Retraite : 1 705 € brut, 1 388 € net en moyenne en 2024, mais les écarts sont énormes – hommes, femmes, régimes… où vous situez-vous vraiment ?

Par Paul Graph - Publié le

1 705 € bruts par mois : derrière ce chiffre moyen, chaque retraité cache une histoire différente. Sexe, régime, pays de résidence… où votre pension se situe-t-elle vraiment face aux autres Français ?

Retraite : 1 705 € brut, 1 388 € net en moyenne en 2024, mais les écarts sont énormes – hommes, femmes, régimes… où vous situez-vous vraiment ?

À la caisse du supermarché ou devant la facture d’électricité, beaucoup de retraités ont la même question en tête : leur pension est-elle « dans la moyenne » ou franchement en dessous de celle des autres Français ? Entre les petites pensions qui peinent à suivre et celles qui dépassent largement les standards, l’écart peut être impressionnant.

Les dernières statistiques officielles de la DREES détaillent précisément ce que recouvre le montant moyen d’une pension de retraite en France. Problème : derrière un chiffre unique souvent cité dans le débat public, se cachent plusieurs réalités selon le type de pension, le sexe ou le régime de retraite. Et la comparaison réserve parfois des surprises.

Montant moyen d’une pension de retraite en France : les chiffres officiels

Quand on parle de « pension moyenne », il s’agit en général des pensions de droit direct, c’est-à-dire celles que les retraités ont acquises en cotisant eux-mêmes, tous régimes confondus. Les pensions de réversion, versées au conjoint survivant, ne sont pas comptées dans cet indicateur principal. Ces chiffres concernent les retraités qui résident en France, soit plus de 17,3 millions de personnes, et environ 18,2 millions si l’on ajoute les seuls bénéficiaires de réversion.

Selon la DREES, fin 2024, la pension brute moyenne de droit direct atteint 1 705 € par mois pour les retraités résidant en France, tous régimes confondus. Cette moyenne n’a progressé que de 0,8 % en un an, alors que les pensions de base ont été revalorisées de 5,4 % en janvier 2024, un écart lié au renouvellement des générations de retraités. Un autre indicateur, qui regroupe tous les retraités et tous les régimes, fait ressortir une pension brute moyenne autour de 1 527 €, avec une médiane située vers 1 390 € : la moitié des retraités touche donc moins que cette médiane. En haut de l’échelle, les 10 % les mieux servis dépassent 3 400 € bruts mensuels, ce qui tire la moyenne vers le haut.

Retraite moyenne : hommes, femmes, privé ou public, où vous situez-vous ?

Les écarts entre femmes et hommes restent marqués. Pour les seuls droits directs, la pension brute moyenne tourne autour de 1 914 € pour les hommes, contre 1 208 € pour les femmes, soit près de 37 % d’écart. Ce fossé renvoie aux inégalités de carrière : salaires plus faibles, temps partiel, interruptions pour s’occuper des enfants. Concrètement, une pension de 1 500 € ne se lit pas de la même façon selon que l’on est un ancien salarié homme à carrière complète ou une femme ayant connu des périodes de temps partiel.

Autre clé de lecture interressante : le régime de retraite. Au régime général de la CNAV, la pension personnelle moyenne atteint 1 272 € bruts (environ 1 356 € pour les hommes, 1 086 € pour les femmes), bien en dessous de la moyenne tous régimes. Les fonctionnaires de l’État se situent plus haut, avec des pensions moyennes autour de 2 459 € bruts, tandis que les agents territoriaux et hospitaliers (CNRACL) tournent autour de 1 780 €. À l’inverse, certains régimes d’indépendants affichent des montants plus modestes, comme les anciens affiliés du régime social des indépendants ou les exploitants agricoles, quand certaines professions libérales dépassent les 2 200 € bruts. Pour savoir si vous « gagnez plus que la moyenne », il faut donc d’abord vous comparer à votre propre régime.

Pension moyenne et pouvoir d’achat : ce que vous touchez vraiment

Autre élément déterminant : la différence entre brut et net. Les pensions supportent des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA) qui peuvent représenter un peu plus de 9 % au taux standard. Pour une pension brute moyenne autour de 1 527 €, les calculs aboutissent à environ 1 388 € nets versés chaque mois. Autrement dit, le chiffre de la pension moyenne, souvent cité en brut, ne correspond pas à ce qui arrive réellement sur le compte bancaire des retraités.

À cela s’ajoute l’effet de l’inflation. Sur les dix dernières années, certaines revalorisations ont été moins rapides que la hausse des prix. En 2026, par exemple, la revalorisation des pensions n’atteint que 0,9 %, pour une inflation estimée autour de 1,2 %, ce qui signifie une légère perte de pouvoir d’achat malgré une pension faciale en hausse. Le lieu de vie change aussi la donne : en Bulgarie, où le coût de la vie reste environ 50 à 68 % plus bas qu’en France, une pension de 1 500 € offre un niveau de vie proche de 3 000 € en métropole. Membre de la zone euro depuis le 1er janvier 2026, le pays applique une flat tax de 10 % aux résidents fiscaux (présence d’au moins 183 jours par an) ; il faut aussi penser au formulaire S1 pour l’accès aux soins et déclarer son départ au fisc français, sous peine de risque de double imposition et de pénalités de 10 % de la part du Trésor Public. Tout cela montre que la « moyenne » ne prend son sens qu’en regardant combien il reste à la fin du mois… et où l’on vit.

Sources

En bref

  • Les dernières données de la DREES fixent la pension moyenne de droit direct à 1 705 € bruts fin 2024, pour 17,3 millions de retraités résidant en France.
  • Derrière ce chiffre unique, les écarts restent forts entre hommes et femmes, entre régimes privé et public, et selon les métiers, avec des pensions allant de moins de 1 000 € à plus de 3 400 € bruts.
  • En tenant compte des prélèvements sociaux, de l’inflation et même du pays de résidence, chacun peut situer sa propre pension et interroger son véritable pouvoir d’achat.