Nouvelles règles fiscales 2026 : quel impact sur les retraités avec l'abattement de 10 % maintenu ?
Le 13 novembre 2025, l'Assemblée nationale a rejeté la suppression de l'abattement de 10% sur les pensions. Quel impact pour les retraités en 2026 ?

Deux chiffres concentrent l’enjeu : 10 % et 2 000 €. Entre le mécanisme historique d’abattement sur les pensions et l’idée d’un forfait par personne, la fiscalité des retraités s’est invitée au coeur du PLF 2026. Débat technique, effets très concrets sur l’impôt à payer l’an prochain.
Le 13 novembre 2025, l’Assemblée nationale a rejeté la suppression de l’abattement de 10 % sur les pensions, proposée au profit d’un forfait de 2 000 € par personne. Le vote a acté la suppression de l’article 6 du budget par 213 voix pour, 17 contre et 3 abstentions, en première lecture, avant transmission au Sénat et poursuite des débats jusqu’au dimanche 23 novembre. La suite se joue dans la navette parlementaire. Le diable se niche dans les chiffres.
Abattement de 10 % maintenu : quel impact pour l’impôt 2026 des retraités ?
Le gouvernement défendait un basculement du 10 % (plafonné à 4 399 € en 2025) vers un forfait de 2 000 € par personne, présenté comme plus simple et plus ciblé. « Aujourd’hui, l’abattement est anti-progressif, plus vous avez de revenus, plus vous en bénéficiez », a défendu Amélie de Montchalin, selon LCP. L’exécutif visait 1,2 milliard d’économies et évoquait des « gagnants » parmi les petites pensions, quand le rapporteur général Philippe Juvin estimait que 39 % seraient perdants pour seulement 12 % de gagnants. « La réforme est si large qu’elle entraîne une hausse d’impôts dès 1667 euros de pension mensuelle », a déploré Nicolas Sansu.
Les simulations illustrent l’ampleur potentielle, si le forfait de 2 000 € avait été adopté. Pour un retraité seul à 31 000 € annuels : +498 € d’impôt. Pour un couple à 52 000 € : +64 €. Un couple à 36 000 € verrait au contraire une baisse de 33 €. Une personne seule à 36 000 € : +480 €. Une personne seule à 21 000 € : +16 €. À 19 200 € pour une personne seule : 0 €, dans les deux cas. D’après l’Institut des politiques publiques, environ 1,5 million de foyers modestes auraient été gagnants, quand les pensions supérieures à ~20 000 € annuels par personne auraient plus souvent payé davantage. Ces calculs portent sur des profils ne percevant que leur pension de retraite.
Revalorisation 2026, abattement pour âge et CSG : les autres paramètres
Au 1er janvier 2026, la pension de base devrait être indexée sur l’inflation à hauteur de 0,9 % (à confirmer in fine), sans revalorisation du côté d’Agirc Arrco. Concrètement, une pension de base moyenne de 734 € bruts gagnerait environ 6,60 € par mois ; une pension de base de 1 000 € prendrait 9 € ; à 2 000 €, la hausse atteindrait 18 €. Versement visible à terme échu le 9 février. Ce coup de pouce vient compenser une partie des prélèvements, pas plus.
Autre levier, l’abattement pour âge ou invalidité, réservé aux plus de 65 ans sous conditions de ressources, s’ajoute à l’abattement sur pensions : en 2026, il serait de 2 827 € quand le revenu net global est inférieur à 17 703 €, et de 1 413 € entre 17 703 € et 28 480 € (montants doublés si les deux membres du couple remplissent la condition d’âge), avec un barème de l’impôt attendu en hausse de 1,1 %. Le revenu pris en compte exclut certaines plus-values taxées au taux proportionnel, ce qui permet à des foyers disposant de placements d’en bénéficier. Côté prélèvements sociaux, des seuils de CSG revalorisés de 4,8 % en 2026 sont évoqués. Et le débat reste politique : « Aucun retraité n’a volé sa pension, les retraités ont cotisé, les retraités ont travaillé », a déclaré Jean-Philippe Tanguy. La suite dépendra de la navette et des arbitrages finaux, notament au Sénat.





