Mutuelles santé 2026 : jusqu'à +10 % de hausse et une nouvelle taxe, ce que les seniors et retraités pourraient vraiment payer dès janvier
Entre 2,5 % et 10 % d’augmentation dès janvier 2026, la facture des mutuelles santé poursuit son envolée. Seniors, grandes villes et épargnants pourraient encaisser le choc le plus dur, sur fond de nouvelle taxe encore floue.

Depuis trois ans, la ligne complémentaire santé du budget des ménages ne cesse de grimper. Entre l’inflation, le renchérissement des soins et les réformes successives, beaucoup ont déjà eu la sensation de payer leur mutuelle toujours plus cher sans forcément mieux être remboursés.
Les projections pour 2026 confirment que la tendance ne va pas se retourner. Selon plusieurs études, les tarifs des mutuelles santé devraient encore progresser dès janvier, dans des proportions qui inquiètent assureurs et associations de patients. Et les retraités risquent d’être en première ligne.
Mutuelles santé en 2026 : quelle hausse se profile vraiment ?
Les estimations convergent autour d’une hausse située entre 2,5 % et 10 % en 2026, selon le type de contrat et l’organisme. Un baromètre d’actuaires cité par la presse financière évoque, pour les contrats collectifs, des augmentations allant de 3,6 % à 9 % (pour une médiane autour de 6,2 %), et pour les contrats individuels de 3,4 % à 10 % (médiane proche de 5 %). D’autres études, comme celles de Facts et Figures, tablent plutôt sur une fourchette plus resserrée de 2,5 % à 3,5 %.
Surtout, cette marche supplémentaire s’ajoute à une série de revalorisations déjà importantes : +4,7 % en 2023, +8 % en 2024, puis +6 % en 2025, selon les chiffres relayés par plusieurs médias. Pour beaucoup d’assurés, la facture « mutuelle » a donc grossi année après année, sans véritable pause. Les organismes invoquent le vieillissement de la population, une consommation de soins plus élevée, les dépassements d’honoraires dans les grandes villes, mais aussi l’impact des politiques de reste à charge zéro sur certains soins dentaires ou prothèses auditives, financées en grande partie par les complémentaires. Ces différents facteurs pèsent tous, notament, sur le niveau des cotisations.
Seniors, lieu de vie et nouvelle taxe : les plus exposés à la hausse
Tous les assurés ne seront pas touchés de la même façon. Une étude de Meilleurtaux, publiée en décembre, souligne des écarts marqués selon l’âge et la composition du foyer. En moyenne, un couple de 60 ans débourse déjà 252 euros par mois pour sa mutuelle, tandis qu’un couple de 70 ans paie autour de 324 euros par mois. Ces profils ne bénéficient plus de la prise en charge partielle par l’employeur, ce qui renchérit mécaniquement leur reste à payer.
Les écarts apparaissent aussi lorsqu’on compare les seniors aux autres catégories d’assurés. L’étude met en avant des profils types, avec des montants moyens très contrastés :
- jeune actif : environ 37 euros par mois ;
- famille avec deux enfants : autour de 133 euros par mois ;
- couple de 60 ans : 252 euros par mois ;
- couple de 70 ans : 324 euros par mois.
À ces différences liées à l’âge s’ajoutent les disparités géographiques : certaines grandes villes et départements très urbains affichent des primes supérieures de 15 à 20 % à la moyenne nationale, notamment en raison des dépassements d’honoraires plus fréquents. Dans ce contexte déjà tendu, le cadre fiscal évolue aussi. Jeudi soir, l’Assemblée nationale a voté une hausse de la CSG sur les revenus du capital, faisant passer le taux de 9,2 % à 10,6 %, et a approuvé une taxe qualifiée d’ »exceptionnelle et transitoire » sur les complémentaires santé, présentée comme une réponse au fait que les prix des mutuelles ont déjà augmenté en 2025 pour anticiper une hausse du ticket modérateur qui n’a finalement pas été appliquée.
Si les revenus issus de certains produits comme le Plan épargne logement ou l’assurance vie ont été exclus de la hausse de CSG, le gouvernement espère tout de même dégager environ 1,5 milliard d’euros supplémentaires grâce à cette mesure. Reste une question centrale pour 2026 : les assureurs décideront-ils, ou non, de répercuter intégralement cette nouvelle taxe et ce contexte fiscal sur les cotisations des assurés, en particulier celles des seniors déjà confrontés à des primes record.
En bref
- Entre 2023 et 2025, les cotisations de complémentaire santé ont déjà bondi de près de 20 %, et de nouvelles augmentations sont attendues dès janvier 2026.
- Les études Addactis, Facts & Figures et Meilleurtaux anticipent des hausses de 2,5 % à 10 %, avec des couples de 60 à 70 ans déjà proches de 252 à 324 euros par mois.
- Entre vieillissement, dépassements d’honoraires et nouvelle fiscalité, l’année 2026 posera une question clé : comment ajuster sa mutuelle sans sacrifier sa couverture ?





