Retraite 2025 : une pension sur neuf serait mal calculée, ce simple contrôle sur Info Retraite pourrait vous éviter de perdre jusqu’à 10 000 €
En 2025, plus de 100 000 nouvelles pensions de retraite seraient faussées, selon la Cour des comptes, avec jusqu’à 10 000 € perdus par personne. Comment un simple relevé de carrière sur Info Retraite peut-il changer la donne pour votre future pension ?

Votre pension de retraite n’est peut‑être pas celle que vous devriez toucher. D’après la Cour des comptes, une nouvelle pension sur neuf attribuée en 2025 comporte une erreur de calcul, le plus souvent au détriment du retraité. En jeu : des milliers d’euros envolés, parfois à cause d’un simple CDD oublié ou d’un salaire mal reporté dans votre dossier.
Ces ratés ne concernent pas seulement quelques cas isolés, mais des dizaines de milliers de nouveaux retraités chaque année. Pourtant, un outil officiel, gratuit et accessible à tout âge permet de reprendre la main sur vos droits : le site Info Retraite, où vous pouvez consulter et passer au crible votre relevé de carrière. Et c’est là que tout se joue.
Une pension sur neuf mal calculée : ce que dit la Cour des comptes
Dans son rapport « Certification des comptes du régime général de sécurité sociale », publié le 13 mai 2025, la Cour des comptes a examiné les nouvelles pensions versées par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). Verdict : sur les 956.280 nouvelles prestations vieillesse attribuées en 2025, 11,1 % comportent une erreur de portée financière, soit environ 106.000 pensions mal calculées.
Le risque varie selon votre année de départ. Si vous êtes parti à la retraite en 2025, « il y a 1 chance sur 9 pour que la pension que vous touchez ait été sous-évaluée ». Pour une liquidation intervenue en 2024, cette probabilité tombe à 1 chance sur 10, mais elle grimpe à 1 chance sur 8 pour les départs de 2023. Autrement dit, le phénomène est durable, pas un simple accident statistique.
Jusqu’à 10.000 € perdus en moyenne à cause d’erreurs de carrière
Dans la majorité des cas, ces erreurs jouent contre les retraités. La Cour des comptes indique que « les attributions et révisions de droit intervenues en 2025 auraient une incidence financière en valeur de 1,1 milliard d’euros sur toute la durée de versement des prestations ». En divisant ce montant par les 106.000 pensions concernées, on arrive à une perte moyenne d’environ 10.000 € par personne, soit près de 9.900 € au taux de change actuel.
L’exemple avancé dans le rapport est parlant : si un retraité qui devrait toucher 1.500 euros par mois ne reçoit en réalité que 1.450 euros à cause d’une erreur, ce sont 600 euros par an qui manquent (50 euros fois 12). Sur une retraite de 20 ans, cette différence représente 12.000 euros au total, environ 11.000 € en monnaie européenne. Une somme largement suffisante pour financer des projets ou compléter un budget serré.
D’où viennent ces erreurs de calcul de pension de retraite ?
La Cour des comptes pointe une cause récurrente, année après année. Dans son rapport, elle souligne que « plus de la moitié des erreurs définitives après contrôle interne affectant les prestations mises en paiement continue de provenir de données de carrière absentes ou erronées ». Autrement dit, le problème se niche dans les informations de base qui servent à calculer votre pension : salaires, périodes travaillées, trimestres validés.
Concrètement, ces données sont transmises à la Cnav par des organismes tiers : employeurs, France Travail, Caf, caisses d’assurance maladie, etc. Un CDD de jeunesse oublié, une mission d’intérim non déclarée, une période de chômage mal enregistrée, un arrêt maladie comptabilisé trop longtemps… Tout cela peut se traduire par un trimestre manquant ou un salaire sous‑évalué dans votre relevé de carrière. Et derrière, par une pension de base calculée à la baisse, sans que vous vous en rendiez compte tout de suite.
Info Retraite : le site officiel pour vérifier votre relevé de carrière
Pour éviter de subir ces erreurs, il existe un réflexe simple : vérifier vous‑même vos données de carrière. Ce contrôle se fait via votre relevé de carrière, le document qui retrace, année après année, l’ensemble de vos périodes travaillées et les droits acquis pour votre future retraite. C’est à partir de ce relevé que seront calculés le montant de votre pension de base et, en partie, de vos pensions complémentaires.
Bonne nouvelle, vous n’avez pas besoin d’attendre les derniers mois avant votre départ. Ce relevé est accessible à tout moment, gratuitement, sur le portail officiel Info Retraite. En vous connectant avec FranceConnect (via vos identifiants fiscaux, Ameli, La Poste…), vous accédez à un service qui vous permet de visualiser toute votre carrière, tous régimes confondus. Beaucoup découvrent alors des emplois oubliés : « Une mission d’intérim réalisée il y a longtemps, ou un job étudiant oublié… »
Comment bien contrôler votre carrière sur Info Retraite ?
Une fois connecté à Info Retraite, vous pouvez passer en revue vos années une par une. L’idée n’est pas de devenir spécialiste du droit des retraites, mais de vérifier quelques points clés : que chaque période travaillée apparaisse bien, que les salaires soient cohérents, que le nombre de trimestres validés colle à votre souvenir de la réalité.
Les experts recommandent de contrôler en particulier les emplois courts ou anciens : jobs étudiants, missions d’intérim, CDD saisonniers, périodes de chômage indemnisé, congés maladie ou maternité. C’est souvent sur ces séquences que les erreurs se glissent. Comme le rappelle le rapport, « plus de la moitié des erreurs définitives » viennent de ces données de carrière absentes ou fausses, ce qui fait du relevé de carrière un document à surveiller de près chaque année, pas seulement à l’approche de la retraite.
Que faire si vous repérez une erreur sur votre retraite ?
Si une période manque ou si un salaire vous semble trop bas, la marche à suivre dépend de la caisse à laquelle vous cotisiez au moment des faits. Sur chaque ligne de votre relevé de carrière est indiqué le régime concerné : Assurance retraite (Cnav), Agirc‑Arrco ou autre. C’est cette caisse qu’il faut contacter pour demander une correction.
Le plus souvent, on vous demandera des justificatifs : fiches de paie, certificats de travail, attestations de France Travail ou de la caisse d’assurance maladie. « Signalez-lui donc l’erreur que vous avez repérée, en fournissant idéalement des justificatifs comme vos fiches de paie », conseille l’article de référence. Encore faut‑il avoir conservé ces documents, ce qui n’est pas toujours le cas au bout de plusieurs décennies de carrière, d’où l’intéret de vérifier tôt.
Agirc‑Arrco : des rappels de pension possibles aussi sur la complémentaire
Les erreurs ne touchent pas seulement la retraite de base du régime général. Le régime de retraite complémentaire Agirc‑Arrco, qui couvre environ 14 millions de retraités du secteur privé, a lui aussi lancé un vaste chantier de vérification. À la suite d’un croisement de données avec la Direction générale des finances publiques, « près de 100 000 dossiers ont présenté des incohérences nécessitant une réévaluation ».
D’après les estimations internes, cette opération pourrait concerner environ 12.000 personnes potentiellement lésées et près de 86.000 autres dossiers présentant une forte probabilité d’ »erreur administrative ». Si toutes ces situations étaient confirmées, le montant total des rappels et corrections pourrait atteindre jusqu’à 850 millions d’euros, soit environ 765 millions d’euros convertis en monnaie européenne. Là aussi, des pensions ont parfois été suspendues ou gelées à tort, et des rappels de pension, voire des versements rétroactifs sur plusieurs mois, sont possibles après régularisation.
Vérifier sa retraite chaque année pour éviter les mauvaises surprises
Au vu de ces chiffres, l’idéal n’est pas de découvrir en quelques semaines, juste avant votre départ, que des pans entiers de votre carrière sont mal pris en compte. Mieux vaut instaurer un rendez‑vous régulier avec votre retraite : une fois par an, par exemple, vous connectez à Info Retraite, vous ouvrez votre relevé de carrière et vous balayez rapidement les dernières années et les périodes anciennes sensibles.
Ce réflexe vaut aussi pour votre retraite complémentaire : consulter votre espace Agirc‑Arrco, vérifier vos coordonnées, l’historique des paiements et, en cas de doute, interroger directement la caisse. Cette vigilance régulière, en quelques minutes, limite fortement le risque de faire partie de ces retraités qui découvrent trop tard qu’ils ont perdu, sans le savoir, plusieurs milliers d’euros sur leur pension.
Sources
En bref
- En 2025, la Cour des comptes pointe 11,1 % de nouvelles pensions de retraite mal calculées par la Cnav, soit environ 106 000 prestations erronées dans le régime général de sécurité sociale.
- La majorité des erreurs de calcul de pension vient de données de carrière incomplètes ou fausses, d’où l’importance de vérifier régulièrement son relevé de carrière sur le portail Info Retraite via FranceConnect.
- En cas d’anomalie sur la pension de base ou complémentaire Agirc-Arrco, une démarche auprès de la caisse concernée, avec justificatifs, peut ouvrir droit à des rappels de pension et à des versements rétroactifs.





