Retraite 2025 : gel des pensions, hausse d’impôt et abattement de 10 % évités de peu, mais ce qui va vraiment changer pour votre budget en 2026 reste méconnu

Par Paul Graph - Publié le

Entre projet d’année blanche et colère des syndicats, le Budget 2026 a failli geler les pensions et alourdir l’impôt des retraités. Que signifient finalement le rejet du gel, le maintien de l’abattement de 10 % et la réforme suspendue pour votre pension ?

Retraite 2025 : gel des pensions, hausse d’impôt et abattement de 10 % évités de peu, mais ce qui va vraiment changer pour votre budget en 2026 reste méconnu

Tout au long de l’année 2025, beaucoup de retraités ont eu l’impression de revivre le même film : après les débats sur la réforme, une nouvelle alerte a surgi avec la perspective d’une année blanche en 2026, synonyme de gel des pensions et de hausse d’impôt via la remise en cause de l’abattement fiscal de 10 %. Entre informations partielles, rumeurs et projections chiffrées, il devenait difficile de savoir ce qui allait réellement tomber sur la pension en début d’année suivante.

Au fil de l’automne, la bataille s’est jouée à l’Assemblée nationale, dans le cadre du Budget 2026 et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. À l’arrivée, le scénario le plus redouté a été écarté : ni gel généralisé des pensions de base au 1er janvier 2026, ni suppression de l’abattement de 10 % n’ont été retenus par les députés, pendant qu’une autre décision majeure tombait avec la suspension de la réforme des retraites de 2023 jusqu’en janvier 2028. Reste à comprendre, concrètement, ce que tout cela change pour votre budget et vos projets de retraite.

Gel des pensions, année blanche et abattement fiscal : ce qui était prévu pour les retraites 2025

Dans la version initiale des discussions budgétaires, l’exécutif a sérieusement étudié une année blanche 2026 : les pensions de retraite de base n’auraient pas été revalorisées au 1er janvier, malgré une inflation toujours présente. Autrement dit, la hausse attendue d’environ +1 %, qui sert de référence pour la revalorisation automatique indexée sur les prix hors tabac, aurait été purement et simplement annulée. Pour un retraité percevant 1 700 € par mois, cela correspondait à près de 17 € de moins chaque mois qu’en cas de revalorisation normale ; pour une pension de 1 500 €, environ 15 € seraient restés sur la table, mois après mois, au moment même où les factures d’énergie et les prix de l’alimentation restent élevés.

À ce gel des pensions devait s’ajouter une évolution majeure de la fiscalité : la remise en cause de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions imposables, remplacé par un forfait de 2 000 € par retraité ou 4 000 € pour un couple. Derrière l’argument de simplification, les calculs montraient une hausse d’impôt marquée pour une grande partie des retraités de la classe moyenne, en particulier à partir de 1 600 à 1 700 € de pension mensuelle. Les études relayées au Parlement évoquaient plusieurs milliards d’euros d’économies potentielles pour l’État, dont une large part directement supportée par les retraités, pendant que associations, syndicats et collectifs de seniors se mobilisaient, pétitions et manifestations à l’appui, pour dénoncer cette double peine.

Budget 2026, retraite 2025 et réforme suspendue : ce qui change pour votre pension et vos projets

La mobilisation et les débats nourris à l’Assemblée ont fini par inverser la tendance. Les députés ont voté contre le gel des pensions de retraite de base et ont maintenu l’abattement de 10 % dans le texte budgétaire. Résultat : les pensions de base doivent bien être revalorisées au 1er janvier 2026, en suivant la règle d’indexation sur l’inflation hors tabac. Les premières estimations tournent autour de +1 %, ce qui représente environ +17 € par mois pour une pension totale de 1 700 €, et +15 € pour 1 500 €. La facture fiscale ne devrait pas non plus s’alourdir du seul fait d’un changement de mode de calcul de l’abattement, même si chacun restera soumis aux variations habituelles de son revenu imposable. En parallèle, la réforme des retraites de 2023 a été mise entre parenthèses : le Premier ministre a obtenu le vote d’une suspension jusqu’à l’élection présidentielle de 2027, avec un texte prévoyant qu’aucun relèvement de l’âge légal ne s’applique d’ici à janvier 2028 et que la durée d’assurance reste fixée à 170 trimestres sur cette période.

Concrètement, cela signifie que les générations nées au milieu des années 1960, parmi les plus exposées au relèvement de l’âge, voient leur horizon se stabiliser. Selon les tableaux votés à l’Assemblée, une personne née en 1963 doit toujours justifier de 170 trimestres pour une retraite à taux plein, celle née en 1964 de 170 trimestres également, contre 171 prévus par la réforme initiale, et la génération 1965 de 170 trimestres au lieu de 172. Parallèlement, le Budget 2026 comporte plusieurs mesures favorables aux mères de famille : à partir de 2026, deux trimestres de majoration par enfant seraient comptabilisés pour atteindre la carrière longue, ce qui pourrait se traduire par environ « 12 000 » départs supplémentaires en carrière longue en 2028 ; pour les salariées du privé, la pension serait calculée non plus sur les 25 meilleures années, mais sur les 24 meilleures années pour les mères d’un enfant et les 23 meilleures années pour celles ayant deux enfants et plus, avec un gain moyen estimé autour de 1 %. Les mères fonctionnaires bénéficieraient aussi d’une bonification d’un trimestre par enfant, de quoi améliorer légèrement leur pension. Dans ce contexte encore mouvant, où l’inflation et les dépenses de santé continuent de peser, il peut etre utile de préparer son budget 2026 en amont :

  • réaliser une simulation de son impôt sur le revenu avec sa pension attendue en 2026
  • vérifier ses droits à aides (énergie, dépendance, allocations locales) en fonction de son revenu fiscal
  • comparer les offres de mutuelle ou d’assurance santé complémentaire
  • suivre de près les dernières étapes du débat budgétaire avant l’adoption définitive du texte début 2026