Réforme des retraites suspendue : nés entre 1964 et 1968, ce nouveau calendrier peut vous faire gagner jusqu'à 6 mois sur votre départ
La suspension de la réforme des retraites bouscule l’âge légal des générations 1961‑1968, entre gel à 62 ans et 9 mois et carrières longues. Combien de trimestres gagnez‑vous vraiment avec ce nouveau calendrier ?

Né en 1964, 1965 ou 1967 et toujours incapable de dire à quel âge vous pourrez vraiment partir à la retraite sans décote ? Entre la réforme Borne de 2023, son application progressive, puis sa suspension annoncée, le calendrier de départ des Français nés avant 1968 a été totalement rebattu, au point que beaucoup refont leurs calculs plusieurs fois.
Depuis l’adoption du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 à l’Assemblée nationale le 9 décembre, la suspension de la réforme des retraites est désormais encadrée : l’âge légal et la durée d’assurance sont gelés jusqu’au début de l’année 2028. Pour certains assurés des générations 1964 à 1968, c’est même très interressant, avec un trimestre, voire un semestre de travail en moins. Reste à savoir précisément si vous faites partie des gagnants de ce nouveau calendrier.
Suspension de la réforme des retraites : l’âge légal figé pour les nés avant 1968
Le principe a été résumé par le Premier ministre Sébastien Lecornu devant les députés : « Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028. », a assuré Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale, cité par MoneyVox. Concrètement, l’âge légal de départ reste bloqué à 62 ans et 9 mois jusqu’au 31 décembre 2027, et la durée d’assurance exigée est gelée à 170 trimestres pour les générations concernées. La réforme Borne, qui devait repousser l’âge légal à 64 ans et porter progressivement la durée de cotisation à 43 annuités – soit 172 trimestres – voit donc son calendrier décalé d’au moins deux ans pour une partie des assurés nés avant 1968.
Ce gel bénéficie en priorité aux générations 1964 à 1968, avec un gain d’un trimestre pour la majorité d’entre elles, et même d’un semestre pour la fraction née entre janvier et mars 1965. Un actif né le 15 mars 1965 pourra liquider ses droits le 15 décembre 2027. À l’inverse, une naissance au 15 avril repousse l’échéance à l’année 2028. Au total, environ 3,5 millions de personnes sont concernées par ce gel temporaire des règles. Pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026, le nouveau calendrier d’âge légal se présente ainsi :
- 1963 : départ à 62 ans et 9 mois, comme prévu par la réforme Borne.
- 1964 : 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, avec 170 trimestres.
- 1965 (janvier-mars) : 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans et 3 mois, avec 170 trimestres.
- 1965 (avril-décembre) : 63 ans au lieu de 63 ans et 3 mois, avec 171 trimestres.
- 1966 : 63 ans et 3 mois au lieu de 63 ans et 6 mois, avec 172 trimestres.
- 1967 : 63 ans et 6 mois au lieu de 63 ans et 9 mois, avec 172 trimestres.
- 1968 : 63 ans et 9 mois au lieu de 64 ans, avec 172 trimestres.
Carrières longues et fonction publique : qui peut partir plus tôt quand on est né avant 1968
Pour les carrières longues, la suspension rebat aussi les cartes. Le dispositif vise les assurés qui ont validé 4 ou 5 trimestres avant la fin de l’année de leurs 20 ans. Pour ces profils nés entre 1964 et 1968, l’âge minimal de départ anticipé progresse désormais par paliers de trois mois par génération, toujours pour des pensions prenant effet après le 1er septembre 2026 : 60 ans et 3 mois avec 170 trimestres pour les générations 1964 et janvier-mars 1965, 60 ans et 6 mois et 171 trimestres pour les assurés nés entre avril et décembre 1965, 60 ans et 9 mois et 172 trimestres pour la génération 1966, 61 ans avec 172 trimestres pour 1967, puis 61 ans et 3 mois, toujours avec 172 trimestres, pour les personnes nées en 1968. Les travailleurs ayant commencé encore plus tôt, avant 16 ou 18 ans, conservent leurs carrières très longues inchangées, avec des départs possibles à 58 ou 60 ans sous réserve de disposer des trimestres réputés cotisés nécessaires.
La réforme retraites suspendue carrières longues a aussi été étendue à la fonction publique. Les catégories dites « actives » et « superactives » – policiers, pompiers, égoutiers, contrôleurs aériens, entre autres métiers reconnus pour leur pénibilité – bénéficient d’un ajustement de calendrier qui garantit une équité de traitement avec le privé. Chaque génération d’agents concernés gagnera un trimestre sur son âge de départ à partir du 1er septembre 2026. Ce délai d’application est justifié par la nécessité pour les caisses de Sécurité sociale d’adapter leurs systèmes d’information, même si des élus et syndicats ont parlé d’un calendrier de mise en œuvre qualifié de « coup dur » ou de « prétexte ». Le coût supplémentaire est estimé à 0,2 milliard d’euros en 2026 et grimpe à 0,5 milliard d’euros en 2027, un impact budgétaire qui s’ajoute aux débats déjà vifs autour de l’équilibre financier du système de retraite.
En bref
- Adoptée à l’Assemblée nationale dans le cadre du PLFSS 2026, la suspension de la réforme Borne gèle jusqu’en 2028 l’âge légal à 62 ans et 9 mois et la durée d’assurance à 170 trimestres.
- Pour les générations nées entre 1964 et 1968, le nouveau calendrier de départ à la retraite fait gagner un à deux trimestres sur l’âge légal et, parfois, sur le nombre de trimestres exigés.
- Entre cas très favorable des natifs de janvier à mars 1965, carrières longues avant 20 ans et agents de la fonction publique active, chacun peut reconsidérer sa date de départ sans pénalité.





