Réforme fiscale du PER 2026 : combien vous coûtera la réintégration des versements déduits à la sortie ?

Par Paul Graph - Publié le

La réforme fiscale du PER prévue pour 2026 pourrait bouleverser l'épargne retraite en France. Quels impacts financiers pour les épargnants concernés?

Réforme fiscale du PER 2026 : combien vous coûtera la réintégration des versements déduits à la sortie ?

Discret dans le débat public, le Plan épargne retraite (PER) s’apprête peut‑être à changer de visage fiscal en 2026. Depuis la Loi Pacte de 2019, le dispositif reposait sur un triptyque clair : déduction des versements, souplesse de sortie, taxation connue. Cet équilibre vacille, avec un amendement du budget 2026 qui vise la fiscalité à la sortie.

Que prévoit ce texte et, surtout, combien cela pourrait vous coûter à terme si vous avez déduit vos versements à l’entrée ? La question n’est pas théorique, le PLF 2026 visant un déficit à 4,7 % du PIB. Réponse chiffrée, mais pas tout de suite.

Réforme fiscale PER 2026 : ce qui est sur la table et ce qui a été rejeté

Le cœur du changement tient en une idée simple : les versements ayant ouvert droit à avantage fiscal à l’entrée seraient intégrés au revenu imposable à la sortie. Autrement dit, le gain immédiat d’impôt aujourd’hui serait en partie repris lors du dénouement du plan. L’amendement s’inscrit dans une trajectoire de recettes supplémentaires tirées de dispositifs jugés trop optimisés. L’objectif est la « neutralisation du risque d’optimisation fiscale permis par le régime fiscal du PER », indique l’exposé des motifs de l’amendement, selon CES de France.

Autre piste étudiée puis écartée en séance : l’obligation de liquider le PER au passage à la retraite. La mesure a été rejetée, conservant la liberté de conserver l’épargne ou de choisir le moment de sortie. Le signal demeure clair dans ce contexte budgétaire resserré : les avantages du PER sont examinés de près et la visibilité fiscale se réduit.

Combien cela peut coûter à la sortie du PER : règles 2025 et scénarios 2026

Base de calcul avec les règles en vigueur en 2025. En cas de sortie en capital, si vos versements ont été déductibles, la part « versements » est imposée au barème de l’impôt sur le revenu et les gains sont taxés au PFU de 30 % (dont 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux) ; si les versements n’étaient pas déductibles, le capital est exonéré et seules les plus‑values subissent le PFU de 30 %. En sortie en rentes, la fiscalité suit celle des pensions avec un abattement de 10 %, et les prélèvements sociaux s’appliquent sur la part correspondante, avec un abattement dépendant de l’âge. Côté plafonds, la déduction à l’entrée reste possible dans la limite de 10 % des revenus nets de l’année de référence, avec un plafond lié au PASS (PASS 2025 relevé à 47 100 €).

Si la réintégration des versements déduits au revenu imposable à la sortie est votée en 2026, l’addition grimperait mécaniquement : la part « versements » viendrait s’ajouter à votre revenu imposable l’année de la sortie, en plus de la fiscalité déjà due sur les gains. Effet collatéral immédiat pour les détenteurs proches du départ : arbitrer calendrier et mode de sortie, vérifier la traçabilité des versements déductibles versus non déductibles, envisager une diversification vers d’autres enveloppes comme l’assurance vie ou des supports immobiliers selon son profil. Gardez aussi un œil sur la date d’entrée en vigueur, une loi budgétaire pouvant s’appliquer au 1er janvier. Le calendrier des versements est a ajuster, sans précipitation mais avec méthode, car la rentabilité nette du PER dépendra plus que jamais de la tranche d’imposition à la retraite et du choix capital ou rente.