Retraites 2026 : mères, carrières longues, veuves à la pension de réversion… faites-vous partie des grandes gagnantes du budget Sécu ?
Après le vote du budget 2026 de la Sécurité sociale, certaines retraitées verront leur pension légèrement revue à la hausse. Mères, veuves, pacsées : à quels profils profitent vraiment ces nouvelles règles ?

Le budget 2026 de la Sécurité sociale vient d’être voté, avec à la clé une nouvelle donne pour une partie des retraités. Derrière les débats sur la réforme des retraites, la suspension du texte d’Elisabeth Borne jusqu’au début de 2028 ou encore l’annulation du gel des pensions prévu au 1er janvier, un autre sujet se dessine : quelles femmes verront concrètement leur pension évoluer dans les prochaines années ?
Ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale revoit aussi le cumul emploi‑retraite et intègre deux mesures ciblées, négociées lors du « conclave des retraites » avec les partenaires sociaux, qui visent spécifiquement les mères de famille. En toile de fond, l’enjeu est de réduire un écart de pension encore massif entre les femmes et les hommes, tout en tenant compte des interruptions de carrière liées aux enfants. Reste à savoir quels profils féminins tireront vraiment bénéfice de cette réforme en 2026.
Budget de la Sécu 2026 : ce qui change pour la retraite des femmes
On le sait, les pensions des retraitées restent, en moyenne, nettement plus faibles que celles des hommes : l’écart avoisine 37%, en particulier pour les mères dont les carrières ont été interompues ou réduites pour s’occuper des enfants. Pour tenter de corriger une partie de cette inégalité, le budget 2026 introduit un nouveau mode de calcul de la retraite de base pour certaines mères. Au lieu de retenir les 25 meilleures années de salaire, le salaire annuel moyen sera désormais calculé sur 24 années pour les mères d’un enfant et sur 23 années pour les mères de deux enfants et plus.
Ce changement ne concerne que les pensions liquidées à partir de 2026. L’idée est de pouvoir écarter une ou deux années de revenus très faibles, souvent liées à un congé parental ou à du temps partiel, afin d’améliorer légèrement le montant de la pension. « La mesure entrera en vigueur pour les départs en retraite intervenant à partir de 2026 et gènèrera une hausse de la pension pour 50% des femmes concernées », insiste le site Service public. Autrement dit, une femme sur deux remplissant les critères verra bien sa retraite augmenter, quand l’autre moitié restera à un niveau proche de celui qui aurait été obtenu avec l’ancienne règle. Les femmes sans enfant ou déjà parties à la retraite ne sont donc pas concernées par cette nouveauté.
Quelles mères et quelles veuves seront vraiment avantagées en 2026 ?
Au-delà du calcul des meilleures années, une autre mesure du budget 2026 vise les femmes ayant commencé à travailler tôt et susceptibles de partir en carrière longue. Jusqu’ici, pour bénéficier d’un départ anticipé, seules les périodes effectivement cotisées comptaient ; les trimestres obtenus au titre du chômage, de la maladie ou de la maternité étaient exclus du calcul. Désormais, deux trimestres pour enfant pourront être utilisés pour atteindre la durée d’assurance exigée : chaque enfant ouvre déjà droit, dans le privé, à 4 trimestres pour la naissance et 4 pour l’éducation, partageables sous conditions avec le père. « La mesure s’appliquera en septembre 2026 et plus de 13 000 femmes nées à partir de 1970 en seront bénéficiaires », explique le site Service public.
Le fait d’avoir des enfants n’est pourtant pas le seul élément qui pèsera dans la balance de la retraite des femmes 2026. Le statut conjugal compte aussi, via la pension de réversion versée au conjoint survivant en cas de décès. Selon une étude de l’Institut national d’études démographiques, au-delà de 60 ans, une femme sur trois est veuve ou seule et, après 75 ans, une sur deux. En 2022, « environ 250 000 personnes mariées – 170 000 femmes et 77 400 hommes – sont devenues veuves », précise l’Ined, cité par Sud Ouest. Ces pensions de réversion représentaient 38,7 milliards d’euros en 2024, soit 1,3% du PIB, mais seules les veuves mariées y ont accès : le Pacs et le concubinage ne donnent pas droit à cet avantage. L’institut souligne aussi que « certaines personnes éligibles ne font pas la demande de pension de réversion, tandis que d’autres, les personnes divorcées, peuvent y avoir accès alors qu’elles ont perdu non pas leur conjoint mais un ex-époux, lorsque les règles du régime de retraite de la personne décédée le permettent ». Au total, ces constats « interrogent la capacité du système de protection sociale à accompagner cette étape de la vie, notamment face à l’évolution des formes conjugales, en particulier quand les personnes non mariées – pacsées ou en union libre – n’ont pas accès aux pensions de réversion », observe encore l’Ined, dans un contexte où 12% des personnes en couple vivent sous le seuil de pauvreté, contre 28% des veuves et veufs.
En bref
- Le budget 2026 de la Sécurité sociale revoit la retraite des femmes 2026 dans un contexte d'écart de pension de près de 37 % avec les hommes.
- Deux mesures ciblent les mères (23 ou 24 meilleures années, trimestres enfants pour carrière longue) tandis que la pension de réversion continue de protéger surtout les veuves mariées.
- Gains limités, profils très différenciés, oubliées du Pacs ou sans enfants : où vous situez-vous parmi les gagnantes ou les grandes exclues de ces nouvelles règles ?





