Retraite et PER : cette mesure cachée du Budget 2026 supprime un gros avantage après 70 ans et va faire grimper l’impôt de nombreux seniors
Adopté discrètement dans le Budget 2026, un changement sur le PER vise surtout les plus de 70 ans. Qui verra sa facture fiscale grimper et comment ajuster ses derniers versements retraite ?

Avec ses avantages fiscaux et sa promesse de compléter la pension, le plan d’épargne retraite s’est imposé en quelques années comme l’un des placements préférés des Français. On compte désormais 12,4 millions de souscripteurs pour un encours total de 136,1 milliards d’euros, selon les derniers chiffres disponibles. Dans le Budget 2026 adopté en février, une nouvelle règle, glissée parmi d’autres mesures techniques, vient pourtant modifier en profondeur le jeu pour une partie bien précise des épargnants.
En 2026, les plafonds de déduction sont revalorisés avec la hausse du plafond annuel de la Sécurité sociale à 48.060 euros, les montants reportables sont étendus, sur le papier tout semble donc plus favorable. Mais derrière ces assouplissements se cache un tour de vis qui vise directement les détenteurs de PER les plus âgés, en particulier ceux qui approchent ou ont dépassé les 70 ans, au moment même où ils pensaient pouvoir optimiser encore un peu leur impôt sur le revenu.
PER après 70 ans : ce que change vraiment le Budget 2026 pour les retraités
Le principe reste le même : les versements volontaires sur un PER peuvent, sur option, être déduits du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel. Pour un salarié, un retraité ou une personne sans activité, ce plafond s’établit en 2026 entre 4.710 euros au minimum et 37.680 euros au maximum, ces bornes étant liées au nouveau plafond annuel de la Sécurité sociale fixé à 48.060 euros au 1er janvier, contre 46.368 euros auparavant. En pratique, le fisc retient 10 % du revenu net imposable, avec ce plancher et ce plafond de déduction fiscale ; pour un travailleur non-salarié, le plafond maximal peut monter jusqu’à 88.911 euros.
Autre évolution présentée comme un plus pour les épargnants, les plafonds de déduction non utilisés ne sont plus perdus au bout de trois ans : ils restent mobilisables pendant cinq ans, ce qui permet, par exemple, de concentrer un versement important sur une année où le revenu est élevé. Dans ce paysage apparemment interressant, la loi de finances pour 2026 introduit pourtant une rupture nette : à compter du 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER après 70 ans ne donneront plus droit à aucune économie d’impôt sur le revenu, même si la personne continue à travailler.
Seniors et PER : qui sera touché par la fin de la déduction et la hausse des prélèvements ?
Cette limite d’âge vise en priorité les seniors qui continuaient à alimenter leur PER une fois à la retraite, notamment pour réduire leur facture fiscale tout en préparant une éventuelle transmission. Les personnes de plus de 70 ans encore en activité, souvent des professions indépendantes ou libérales, sont aussi concernées, puisqu’elles perdaient l’intérêt de verser de fortes sommes déductibles dans l’enveloppe retraite. Pour un contribuable imposé à 30 %, un versement de 10.000 euros réalisé avant 70 ans permet encore en 2026 de diminuer son impôt de 3.000 euros ; le même versement après son 70e anniversaire ne procurera plus aucun avantage de ce type.
À cette restriction à l’entrée s’ajoute une évolution à la sortie : les gains réalisés sur un PER supportent désormais des prélèvements sociaux plus élevés. Le total CSG, CRDS et prélèvement de solidarité passe de 17,2 % à 18,6 % sur la plus-value. En cas de sortie en capital avec application du prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, la ponction globale atteint donc 31,4 %, contre 30 % auparavant. Les contrats d’assurance-vie, eux, échappent à cette hausse des taux sociaux, ce qui peut amener certains retraités à revoir l’équilibre entre leurs différents supports d’épargne au moment d’arbitrer leurs derniers versements ou leurs futurs retraits.
Sources
En bref
- Le Budget 2026, adopté via le 49.3, modifie en profondeur la fiscalité du plan d’épargne retraite alors que 12,4 millions de Français en détiennent déjà un.
- La fin de la déduction fiscale des versements sur un PER après 70 ans et la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % ciblent particulièrement les seniors imposés.
- Selon votre âge, votre taux d’imposition et vos objectifs de transmission, PER, assurance-vie et calendrier de versements n’offrent plus du tout les mêmes avantages.





