PER : ce changement discret du budget 2026 vous offre 2 ans de plus pour réduire vos impôts… mais cache aussi un tour de vis pour les épargnants

Par Paul Graph - Publié le

Avec le budget 2026, le plan d’épargne retraite change discrètement de tempo fiscal en offrant deux années de report supplémentaires. Entre rattrapage de plafonds et nouvelles restrictions, comment tirer le meilleur parti de cette fenêtre jusqu’en 2031 ?

PER : ce changement discret du budget 2026 vous offre 2 ans de plus pour réduire vos impôts… mais cache aussi un tour de vis pour les épargnants

Le Plan d’épargne retraite a discrètement changé de dimension avec le budget 2026. Produit déjà star de l’épargne longue, le PER attire, car l’argent est bloqué jusqu’à la retraite mais la carotte fiscale reste bien présente. Une mesure votée pour 2026 modifie justement le calendrier de cet avantage et offre un peu plus de souplesse à ceux qui n’utilisent pas tous leurs plafonds chaque année.

Mis en place en 2019 pour remplacer Perp, Préfon et contrats Madelin, le Plan d’épargne retraite permet de déduire de ses revenus imposables les versements volontaires, dans une limite qui dépend du revenu fiscal de référence. À la clé, des économies d’impôt parfois importantes, surtout pour les contribuables dans une tranche marginale d’imposition élevée. Avec la nouvelle loi de finances, ce mécanisme de déduction ne change pas, mais le temps dont vous disposez pour en profiter s’allonge discrètement.

PER et budget 2026 : un report de déduction porté de 3 à 5 ans

En 2026, le succès du PER ne se dément pas : le nombre de titulaires a progressé de 19 % en un an, pour atteindre 12,7 millions d’épargnants, et l’encours total pèse déjà 141 milliards d’euros. Jusqu’ici, quand vous n’utilisiez pas entièrement votre plafond de déduction d’une année, vous pouviez le reporter sur les trois années suivantes. Désormais, pour les plafonds générés en 2026, ce délai de report est porté à cinq ans, ce qui revient à offrir deux années de plus pour faire du « rattrapage fiscal ». La déduction peut toujours atteindre 10 % des revenus avec un plafond maximal de 37 680 euros, et ce nouveau cadre ouvre une fenêtre d’utilisation qui s’étire jusqu’en 2031.

Le site du Service public résume la règle ainsi : « si vous n’utilisez votre plafond de déduction pour l’imposition de vos revenus de 2026, vous pourrez l’utiliser pour augmenter votre plafond de déduction pour l’imposition de vos revenus de 2027, 2028, 2029, 2030 ou 2031 », précise le site Service-public.fr, cité par Capital. Concrètement, les plafonds nés en 2025 restent soumis à l’ancienne règle et ne sont reportables que sur trois ans, donc jusqu’en 2028. Ceux qui apparaissent avec les revenus 2026, eux, suivront le nouveau régime des cinq ans et pourront être mobilisés jusqu’en 2031, ce qui devient interressant pour lisser des versements importants sur plusieurs exercices fiscaux.

Plafonds relevés, seniors et prélèvements sociaux : les autres effets du budget 2026

La réforme ne se limite pas à la durée du report. Les plafonds eux-mêmes évoluent avec la revalorisation de 2 % au 1er janvier 2026, portée à 48 060 euros pour la base de calcul des indépendants, ce qui fait grimper leur plafond maximal de déduction à 88 911 euros. Pour les autres contribuables, le plafond minimal passe à 4 710 euros, contre 4 636 euros l’année précédente. Ces montants, fondés sur le revenu fiscal et les règles habituelles de calcul, renforcent l’intérêt du PER pour les travailleurs non salariés comme pour les salariés aux revenus confortables, surtout quand leur tranche marginale d’imposition est élevée.

Le budget 2026 apporte aussi des restrictions. Pour les plus de 70 ans, les versements sur un PER ne donnent désormais plus droit à la déduction fiscale, même si le plan lui-même peut être conservé. Autre évolution importante, les prélèvements sociaux sur les gains à la sortie du PER passent de 17,2 % à 18,6 %, sous l’effet notamment de la hausse de la Contribution sociale généralisée. Malgré ces alourdissements, le produit reste plébiscité : les versements ont encore progressé de 16 % en 2025, signe que la possibilité de déduire jusqu’à 10 % de ses revenus et d’utiliser ses plafonds sur une période plus longue continue de parler aux épargnants qui préparent leur retraite.

En bref

  • Le budget 2026 revoit les règles du plan d’épargne retraite en prolongeant le jeu des plafonds de déduction dans un contexte d’essor massif du PER.
  • Le report des plafonds non utilisés passe de trois à cinq ans pour les droits nés en 2026, tandis que plafonds relevés, fin de la déduction après 70 ans et hausse des prélèvements sociaux redessinent l’équation fiscale.
  • Entre 2025 et 2031, salariés et indépendants peuvent arbitrer finement leurs versements PER pour maximiser le rattrapage fiscal sans négliger la fiscalité future à la sortie.