Bourses étudiantes : ce vote des députés du 11 juin 2026 qui pourrait enfin les indexer sur l’inflation et vous payer 12 mois sur 12
Jeudi 11 juin 2026, les députés ont voté l’indexation des bourses étudiantes sur l’inflation et leur versement sur 12 mois, après plus de dix ans de gel. Combien d’étudiants verront réellement leur budget changer et à partir de quand ?

Logement, alimentation, transports : pour des centaines de milliers d’étudiants, chaque rentrée pèse un peu plus lourd sur le budget familial. Sur les campus, la question du financement des études revient à chaque réforme, avec en toile de fond la progression du coût de la vie et la peur de devoir renoncer à un cursus faute de moyens.
Jeudi 11 juin 2026 au soir, l’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, une proposition de loi qui promet de changer la donne pour les titulaires de bourses étudiantes : revalorisation, indexation automatique sur l’inflation et passage à un versement sur 12 mois, lors d’une séance où un autre texte, sur l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), a aussi été voté. Pour les étudiants boursiers, l’enjeu est très concret.
Indexation des bourses étudiantes sur l’inflation et versement sur 12 mois
À l’origine de cette réforme, la députée Soumya Bourouaha, du groupe GDR (communistes et ultramarins), qui veut revoir en profondeur les bourses sur critères sociaux. Selon elle, ce dispositif « ne remplit plus son rôle historique » de « démocratisation de l’enseignement supérieur », a-t-elle déploré, rapporte Le Parisien. Elle souligne que les bourses sont « parmi les seules aides sociales à ne pas bénéficier d’une revalorisation automatique de leur montant et de leur barème depuis 2013 (…) alors même que le coût de la vie étudiante a augmenté de près de 30% ».
Le texte adopté prévoit une indexation annuelle automatique des bourses, au minimum sur l’inflation mesurée par l’indice des prix, afin que montants et plafonds de ressources suivent l’augmentation générale des prix. Il introduit aussi une « annualisation » du versement : aujourd’hui payées en dix mensualités de septembre à juin, les bourses seraient versées « 12 mois sur 12 », y compris l’été, pour lisser le budget des quelque centaines de milliers d’étudiants concernés et réduire les ruptures de ressources entre deux années universitaires.
Ce que la réforme changerait pour le système actuel des bourses étudiantes
Actuellement, la bourse sur critères sociaux de l’Éducation nationale est accordée aux étudiants dont la famille dispose de faibles ressources et qui suivent des études supérieures à temps plein. Il faut avoir moins de 28 ans lors de la première demande, être titulaire du bac, inscrit dans une formation habilitée, et répondre à des critères portant notament sur le revenu du foyer fiscal, le nombre d’enfants à charge et l’éloignement entre le domicile et le lieu d’études. Les montants annuels, versés pour une année scolaire entière en général en 10 mensualités, vont d’environ 1 454 € à 7 602 €, selon les sept échelons possibles, et la bourse peut être perçue pendant sept années au maximum.
Les nouvelles mesures ont été adoptées à la quasi-unanimité des votants, avec un vote commun de la gauche et du Rassemblement national. Les groupes Renaissance, Horizons, Les Républicains et l’UDR se sont abstenus, mettant en avant, comme le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, un « coût pour les finances publiques » estimé à un peu plus de 500 millions d’euros. Le texte doit maintenant poursuivre son parcours au Sénat. Les députés ont aussi approuvé un texte sur l’Aspa, une allocation qui concerne environ 750 000 retraités modestes et souffre d’un fort non-recours : l’État peut récupérer les sommes versées sur la succession au-delà de 108 586 euros de patrimoine. D’après la rapporteure Emeline K/Bidi, plus de 300 000 personnes éligibles n’y auraient pas recours chaque année, le nouveau texte créant un « forfait logement » pour ajuster l’aide aux propriétaires ou personnes logées gratuitement.
En bref
- Le 11 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi portée par Soumya Bourouaha pour réformer les bourses sur critères sociaux.
- Le texte prévoit une indexation annuelle automatique des bourses étudiantes sur l’inflation, un versement étalé sur 12 mois et un financement dédié via une taxe sur le tabac.
- Reste à savoir quand ces nouvelles règles entreront en vigueur et comment elles se traduiront, échelon par échelon, sur le compte en banque des étudiants concernés.







