Retraite : ce simulateur officiel sur info-retraite.fr révèle en 5 minutes combien vous toucherez vraiment à 64, 67 ou 70 ans (et comment l’augmenter)

Par Paul Graph - Publié le

Entre réformes des retraites et incertitudes sur l’âge de départ, beaucoup repoussent le moment de regarder leur future pension. Et si quelques minutes suffisaient, avec un simulateur officiel, pour mettre des chiffres sur votre retraite ?

Retraite : ce simulateur officiel sur info-retraite.fr révèle en 5 minutes combien vous toucherez vraiment à 64, 67 ou 70 ans (et comment l’augmenter)

Vous avez vaguement une idée de ce que vous toucherez à la retraite… ou pas du tout ? Entre les réformes en France, les débats autour d’un départ à 64 ans ici et l’idée d’une retraite à 70 ans évoquée en Allemagne, beaucoup finissent par repousser le moment de regarder leur future pension. Pourtant, en quelques minutes seulement, un simulateur officiel permet déjà d’obtenir une première estimation chiffrée de ce que vous percevrez chaque mois.

Au coeur du dispositif, le service Mon estimation retraite, accessible depuis le site info-retraite.fr et piloté par Union Retraite, rassemble les données de tous vos régimes de base et complémentaires. Le simulateur se connecte directement à votre historique de carrière et tient compte des spécificités des 35 régimes, sans que vous ayez à ressaisir vos fiches de paie. Encore faut-il savoir l’utiliser, pas à pas, pour estimer le montant de ma retraite au plus près de la réalité.

Préparer votre relevé de carrière avant la simulation de retraite

Dès votre connexion à votre compte retraite, commencez par ouvrir votre relevé de carrière, ce document qui récapitule toutes vos années d’activité dans les différents régimes. Jobs d’été, apprentissage, travaux d’utilité collective, périodes de chômage, service militaire, arrêts maladie, travail à l’étranger ou comme indépendant : toutes ces situations peuvent vous donner des trimestres de retraite ou des points de retraite complémentaire. S’il manque une période, vos droits seront sous-estimés et l’estimation aussi.

Pour corriger une omission dans la simulation, l’outil propose la rubrique « Comprendre mon montant », puis « Carrière situation passée » et « Compléter ma carrière » : la période ajoutée apparaît en bleu dans votre historique, uniquement pour ce calcul. Ces informations ne sont pas transmises automatiquement à vos caisses de retraite, il faudra utiliser le service « Ma carrière » sur info-retraite.fr, dès 55 ans, pour demander une vraie régularisation en fournissant bulletins de salaire ou attestations.

  • Vos premiers petits boulots (jobs d’été, apprentissage, contrats courts)
  • Vos périodes de chômage indemnisé ou non
  • Un service militaire ou un volontariat
  • Des arrêts maladie ou maternité longs
  • Un travail à l’étranger ou une activité indépendante

Lancer la simulation et affiner le montant de votre retraite

Une fois votre carrière vérifiée, cliquez sur « Mon estimation retraite ». L’outil propose d’abord une estimation rapide : le montant de votre pension s’affiche en brut ou en net, toujours avant impôt, pour trois âges possibles de départ à la retraite – l’âge légal, l’âge du taux plein et 67 ans, âge du taux plein automatique. Vous voyez séparément votre retraite de base (avec le nombre de trimestres) et votre retraite complémentaire, les éventuelles décotes ou surcotes, ainsi que vos droits familiaux, comme la majoration de 10 % pour au moins trois enfants.

Vous pouvez ensuite passer à une estimation personnalisée en indiquant le nombre d’enfants que vous avez eus, adoptés ou élevés, ce qui peut augmenter vos trimestres ou ouvrir droit à une surcote parentale. Il est aussi possible de déclarer des périodes d’activité oubliées ou des trimestres rachetés, pour voir immédiatement l’impact sur le résultat. En jouant sur ces paramètres, « vous pouvez mesurer l’incidence de ces situations sur votre future pension en personnalisant votre estimation », souligne Thomas Tracou, directeur de la communication d’Union Retraite, dans les colonnes de Notre Temps. Il rappelle aussi : « Si l’outil est forcément plus précis quand on a plus de 55 ans, lorsque la majeure partie de sa vie professionnelle est derrière soi, on peut s’y pencher plus tôt pour faire ses choix », ajoute Thomas Tracou.

Après l’estimation : tester des scénarios et compléter vos revenus

Le simulateur suppose par défaut une évolution régulière de votre salaire pour les années à venir, mais vous pouvez la modifier pour tenir compte d’un salaire qui stagne, d’un futur chômage, d’un congé sabbatique ou d’un passage à temps partiel. En fin de parcours, l’outil propose, si vous remplissez les conditions, une simulation de retraite progressive à partir de 60 ans : vous choisissez une date de début, un taux d’activité à temps partiel et une date de départ définitif, et le montant de la retraite progressive s’affiche en une minute, tout comme ses effets sur votre retraite finale. Pour les salariés du privé, une option cumul emploi-retraite permet aussi de mesurer combien rapporterait la poursuite d’une activité après la liquidation. Dans ce contexte où certains pays envisagent de repousser fortement l’âge de départ, l’économiste Peter Haan, de l’institut DIW, avertit : « Nous devons nous demander qui pourra travailler jusqu’à 70 ans ? Ce n’est pas le cas de tout le monde. Pour des raisons de santé mais aussi parce que certains emplois ne le permettent pas. Je pense que c’est trop simpliste et cela inquiète. Il y a l’idée selon laquelle on pourrait repousser l’âge de la retraite en fonction de l’espérance de vie… Par exemple aux alentours de 2050, ce serait 68 ans… Je pense que ce serait une meilleure idée, il faut l’introduire progressivement », analyse Peter Haan au micro de France Culture.

Si le montant affiché vous paraît insuffisant, plusieurs leviers existent : travailler un peu plus longtemps pour limiter la décote, vérifier votre éligibilité à un minimum de retraite, ou mettre en place une épargne dédiée. Pour les travailleurs non salariés, le PER individuel est interressant, car il permet de déduire de votre revenu imposable jusqu’à 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale), avec une majoration de 15 % au-delà de ce seuil. Un PER collectif peut aussi être créé dans une petite entreprise et alimenté par la participation, l’intéressement ou l’abondement de l’employeur, souvent exonérés d’impôt sur le revenu et de certaines charges sociales. Par exemple, un artisan qui réalise 100 000 € de bénéfice annuel peut verser 10 000 € sur un PER individuel, pendant que son entreprise verse 5 000 € sur un PER collectif : son revenu imposable baisse, et une partie des bénéfices est transformée en épargne-retraite pour plus tard.

En bref

  • En France, le service Mon estimation retraite d’Info‑retraite, accessible via Service‑Public.fr, centralise vos données de carrière pour calculer votre future pension.
  • Le tutoriel détaille comment vérifier votre relevé de carrière, lancer une estimation rapide puis personnalisée, et tester retraite progressive ou cumul emploi‑retraite.
  • En cas de montant jugé trop faible, plusieurs leviers sont présentés, des trimestres supplémentaires au recours à l’épargne‑retraite comme le PER individuel ou collectif.