Minimum vieillesse en couple : 65 ans pour chacun, 1 605,73 € de plafond… ces règles ASPA ignorées qui bloquent votre dossier

Par Paul Graph - Publié le

En 2025, un couple peut toucher jusqu’à 1 605,73 € de minimum vieillesse, mais à des conditions d’âge, de revenus et de résidence très strictes. Que se passe-t-il si seul l’un des deux a 65 ans ou une petite retraite ?

Minimum vieillesse en couple : 65 ans pour chacun, 1 605,73 € de plafond… ces règles ASPA ignorées qui bloquent votre dossier

Pour beaucoup de retraités qui vivent en couple, le minimum vieillesse couple reste une vraie énigme. Cette aide, officiellement appelée Allocation de solidarité aux personnes âgées

C’est précisément la question posée par un lecteur de 65 ans, qui s’interrogeait sur la nécessité pour sa conjointe d’atteindre le même âge pour que leur foyer touche l’ASPA, une situation relayée par Ouest France. Car derrière le montant affiché pour un couple, tout se joue sur l’âge des deux conjoints et sur chaque euro de revenu.

Minimum vieillesse couple : montant de l’ASPA et principe de calcul

L’ASPA a remplacé l’ancien minimum vieillesse et fonctionne comme une allocation différentielle pour personnes âgées aux faibles ressources. En 2025, elle garantit jusqu’à 1 034,28 euros par mois pour une personne seule et 1 605,73 euros par mois pour un couple, soit respectivement 12 411,44 euros et 19 268,80 euros par an, d’après le site Aide sociale.

Concrètement, l’ASPA ne remplace pas les retraites mais vient les compléter. Notre Temps rappelle que pour un foyer à deux, les ressources du couple ne doivent pas dépasser 1 605,73 euros par mois, soit 19 268,80 euros par an. L’allocation comble alors l’écart entre les revenus réels et ce plafond. Exemple classique cité par le même média : un couple qui dispose de 1 000 euros mensuels touchera une ASPA de 605,73 euros pour atteindre les 1 605,73 euros mensuels autorisés.

Conditions d’âge, de ressources et de résidence pour l’ASPA en couple

Pour ouvrir un droit au minimum vieillesse en couple, plusieurs conditions doivent être réunies en même temps. La première concerne l’âge. La règle générale, rappelée notamment par l’UNSA Retraites et Aide sociale, est d’être âgé d’au moins 65 ans. Cette limite peut être abaissée à 62 ans si la personne est reconnue inapte au travail ou atteinte d’une incapacité permanente d’au moins 50 %, ou encore dans certains cas particuliers comme les anciens combattants. S’agissant des couples, Notre Temps précise que chacun des conjoints doit, en principe, avoir 65 ans ou plus pour ouvrir un droit à l’ASPA « couple ».

L’autre grande condition tient à la résidence. Que le bénéficiaire soit Français ou étranger, il doit avoir son foyer permanent en France ou résider au moins neuf mois par an sur le territoire, comme le rappelle l’UNSA. Aide sociale détaille aussi que peuvent y prétendre les personnes de nationalité Française qui résident de manière stable, les ressortissants de l’Union européenne, ou encore des personnes étrangères titulaires d’un titre de séjour permettant de travailler depuis au moins dix ans dans la plupart des cas. A cela s’ajoute une obligation souvent méconnue : selon la Carsat Bretagne, « vous devez avoir obtenu, de même que votre conjointe, concubin ou partenaire pacsé, toutes vos retraites personnelles et de réversion, de base et complémentaires, françaises et étrangères », rappelle la Carsat Bretagne, citée par Ouest France.

Côté finances, le principe est clair : pour un ASPA couple, les ressources globales ne doivent pas dépasser 1 605,73 euros par mois. L’UNSA rappelle que sont considérés comme revenus les salaires, les pensions alimentaires, les pensions de retraite, les revenus immobiliers et les biens ayant fait l’objet de donations. Aide sociale ajoute à cette liste les pensions d’invalidité, les revenus d’activité des trois derniers mois, les revenus de biens mobiliers et immobiliers, les biens donnés au cours des dix années précédant la demande ou encore l’Allocation adulte handicapé. Les revenus d’activité font l’objet d’un abattement de 2 702,70 euros par trimestre pour les couples, précise Aide sociale.

En miroir, certaines aides ne sont pas comptées comme des ressources pour l’ASPA. L’UNSA cite notamment : l’Aide personnalisée au logement, l’Allocation de logement sociale, l’Allocation personnalisée d’autonomie, la majoration pour tierce personne des personnes en situation d’invalidité et les aides financières apportées par les descendants. Aide sociale confirme que les APL peuvent être cumulées avec l’ASPA et qu’elles ne sont pas intégrées dans le calcul des ressources. Pour apprécier l’éligibilité, les caisses de retraite examinent en principe les revenus des trois derniers mois, et basculent sur les douze derniers mois si les plafonds ont été dépassés sur le trimestre précédent, selon Aide sociale.

Minimum vieillesse en couple : que se passe-t-il si un seul conjoint a 65 ans ?

C’est la situation qui intrigue beaucoup de lecteurs : un conjoint a atteint ou dépassé 65 ans, l’autre non. Notre Temps est très clair sur ce point : si l’un des conjoints n’a pas encore l’âge requis, le droit à l’ASPA « couple » n’est pas ouvert. Autrement dit, le foyer ne peut pas bénéficier du plafond de 1 605,73 euros en tant que couple tant que les deux n’ont pas atteint l’âge nécessaire, sauf cas d’abaissement de l’âge légal pour invalidité ou incapacite reconnue.

En revanche, le conjoint qui remplit la condition d’âge peut, lui, demander l’ASPA en tant que « personne seule », même s’il vit en couple. Notre Temps précise que, dans ce cas, les ressources personnelles du demandeur et les revenus du conjoint plus jeune sont pris en compte pour le calcul de l’allocation. Si le conjoint non éligible ne dispose d’aucune ressource, le demandeur peut atteindre le montant maximal ASPA « personne seule », soit 1 034,28 euros par mois, à condition que la somme de ses revenus et de l’ASPA reste en dessous du plafond couple de 1 605,73 euros.

Le même média donne un exemple parlant : si la personne qui a plus de 65 ans perçoit déjà 600 euros de revenus mensuels, l’ajout théorique de l’ASPA maximale « personne seule » de 1 034,28 euros porterait le total à 1 634,28 euros. Cette somme dépasse la limite globale autorisée pour un couple. Dans ce cas, « l’allocation est alors recalculée pour atteindre exactement la limite autorisée et sera alors de 1 005,73 euros ». On voit bien que même quand l’ASPA est versée à un seul membre du couple, le plafond utilisé pour vérifier que l’on ne dépasse pas le minimum vieillesse couple reste celui de 1 605,73 euros.

Pour les couples qui envisagent une demande, Aide sociale rappelle que la démarche doit être faite auprès de la caisse de retraite compétente : la Cnav ou la Carsat pour le régime général, la MSA pour le régime agricole, ou la mairie de domicile pour les personnes qui ne perçoivent aucune retraite. Le versement de l’ASPA intervient ensuite mensuellement, en même temps que la retraite, à partir du premier jour du mois qui suit la réception de la demande lorsque celle ci est acceptée.

Enfin, la question de la succession inquiète particuliérement les couples. L’UNSA et Aide sociale indiquent que les sommes perçues au titre de l’ASPA peuvent être récupérées après le décès sur la partie de la succession qui dépasse 107 616,60 euros d’actif net en métropole et 150 000 euros en outre mer. L’UNSA rappelle qu’avant la réévaluation de ces seuils en 2023, la récupération intervenait sur la part supérieure à 39 000 euros. Selon cette même organisation, environ 723 020 personnes bénéficiaient en 2023 du minimum vieillesse au sens large, et le montant moyen versé au titre de l’ASPA tournait autour de 499 euros, avec un non recours estimé à près de 50 % des personnes qui pourraient y prétendre.