Retraite progressive dès 60 ans : ce dispositif méconnu qui permet de lever le pied sans perdre vos droits, pouvez-vous vraiment en profiter ?

Par Paul Graph - Publié le

Travailler moins dès 60 ans sans faire chuter son niveau de vie, mythe ou vrai levier de fin de carrière ? La retraite progressive, encore méconnue, change les règles du jeu pour salariés, fonctionnaires et indépendants.

Retraite progressive dès 60 ans : ce dispositif méconnu qui permet de lever le pied sans perdre vos droits, pouvez-vous vraiment en profiter ?

Fatigue, envies de temps pour soi, peur de voir son niveau de vie chuter : pour beaucoup d’actifs en fin de carrière, la perspective de travailler « tout ou rien » jusqu’à la retraite peut sembler brutale. Entre les réformes successives et la crainte de commettre une erreur irréversible, beaucoup repoussent toute décision.

Entre ces deux extrêmes existe pourtant un dispositif discret qui permet de lever le pied tout en continuant à travailler : la retraite progressive. Accessible dès 60 ans dans de nombreux régimes, elle autorise un passage à temps partiel assorti du versement d’une partie de votre pension, comme l’expliquent les expertes dans notre vidéo de trois minutes. Reste à voir si vous pouvez, vous aussi, en bénéficier.

Retraite progressive : qui peut en profiter dès 60 ans ?

Le premier critère, c’est l’âge : depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est ouverte à partir de 60 ans pour la plupart des actifs, que vous soyez salarié du secteur privé, agent de la fonction publique, travailleur indépendant, agriculteur, profession libérale ou avocat. L’idée est de permettre à chacun d’aménager la fin de sa vie professionnelle sans attendre l’arrêt complet d’activité ; ce n’est en revanche pas possible pour les personnes déjà en préretraite, en temps partiel thérapeutique dans la fonction publique ou exerçant certaines activités exclusives. Dans la fonction publique, ce dispositif reste récent et encore mal connu, ce qui suscite de nombreuses interrogations chez les agents.

Mais être dans la bonne catégorie professionnelle ne suffit pas. Ce dispositif vise les assurés qui ont déjà une carrière bien remplie et acceptent de réduire leur activité ou leurs revenus. Trois grands critères reviennent, quel que soit le régime :

  • Avoir au moins 60 ans à la date de début de la retraite progressive.
  • Totaliser au minimum 150 trimestres d’assurance retraite, tous régimes de base confondus.
  • Exercer une activité réduite : entre 40 % et 80 % d’un temps plein pour les salariés, entre 50 % et 90 % pour les fonctionnaires, avec une baisse de revenus comprise entre 20 % et 60 % pour les travailleurs non salariés, et, pour les agents publics, sans cumuler une autre activité professionnelle.

Retraite progressive : comment ça fonctionne en pratique ?

L’originalité de la retraite progressive, c’est que votre pension est d’abord calculée à titre provisoire, pendant que vous continuez à travailler à temps réduit. Vous touchez alors deux revenus : un salaire correspondant à votre nouveau temps de travail et une fraction de votre pension de retraite.

Plus votre temps de travail baisse, plus la part de pension versée augmente. En pratique, un salarié qui passe à 60 % d’un temps plein peut percevoir autour de 40 % de sa retraite, celui qui descend à 50 % voit sa pension grimper aux environs de 50 %. Pendant toute cette période, vous continuez à acquérir des droits et vous pouvez même choisir de cotiser comme si vous étiez à temps plein, ce qui sera pris en compte lors du recalcul de votre retraite définitive.

Retraite progressive : quels avantages pour votre fin de carrière ?

Pour beaucoup de salariés et d’agents publics qui y ont recours, ce palier avant la retraite définitive permet de souffler sans se mettre en difficulté financière. Ils gagnent du temps pour eux, réduisent la fatigue liée au travail tout en restant insérés dans leur équipe et en continuant à cumuler des droits à la retraite. Certains parlent même d’un dispositif « qui change la vie », d’après des collègues qui en bénéficient, cités par le SE-UNSA.

Ce tableau a aussi ses contreparties : la baisse de salaire immédiate n’est pas neutre dans le budget, l’accord de l’employeur reste nécessaire pour obtenir le temps partiel, et le dispositif demeure encore assez peu utilisé en France, avec à peine 2,74 % des nouvelles retraites en 2024 selon les chiffres publiés. C’est un choix interressant à étudier avec vos relevés de carrière et vos simulations, pour vérifier si cette transition en douceur correspond vraiment à votre situation.

En bref

  • Depuis le 1er septembre 2025 en France, la retraite progressive permet aux actifs de 60 ans et plus de passer à temps partiel tout en amorçant leur pension.
  • Le dispositif impose au moins 150 trimestres d’assurance retraite et une activité réduite, avec une fraction de pension versée en fonction de la baisse de travail ou de revenus.
  • Entre gain de temps pour soi, maintien des droits et baisse immédiate de salaire, cette transition en douceur vers la retraite mérite une analyse fine de chaque situation.