Succession : en 2026, ce plafond à 5 965 € sur le compte du défunt change ce que les héritiers peuvent vraiment prendre pour les frais d’obsèques

Par Paul Graph - Publié le

Avec un plafond relevé à 5 965 € en 2026, les frais d’obsèques peuvent désormais être pris en charge en grande partie par le compte du défunt. Qui peut activer ce mécanisme et que se passe-t-il si l’argent manque ?

Succession : en 2026, ce plafond à 5 965 € sur le compte du défunt change ce que les héritiers peuvent vraiment prendre pour les frais d’obsèques

Quand un proche décède, la peine laisse très vite place à des questions très concrètes : comment régler la facture des pompes funèbres, souvent réclamée en urgence, alors que la succession n’est pas encore ouverte et que les comptes restent bloqués. Avec un coût moyen d’obsèques situé entre 4 000 et 5 000 euros, cette dépense pèse lourd sur les épaules de la famille ou des proches qui acceptent d’avancer la somme.

Peu connu, un dispositif légal permet pourtant de faire payer tout ou partie de ces frais d’obsèques directement via le compte bancaire du défunt. Ce mécanisme vient d’être revalorisé pour 2026, avec un nouveau plafond qui change concrètement la donne pour les familles endeuillées. Reste à comprendre jusqu’où ce prélèvement peut aller, et ce qui se passe quand le compte ne couvre pas tout.

Succession : un plafond relevé à 5 965 € sur le compte bancaire du défunt

Le principe est posé par l’article L. 312-1-4 du Code monétaire et financier : sur présentation de la facture des obsèques, la banque du défunt peut débiter ses comptes pour verser la somme correspondant aux funérailles. En pratique, l’établissement effectue un virement soit vers l’opérateur funéraire, soit vers la personne qui a déjà réglé la facture. Deux garde-fous encadrent ce paiement : d’abord, la banque ne peut pas verser plus que le solde créditeur cumulé des comptes du défunt ; ensuite, elle doit respecter un plafond légal, qui était de 5 000 euros lors de l’entrée en vigueur du dispositif en 2015 et qui est revalorisé chaque année.

Ce plafond vient d’être à nouveau augmenté pour 2026 : le montant maximal prélevable pour régler les obsèques atteint désormais 5 965 €. L’objectif est d’accompagner la hausse régulière du prix des funérailles, dont le coût global se situe le plus souvent entre 4 000 et 5 000 euros pour une inhumation ou une crémation, l’achat d’une concession, le transport du corps, etc. Tant que le compte du défunt est suffisamment approvisionné, ce plafond permet donc, dans bien des cas, de financer l’intégralité d’un enterrement « classique » sans que les proches n’aient à puiser dans leurs économies immédiates.

Qui peut demander ce retrait et que faire si le compte ne suffit pas ?

La loi ne réserve pas ce mécanisme aux seuls héritiers. Elle vise toute « personne ayant qualité pour pouvoir aux funérailles », c’est-à-dire un enfant, un parent, mais aussi un concubin ou un simple ami dès lors qu’il prend en charge l’organisation et le paiement des obsèques. Sur présentation de la facture aquittée ou du devis accepté, cette personne peut donc s’adresser à la banque du défunt pour demander le versement de la somme correspondante, dans la limite du plafond et du solde disponible. L’idée est que celui qui a avancé l’argent ne reste pas durablement seul à supporter ce coût.

Lorsque le solde des comptes du défunt ne permet pas de couvrir totalement la facture, ou qu’aucun prélèvement n’est possible, la loi prévoit un autre mécanisme de partage. Les frais d’obsèques doivent alors être répartis entre les héritiers « proportionnellement à ce que chacun recueille à la succession ». Si deux enfants se partagent seuls l’héritage, chacun doit par exemple assumer la moitié des frais. L’héritier qui a payé peut réclamer leur quote-part aux autres, et un proche non héritier qui a avancé l’intégralité de la somme peut exiger son remboursement auprès des bénéficiaires de la succession, en passant si besoin par un commissaire de justice ou le tribunal judiciaire en cas de refus de payer.

En bref

  • En 2026, le plafond légal pour prélever des frais d’obsèques sur le compte bancaire d’un défunt passe à 5 965 €, alors que le coût moyen d’un enterrement atteint près de 5 000 €.
  • Toute personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles, héritier ou proche, peut faire régler la facture par la banque dans la limite du solde disponible et de ce plafond revalorisé.
  • Si le compte ne couvre pas tout, les héritiers doivent assumer le reste selon leur part dans la succession, avec des recours possibles et quelques stratégies pour alléger la note finale.