Livret A : la Caisse des dépôts anticipe 1,8 % au 1er août 2026, ce que votre épargne pourrait vraiment vous rapporter (et vous faire perdre)

Par Paul Graph - Publié le

Pressenti à 1,8 % au 1er août 2026, le taux du Livret A pourrait enfin remonter face au retour de l'inflation. Que changera cette hausse pour vos intérêts, votre pouvoir d'achat et vos autres livrets réglementés ?

Livret A : la Caisse des dépôts anticipe 1,8 % au 1er août 2026, ce que votre épargne pourrait vraiment vous rapporter (et vous faire perdre)

Placement chouchou des Français, le Livret A pourrait bientôt offrir un peu plus que les 1,5 % qu’il verse depuis février 2026. Face au retour de l’inflation, la question du prochain relèvement de son taux revient au premier plan pour des millions d’épargnants qui l’utilisent comme épargne de précaution.

Invité de Public Sénat, le directeur général de la Caisse des dépôts, Olivier Sichel, a déjà donné le ton en parlant d’une hausse attendue cet été. « On s’attend à ce que le taux qui est fixé par le ministre de l’Économie et des Finances soit remonté le mois prochain », a-t-il déclaré, selon BFMTV. Il a rappelé que ce relèvement se ferait dans le cadre strict de la formule officielle qui lie le Livret A à l’inflation et aux taux courts. Reste à voir jusqu’où ce coup de pouce pourrait aller.

Livret A : pourquoi la Caisse des dépôts table sur un taux de 1,8 % au 1er août 2026

Olivier Sichel insiste sur le fait que la Caisse des dépôts ne fait qu’appliquer les règles. « Ce n’est pas la Caisse des dépôts qui le fixe. C’est une formule arithmétique, on prend la moyenne entre l’inflation et les taux courts », a-t-il expliqué, avant de préciser que cette même formule donne un taux « aux alentours de 1,8(%), (…) comme malheureusement il y a une inflation qui croît ». Cette formule prend en compte l’inflation hors tabac et le taux interbancaire €STR, avec un plancher fixé à 0,5 %.

Avec une inflation passée à 2,4 % en mai 2026, après plusieurs mois de remontée, et un taux €STR voisin de 1,9 %, le calcul pointe vers un Livret A autour de 1,7–1,8 %. La décision ne dépend pourtant pas de la Caisse des dépôts : le gouverneur de la Banque de France transmettra mi-juillet sa proposition au ministre de l’Économie, qui peut choisir de suivre ou non la formule, sur un produit qui rassemble 445,2 milliards d’euros d’encours répartis sur près de 58 millions de comptes. « Je pense qu’il suivra la formule, mais c’est sa décision qu’il prend après avis du gouverneur de la Banque de France en fonction des paramètres économiques », a indiqué Olivier Sichel. La poussée de l’inflation à 2,4 % sur un an en mai, nourrie par la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, plaide pour un relèvement au 1er août 2026, même si un statu quo à 1,5 % reste théoriquement possible.

Hausse à 1,8 % : ce que les épargnants gagneraient vraiment en août 2026

Pour les détenteurs d’un Livret A, une hausse de 0,3 point ne paraît pas spectaculaire, mais les montants finissent par compter. Au plafond légal de 22 950 euros, les intérêts annuels passeraient de 344 euros à 413 euros, soit 69 euros de plus, entièrement nets d’impôt et de prélèvements sociaux. Un couple disposant chacun d’un Livret A plein et de deux LDDS au plafond de 12 000 euros verrait ses intérêts cumulés grimper de 1 049 euros à 1 258 euros par an, soit un gain de 210 euros si le taux est bien relevé à 1,8 %. Comme le LDDS suit toujours le Livret A, ses intérêts progresseraient automatiquement, tout comme ceux du livret d’épargne populaire, dont le taux pourrait passer de 2,5 % à 2,8 % au 1er août 2026 pour offrir 30 euros de plus par an sur 10 000 euros.

Face à une inflation de 2,4 %, un Livret A payé 1,8 % continuerait pourtant à perdre environ 0,6 point de pouvoir d’achat réel par an, soit une érosion d’environ 138 euros sur un Livret plein, malgré 413 euros d’intérêts versés. En avril 2026, le produit a d’ailleurs connu une décollecte de 1,28 milliard d’euros, quatrième mois consécutif de baisse, alors même que l’épargne financière totale des ménages atteignait 6 590,5 milliards d’euros fin 2025. « Ca traduit une inquiétude. Les Français sont inquiets parce que la conjoncture économique s’obscurcit et donc ils ont un réflexe d’épargner », a commenté Olivier Sichel, avant d’ajouter : « J’y vois aussi une opportunité parce qu’un pays qui a beaucoup d’épargne, c’est un pays qui a une grosse capacité d’investissement ». Il a aussi rappellé que « la Caisse des dépôts, elle gère l’épargne des Français. C’est leur épargne, c’est pas des impôts, c’est très différent », afin de rassurer sur ce bas de laine réglementé.

En bref

  • Depuis février 2026, le Livret A est rémunéré à 1,5 % et, sur fond d’inflation remontée à 2,4 %, la Caisse des dépôts anticipe un taux proche de 1,8 % au 1er août 2026.
  • En appliquant la formule officielle liant inflation hors tabac et taux €STR, la hausse envisagée ferait passer les intérêts d’un Livret A plein de 344 à 413 euros nets par an, avec des effets en chaîne sur LDDS et LEP.
  • Reste à voir si le ministre suivra la formule ou maintiendra le statu quo, une décision qui pèsera sur votre pouvoir d’achat réel et sur la meilleure façon d’organiser votre épargne de précaution.