Retirer de l'argent entre 17 h et 19 h : pourquoi ces horaires sont propices aux arnaques et comment s'en protéger
Retirer de l'argent en soirée peut s'avérer risqué. Entre 17h et 19h, les arnaques se multiplient aux DAB. Quels sont les dangers et comment s'en prémunir ?

En sortant du bureau, beaucoup passent par un distributeur pour un retrait d’argent en soirée. Geste rapide, pensé sans risque. Sauf que ces horaires coïncident souvent avec des pratiques frauduleuses bien huilées et un terrain plus favorable aux voleurs.
Quand les agences ferment, la présence d’un agent ou d’un vigile disparaît alors que l’affluence reste forte. Plusieurs techniques prospèrent justement à ce moment, souvent entre 17 h et 19 h, avec des vols par ruse ou des pièges sur le DAB. Le détail compte.
Retirer de l’argent en soirée : pourquoi le risque augmente entre 17 h et 19 h
La fin de journée est un créneau propice aux arnaques : les portes de l’agence sont closes, la file se forme, l’attention baisse. Ce n’est pas tant l’obscurité que l’absence d’une figure d’autorité qui facilite le passage à l’acte. Dans ce contexte, le vol par distraction revient souvent. Une personne vous interpelle ou vous bouscule au moment du code, un complice s’approche, la confusion s’installe et l’opération est détournée.
Autre risque récurrent en soirée, le collet marseillais ou la capture de carte : un dispositif retient la carte dans la fente, la victime croit à une panne et s’éloigne, l’escroc revient récupérer la carte et le code observé. Vient aussi le blocage de billets par cash trapping : la sortie est piégée, la transaction est validée mais l’argent ne sort pas, puis les voleurs reviennent ramasser. La parade existe, elle tient surtout à l’anticipation et à des réflexes simples.
Arnaques au DAB le soir : skimming, cash trapping et vols par distraction
Le skimming consiste à copier les données de la carte grâce à un dispositif ajouté sur le lecteur, qui peut laisser apparaître une surépaisseur ou des traces de colle. Avant d’insérer votre carte, inspectez la façade du distributeur, le lecteur et le clavier. Couvrez toujours le clavier avec la main quand vous saisissez votre code PIN, privilégiez un lieu fermé et fréquenté, et surveillez vos relevés pour repérer toute opération suspecte. Le cash trapping bloque les billets dans la fente de sortie pour les récupérer ensuite ; si la transaction semble validée mais qu’aucun billet ne sort, restez sur place et contactez imméditatemment le service d’opposition de votre banque. Ne comptez jamais vos billets devant la machine, rangez carte et espèces avant de vous éloigner.
Le shoulder surfing vise le code en espionnant par‑dessus l’épaule. Tenez vos distances, couvrez le clavier, ignorez toute interpellation pendant l’opération. Méfiance aussi face au faux agent de maintenance qui propose de “dépanner” le DAB : ne confiez jamais votre carte, personne de légitime ne vous demandera le code. En cas de capture de carte ou de “fausse panne”, n’abandonnez pas le distributeur, annulez l’opération et appelez l’assistance bancaire. Le soir, préférez un DAB à l’intérieur d’une banque ou d’un centre commercial, et si possible effectuez vos retraits pendant les heures d’ouverture.
Rumeurs, plafonds et signalements : que risque-t-on vraiment ?
Le retrait en liquide n’est pas soumis à un plafond légal général. Les rumeurs de “fichage” dès 200 euros ne tiennent pas. La Banque centrale européenne a d’ailleurs indiqué qu’elle « n’envisage aucune mesure obligeant les banques à transférer les coordonnées des personnes retirant plus de 200 euros en espèces », a indiqué la Banque centrale européenne, selon TF1 Info. En revanche, au delà de 10 000 euros cumulés de dépôts ou retraits d’espèces sur un mois, les banques transmettent automatiquement l’information à Tracfin. Cette transmission n’est pas une accusation, elle alimente des contrôles anti blanchiment de routine.
Côté pratique, votre carte comporte un plafond de retrait sur sept jours glissants, souvent situé entre 300 et 500 euros selon l’établissement et la carte. Une hausse temporaire peut se demander avant un besoin exceptionnel. Au guichet, des montants plus élevés sont possibles, avec vérification d’identité et parfois des questions sur l’opération. Et si les contrôles légaux ne peuvent pas être réalisés, « si la banque ne peut pas exercer les contrôles prévus par la loi, elle peut être amenée à refuser d’effectuer l’opération demandée et/ou devoir faire une déclaration de soupçon », rappelle la Fédération bancaire française.








