Retraites 2026 : 0,9 % de hausse pour 17 millions de Français, ce que vous toucherez vraiment en plus (et pourquoi certains risquent d’être déçus)

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, 17,2 millions de retraités verront leur pension de base augmenter de 0,9 %, après l’abandon du gel envisagé par le gouvernement. Mais avec les retraites complémentaires figées, jusqu’où cette hausse compensera-t-elle réellement la hausse des prix ?

Retraites 2026 : 0,9 % de hausse pour 17 millions de Français, ce que vous toucherez vraiment en plus (et pourquoi certains risquent d’être déçus)

Les prix qui grimpent, les factures qui s’allongent et, en face, une pension qui bouge peu : en 2025, les retraités ont vu leur pouvoir d’achat mis à rude épreuve, d’autant que les retraites complémentaires n’ont pas été revalorisées en novembre faute d’accord entre partenaires sociaux. La mise à jour des pensions au 1er janvier 2026 prend donc une dimension concrète. Entre l’idée d’une année blanche évoquée ces derniers mois et la perspective d’une hausse, l’incertitude a longtemps dominé.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adopté à l’Assemblée nationale le 9 décembre, a tranché plusieurs points : suspension de la réforme des retraites jusqu’en 2028, abandon du gel des pensions et maintien de la revalorisation des pensions de base. Reste à comprendre comment cette décision se traduit concrètement sur le montant versé chaque mois, surtout quand la pension combine une part de base et une part complémentaire. À quelle hausse réelle les retraités peuvent-ils s’attendre sur leur compte en 2026 ?

Revalorisation des retraites 2026 : qui est concerné par la hausse ?

La revalorisation des pensions de base suit une règle inscrite dans le Code de la Sécurité sociale : l’article L.161-25 prévoit une indexation sur l’inflation hors tabac constatée par l’Insee entre novembre et novembre. Pour le 1er janvier 2026, ce mécanisme aboutit à une hausse de 0,9 % pour les pensions de base, confirmée par le ministère du Travail. Cette revaloristion concernera directement 17,2 millions de retraités, y compris les bénéficiaires de l’Aspa, le minimum vieillesse, même si cette allocation n’est pas une pension de retraite.

Seuls les régimes de base appliquent cette hausse réglementaire, les retraites complémentaires restant soumises à un calendrier distinct. Sont concernés :

  • le régime général des salariés du privé (CNAV et Carsat) ;
  • les agriculteurs de la MSA ;
  • la fonction publique d’État et territoriale ;
  • les régimes spéciaux ;
  • les indépendants et le minimum contributif.

À l’inverse, les pensions complémentaires Agirc-Arrco ne bougeront pas au 1er janvier 2026 : leur dernière revalorisation de 1,6 % date du 1er novembre 2024 et aucune hausse n’a été décidée au 1er novembre 2025, ce qui revient à un gel.

Combien la hausse de 0,9 % changera-t-elle votre pension de retraite en 2026 ?

Concrètement, la hausse annoncée reste modérée. D’après la Drees, la pension moyenne d’un retraité relevant de la Carsat atteint 734 € par mois, ce qui se traduira par une augmentation mensuelle nette d’environ 6,6 €. Le gain varie selon les régimes : dans les caisses disposant de pensions de base plus élevées, comme la CNIEG, la progression atteindra 27,61 € brut par mois, alors qu’elle tournera autour de 12,60 € pour les agents de la CNRACL, avec des montants intermédiaires dans les autres caisses publiques et régimes spéciaux.

Pour un ancien salarié du privé, l’effet sera encore plus limité. La pension moyenne atteint 1 348,33 € brut par mois, dont 821,33 € de base versés par la CNAV et 527 € de retraite complémentaire. La revalorisation de 0,9 % ne s’appliquant qu’à la part de base, le gain total ne dépassera pas 7,33 € brut par mois, la part Agirc-Arrco restant inchangée en raison du gel décidé faute d’accord au 1er novembre 2025. Les pensions de base étant payées à terme échu, cette hausse au titre de janvier 2026 n’apparaîtra qu’au début février, autour du 9 pour les retraités du privé. En parallèle, le budget 2026 prévoit la possible transformation de l’abattement fiscal de 10 % en forfait annuel de 600 à 800 €, une hausse de 2 % des plafonds de ressources pour la pension de réversion et un nouveau congé de naissance rémunéré validant des trimestres, alors que des scénarios de gel ou de sous-indexation des retraites ont déjà été évoqués.

En bref

  • En 2026, la revalorisation légale de 0,9 % des pensions de base, prévue par le Code de la Sécurité sociale, concernera 17,2 millions de retraités en France.
  • Cette hausse modérée se traduira par quelques euros de plus par mois seulement, d’autant que les retraites complémentaires Agirc-Arrco restent gelées après l’absence d’accord en 2025.
  • Entre inflation persistante, débats sur l’abattement fiscal de 10 % et réforme des retraites suspendue, les gagnants et perdants de cette revalorisation 2026 ne seront pas les mêmes.