Un million d'euros de dettes de son père : sur YouTube, Sarah Al Delimi révèle le piège de l'héritage qui peut aussi vous faire tout perdre

Par Paul Graph - Publié le

À 30 ans, une jeune femme raconte sur YouTube comment la succession de son père l’a laissée avec plus d’un million d’euros de dettes. Son récit viral relance une question glaçante : jusqu’où peut-on hériter des dettes de ses parents en France ?

Un million d’euros de dettes de son père : sur YouTube, Sarah Al Delimi révèle le piège de l’héritage qui peut aussi vous faire tout perdre

Un million d’euros de dettes pour un père disparu, et une jeune femme qui se retrouve seule face aux créanciers. À 30 ans, Sarah Al Delimi raconte sur TikTok et sur YouTube comment elle a découvert qu’elle devait plus d’un million d’euros, héritage empoisonné laissé par son papa mort lorsqu’elle était enfant. Longtemps, elle a tenté de gérer ce fardeau en silence, avec des mises en demeure qui rythmaient son quotidien. Son histoire, devenue virale sur les réseaux sociaux, lui a pourtant ouvert une porte inattendue.

Tout est parti d’une vidéo postée sur TikTok, dans laquelle elle détaille sa situation de jeune femme surendettée sans l’avoir vraiment choisi. Face à l’afflux de messages de soutien, elle confie : « Voir l’amour de ces gens qui ne me connaissent même pas […] Je suis très reconnaissante de tous ceux qui ont partagé la vidéo. », raconte Sarah Al Delimi au micro de RMC. Cette exposition lui a valu de nombreux contacts d’avocats et relancé la question qui inquiète tant de familles : comment peut-on en arriver à hériter des dettes de ses parents ?

Sarah Al Delimi, un million de dettes héritées de son père

Avant d’en arriver là, le parcours de Sarah a basculé très tôt. Placée à l’aide sociale à l’enfance en 2008, à son retour en France, elle a grandi loin de son milieu d’origine après la mort de son père, survenue quand elle avait 10 ans. À sa majorité, trois mois après avoir quitté l’ASE, l’organisme lui remet 1 500 euros pour tenir un mois à l’hôtel, le temps de trouver un foyer de jeunes travailleurs. Dans cette période instable, elle se répète : « Sarah, ne baisse pas les bras », avec l’envie « découvrir pourquoi nous en arrivons à cette situation ».

Tout s’accélère à 21 ans, lorsqu’elle se rend chez un notaire. Elle pense alors ne signer qu’un document attestant que son frère et elle « étaient les deux seuls enfants de mon papa ». « C’est ce que j’avais compris pendant ce rendez-vous », explique-t-elle aujourd’hui. Sauf qu’entre-temps, son frère a renoncé à la succession de leur père. Sa part de dettes, évaluée à 512 000 euros, est intégralement reportée sur celle de Sarah, qui se retrouve avec une ardoise d’environ 1 024 000 euros, une subtilité juridique qu’elle n’avait apparement pas mesurée.

Hériter des dettes de ses parents : ce que révèle son témoignage sur YouTube

Elle finit par obtenir, un an et demi après sa sortie de l’ASE, un logement social qu’elle occupe encore aujourd’hui, et tente d’y construire sa vie d’adulte avec cette « épée de Damoclès » financière au-dessus de la tête. Les intérêts et majorations de la dette se sont accumulés jusqu’en 2021. « Les mises en demeure me stoppent dans la vie de tous les jours. Si je me marie demain, si j’ai des enfants, ce sont des dettes qu’ils peuvent avoir par la suite… », décrit-elle, consciente que la loi française permet d’hériter des dettes de ses parents lorsque l’on accepte une succession sans en mesurer toutes les conséquences.

Face au buzz de sa vidéo, les réactions ne se sont pas limitées aux commentaires compatissants. « Beaucoup d’avocats m’ont contacté », se réjouit-elle, « un m’a dit qu’il était d’accord pour m’aider ». Avec leur appui, Sarah a engagé une procédure de renonciation à la succession de son père, une démarche prévue par le droit français pour ceux qui découvrent un passif trop lourd. La renonciation de sa succession est censée avoir été acceptée, même si, pour l’instant, la jeune femme attend encore la confirmation officielle qui pourrait, enfin, alléger ce million de dettes.

En bref

  • À 30 ans, Sarah Al Delimi, ancienne enfant passée par l’aide sociale à l’enfance, raconte comment un rendez-vous chez le notaire l’a laissée avec plus d’un million d’euros de dettes de son père.
  • Son frère ayant renoncé à la succession, la totalité du passif s’est reportée sur elle, déclenchant mises en demeure en chaîne et une vie d’adulte suspendue à une succession empoisonnée.
  • Son témoignage viral sur TikTok et YouTube a mobilisé des avocats et mis en lumière les pièges juridiques de l’héritage des dettes de ses parents pour de nombreuses familles.