Pensions de retraite 2026 : petite hausse piégée par le nouveau barème de CSG, voici les retraités qui verront leur pension nette baisser dès février

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, 17 millions de retraités verront leur pension recalculée entre légère hausse et nouvelle grille de CSG. Certains perdront des euros nets chaque mois : faites-vous partie des profils les plus exposés ?

Pensions de retraite 2026 : petite hausse piégée par le nouveau barème de CSG, voici les retraités qui verront leur pension nette baisser dès février

Nouvelle année, nouvelle grille de paiements pour les retraités. Entre légère revalorisation des pensions de base et ajustement du barème de la CSG sur les retraites, le montant inscrit sur le relevé bancaire va changer pour une grande partie des 17 millions de pensionnés concernés, mais pas toujours dans le sens espéré.

Car si les retraites de base augmentent officiellement de 0,9 % au 1er janvier, la mise à jour des tranches de revenu fiscal de référence (RFR) pour la CSG vient, elle, rogner le gain de certains foyers. Derrière cette mécanique fiscale assez technique, une question très concrète se pose : qui fait partie des retraités perdants ?

Pensions de retraite : revalorisation de 0,9 % et calendrier des versements

Premier élément à prendre en compte : la hausse des pensions de base. Elles sont revalorisées de 0,9 % en ce mois de janvier, après un projet de gel finalement abandonné par le gouvernement et retoqué par les parlementaires. Cette augmentation modeste concerne environ 17 millions de retraités, mais elle ne sera pas visible immédiatement sur le compte en banque.

Le virement effectué en janvier correspond en effet à la pension due au titre du mois de décembre, qui ne bénéficie pas de la revalorisation du 1er janvier. Pour les retraités du régime général, l’augmentation ne se verra qu’à partir du paiement du 9 février. Au même moment, une autre modification entre en jeu : l’application du nouveau barème de CSG retraite 2026, qui peut, selon les cas, réduire le montant net versé.

Barème CSG 2026 : le « saut de tranche » qui fait perdre des euros

La CSG sur les retraites est prélevée directement sur les pensions brutes, à des taux différents (0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %) selon le niveau de revenu fiscal de référence et le nombre de parts du foyer. Les seuils de RFR sont réévalués chaque année en fonction des prix de l’année N-2 ; pour le barème appliqué en 2026, la hausse retenue est de 1,8 % sur la base de l’inflation 2024. Or, en 2024, les revenus d’une grande partie des retraités ont progressé beaucoup plus vite, les pensions de base ayant déjà été relevées de 5,3 % au 1er janvier 2024.

C’est ce décalage qui pose problème : le barème 2026 est calculé à partir du RFR 2024 figurant sur l’avis d’imposition reçu à l’été 2025. En raison de cette différence de rythme entre la progression des revenus et celle des seuils, beaucoup de retraités risque ainsi de « sauter de tranche » et de voir leur taux de CSG augmenter en 2026, ce qui diminue d’autant leur pension de retraite nette à partir des versements de février pour le régime général et de mars pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco.

Qui sont les retraités perdants avec la nouvelle CSG sur les pensions ?

Pour identifier les profils touchés, il faut regarder le tableau des tranches de CSG 2026. Pour un foyer d’une part fiscale, l’exonération (taux de CSG à 0 %) s’applique jusqu’à un RFR de 13 048 € par an. Entre 13 049 € et 17 057 €, la CSG est prélevée au taux réduit de 3,8 %, puis à 6,6 % entre 17 058 € et 26 470 €, avant de passer à 8,3 % au-delà de 26 470 €. Pour un couple de retraités disposant de deux parts fiscales, l’exonération s’arrête à 20 014 € de RFR, le taux de 3,8 % s’applique entre 20 015 € et 26 165 €, puis 6,6 % de 26 166 € à 40 604 €, au-dessus desquels la CSG grimpe à 8,3 %.

Concrètement, les premiers perdants sont les retraités qui changent de tranche. Un retraité vivant seul, exonéré de CSG en 2025, pourra se voir appliquer un taux de 3,8 % en 2026 si son RFR 2024 dépasse 13 048 € annuels. Pour un couple de retraités (deux parts fiscales), ce seuil clé est fixé à 20 015 € de RFR : au-delà, le foyer quitte l’exonération pour le taux à 3,8 %. Même logique pour ceux qui, déjà au taux réduit, franchissent les 17 058 € de RFR (une part) ou 26 166 € (deux parts) et basculent alors vers le taux de 6,6 %, ce qui augmente encore le prélèvement social sur leur pension.

Les retraités concernés par une hausse de taux de CSG verront leur pension mensuelle nette reculer, malgré la revalorisation de 0,9 % de la retraite de base. Pour savoir si l’on fait partie des perdants, la méthode est simple : il faut reprendre son avis d’imposition 2025, repérer le revenu fiscal de référence 2024 et le nombre de parts, puis comparer ces données au barème 2026. Si le RFR se situe désormais dans une tranche de CSG plus élevée qu’auparavant, la pension nette diminuera dès les versements de février (régime général) ou de mars (Agirc-Arrco).

En bref

  • En 2026, les pensions de base sont revalorisées de 0,9 % pour environ 17 millions de retraités, avec un effet visible sur les virements à partir de février.
  • Le nouveau barème de CSG retraite 2026, calculé sur le RFR 2024 et réévalué de 1,8 %, provoque des sauts de tranche qui font baisser la pension nette de nombreux foyers.
  • En comparant son RFR et son nombre de parts à la grille 2026, chaque retraité peut vérifier en quelques minutes s’il figure parmi les perdants de cette réforme discrète.