Retraite progressive 2025 : comment sécuriser votre transition avec les nouvelles règles à 60 ans ?

Par Paul Graph - Publié le

Dès septembre 2025, la retraite progressive s'ouvre à 60 ans, mais le seuil des 150 trimestres pourrait en exclure certains. Quels impacts pour les salariés?

Retraite progressive 2025 : comment sécuriser votre transition avec les nouvelles règles à 60 ans ?

À 60 ans, travailler un peu moins tout en commençant à toucher sa pension n’est plus un horizon lointain. Les décrets de juillet 2025 ont ouvert largement la porte, en installant la retraite progressive au cœur des fins de carrière. Derrière l’annonce, une mécanique précise, un rôle renforcé des caisses et un dialogue RH qui ne s’improvise pas.

La mesure entre en vigueur au 1er septembre 2025 et aligne les règles entre privé, fonction publique et indépendants. Revenu mixte, poursuite de cotisations, cadre légal clarifié : sur le papier, l’équation séduit. Encore faut-il franchir tous les seuils. Et un critère, en particulier, peut faire basculer un dossier.

Retraite progressive à 60 ans : règles 2025, quotas et calendrier

Dès le 1er septembre 2025, l’accès est ouvert à 60 ans avec une activité réduite comprise entre 40 à 80 % d’un temps plein dans le privé et 50 à 90 % dans le public. Le principe est proportionnel : 60 % de temps travaillé donne 40 % de pension, 50 % de temps donne 50 % de pension. L’accord de l’employeur est encadré : le refus devra être « motivé », a précisé le Medef, selon Service‑Public. Et si l’employeur ne répond pas sous deux mois, l’absence de réponse vaut acceptation. La demande se dépose en ligne, idéalement 5 mois avant le démarrage (Assurance retraite).

Le périmètre a été confirmé par des décrets parus au Journal officiel le 23 juillet 2025, dont le décret n° 2025‑681 du 15 juillet 2025. Les indépendants doivent attester une baisse de revenus de 20 à 60 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années (revenus N‑1 déclarés). Côté complémentaires, l’accès est généralisé à l’Agirc‑Arrco pour les salariés. Reste la condition déterminante pour tout le monde : un plancher d’assurance vieillesse à atteindre.

Le couperet des 150 trimestres : qui y perd, qui y gagne

Pour entrer dans le dispositif, il faut totaliser 150 trimestres validés tous régimes de base confondus. C’est là que les carrières hachées se heurtent au mur : alternances emploi‑inactivité, longues périodes de temps partiel, interruptions pour aidants ou maternité peuvent laisser un déficit à 60 ans. Beaucoup découvrent au dernier moment qu’il manque quelques trimestres, et se retrouvent privés de la retraite progressive malgré l’ouverture affichée.

Anticiper passe par le relevé de carrière et, au besoin, des régularisations ou rachats de trimestres (années d’études, années incomplètes). Sur la complémentaire, l’Agirc‑Arrco fonctionne par points : valeur d’achat du point à 20,1877 € en 2025, valeur de service à 1,4386 €. Les cotisations sont réparties 60 % employeur et 40 % salarié, assises sur deux tranches jusqu’à 1 et 8 PASS (PASS 2025 : 47 100 €). À temps partiel, on acquiert moins de points sauf accord de maintien d’assiette ; en forfait‑jours réduit, le maintien sur base temps plein est possible depuis mai 2025. Des points “gratuits” existent aussi pour le chômage indemnisé ou les arrêts maladie longs, ce qui limite la casse.

Comment sécuriser sa retraite progressive sans faux pas ?

Le nerf de la guerre reste la preuve des droits et le timing. Vérifier, corriger, puis seulement négocier la quotité de travail. Côté entreprise, le refus doit être motivé par la continuité de l’activité du service ou par des tensions de recrutement sur le poste ; aujourdhui, les RH sont invitées à instruire rapidement ces demandes. Les indépendants, eux, doivent documenter précisément la baisse de revenus.

À faire avant de demander :

  • Consulter son relevé de carrière sur Info‑retraite et l’Assurance retraite, et viser 150 trimestres.
  • Contrôler les périodes assimilées prises en compte : maternité, service militaire, arrêts maladie, chômage indemnisé.
  • Étudier un rachat de trimestres ou une régularisation Cnav en cas d’employeur “oublié”.
  • Négocier la quotité d’activité : 40 à 80 % (privé) ou 50 à 90 % (public), avec un planning compatible service/équipe.
  • Déposer la demande 5 mois avant et avant toute baisse effective du temps de travail.
  • Pour les indépendants : attester une baisse de 20 à 60 % des revenus sur la période de référence.

Exemple simple : un salarié de 60 ans avec 152 trimestres passe à 70 % de temps de travail, perçoit 30 % de pension et continue à cotiser. À la liquidation définitive, les nouveaux droits de base et les points Agirc‑Arrco acquis dans l’intervalle sont pris en compte, la pension complémentaire étant calculée via le total de points × 1,4386 €. Le dispositif reste donc un outil de transition utile, à condition d’avoir verrouillé sa carrière et ses justificatifs en amont.