sur le compte, une fois retirés tous les prélèvements sociaux et, le cas échéant, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. En janvier 2026, le brut versé par l’Agirc‑Arrco reste identique à celui de la fin 2025, car aucune décision de baisse des droits n’a été prise. Ce qui évolue, ce sont les retenues appliquées sur ce même brut.
Chaque année, au 1er janvier, l’administration actualise les taux de Contribution sociale généralisée et des autres contributions en fonction du revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année, ici 2024, et de la composition du foyer. Quatre taux de CSG existent sur les pensions de retraite : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %. Une fois additionnées la CSG, la CRDS et la contribution de solidarité pour l’autonomie, les taux globaux de prélèvements sociaux atteignent 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 %, avec en plus une cotisation maladie de 1 % qui peut s’appliquer sur la seule complémentaire. Le simple fait de franchir un seuil de revenu peut faire passer d’un taux à l’autre, un « effet de seuil » qui se traduit concrètement par une perte nette fréquente de 20 à 40 € par mois pour une pension moyenne. L’impact est particulièrement visible chez les anciens cadres, dont la part de complémentaire dans la pension totale est plus élevée que celle de la retraite de base.
CSG, impôt à la source : comment vérifier la baisse de votre retraite Agirc‑Arrco
En 2026, le nouveau taux de CSG déterminé à partir du revenu fiscal de référence 2024 s’applique dès le paiement de janvier sur les pensions Agirc‑Arrco, alors qu’il apparaissait auparavant en mars. Les seuils de revenu qui déclenchent un changement de taux tournent par exemple autour de 13 048 €, 17 057 € et 26 472 € de RFR pour une part fiscale, et de 20 016 €, 26 167 € et 40 604 € pour deux parts. Passer du taux réduit de 3,8 % au taux médian de 6,6 % augmente les retenues de 2,8 points, auxquels s’ajoutent la CRDS, la CASA et parfois la cotisation maladie, soit jusqu’à 10,1 % de prélèvements sur la seule retraite complémentaire. Comme cette pension est versée mensuellement et supporte ces prélèvements dès le premier euro, l’effet de la nouvelle grille est immédiat sur le virement du début d’année.
Pour savoir si la baisse que vous constatez est logique, quelques réflexes simples suffisent. D’abord, comparer le montant brut de votre complémentaire indiqué sur les relevés de décembre 2025 et de janvier 2026 : s’il est identique, la différence vient bien des taux de retenue. Il faut ensuite regarder de plus près votre avis d’imposition reçu à l’été 2025, où figurent le revenu fiscal de référence en première page et le nombre de parts de votre foyer. Pour y voir clair, vous pouvez suivre ces étapes, parmis les premiers gestes à adopter :
- situer votre revenu fiscal de référence dans les tranches officielles de CSG retraite 2026 selon votre nombre de parts ;
- vérifier que le taux de CSG appliqué sur votre pension correspond bien à cette tranche ;
- contrôler le taux de prélèvement à la source indiqué sur votre espace en ligne ou sur votre relevé de pension ;
- en cas d’écart manifeste avec votre situation, contacter l’administration fiscale ou votre caisse de retraite de base pour demander une correction.
Une fois les taux rectifiés si besoin, l’information est transmise à l’Agirc‑Arrco, qui procède alors à une régularisation en remboursant le trop-perçu sur les versements suivants. En l’absence de changement de situation familiale ou de revenus en cours d’année, le montant net versé après cette mise à jour de janvier 2026 a vocation à rester stable, en attendant la prochaine éventuelle revalorisation de la retraite complémentaire au 1er novembre 2026.
En bref
- Au 1er janvier 2026, de nombreux retraités du privé constatent une baisse du montant net de leur retraite complémentaire Agirc‑Arrco alors que le brut reste inchangé, sur fond de gel des points et de légère hausse de la retraite de base.
- Cette diminution provient de la mise à jour annuelle des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA, cotisation maladie) et du prélèvement à la source, calculés d’après le revenu fiscal de référence 2024 et appliqués intégralement sur la complémentaire dès le 1er euro.
- En comparant brut et net, en contrôlant son RFR, sa tranche de CSG et son taux de prélèvement à la source, chaque retraité peut vérifier si la baisse de janvier est normale et, en cas d’erreur, demander une rectification avec régularisation.





