Inflation en France à 2,4 % en mai 2026 : ce choc sur l’énergie, le gazole (+38 %) et le Livret A qui vous coûte déjà 720 € par an

Par Paul Graph - Publié le

En mai 2026, l’inflation en France remonte à 2,4 % sur un an, son plus haut niveau de l’année, alors que l’énergie flambe de 16,8 %. Entre plein de gazole à +38 % et facture de gaz en hausse, quels ménages encaissent le plus le choc ?

Inflation en France à 2,4 % en mai 2026 : ce choc sur l’énergie, le gazole (+38 %) et le Livret A qui vous coûte déjà 720 € par an

Marc, agent territorial à Nantes, fait toujours le même trajet, remplit le même caddie au supermarché. Pourtant, son plein de gazole lui coûte aujourd’hui 38 % de plus qu’il y a un an et les produits frais 4,1 % de plus. En douze mois, son budget a fondu d’environ 720 euros sans qu’il ajoute quoi que ce soit dans son panier. Ce qu’il ressent à la pompe et en rayon reflète exactement ce que mesurent les statisticiens.

L’Insee chiffre en effet l’inflation en France à 2,4 % sur un an en mai 2026, après 2,2 % en avril, au plus haut depuis le début de l’année où elle n’était que de 0,3 % en janvier. Sur un mois, les prix à la consommation progressent de 0,1 %, après un bond de 1 % en avril. Loin du choc de 2022, mais la hausse a été multipliée par huit en cinq mois, tirée surtout par l’énergie. Reste à comprendre dans le détail ce qui alimente cette nouvelle poussée.

Inflation en France en mai 2026 : les chifres clés derrière les 2,4 %

Depuis le début de 2026, la courbe s’est nettement redressée : 0,3 % d’inflation sur un an en janvier, 0,9 % en février, 1,7 % en mars, 2,2 % en avril puis 2,4 % en mai, selon les données provisoires de l’Insee. L’indice des prix à la consommation (IPC) atteint 102,38 points, contre 102,25 points en avril, tandis que l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet de comparer les pays de la zone euro, progresse de 2,8 % sur un an, au-dessus de la cible de 2 % fixée par la Banque centrale européenne. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie, l’alimentation et le tabac, s’élève à 1,5 % en mai après 1,2 % en avril, bien en dessous du rythme imprimé par les carburants et le gaz.

Dans le détail, l’énergie flambe avec +16,8 % sur un an en mai, loin devant les services (+2,0 à +2,1 %), l’alimentation (+1,1 à +1,2 %) et des produits manufacturés quasi stables. L’énergie ne pèse qu’environ 8,6 % dans le panier de l’IPC, mais sa hausse explique une bonne partie de l’inflation actuelle. Côté alimentation, les prix des produits frais augmentent de 4,1 %, la viande de 2,9 %, quand pain, céréales, lait et produits laitiers restent proches de 0 %. Selon l’Insee, cité par La Liberté, les prix de l’alimentation « décélèrent un peu pour le quatrième mois consécutif ».

Énergie, SMIC et Livret A : comment la hausse pèse sur le budget des ménages

Le poste énergie concentre l’essentiel du choc. Le gaz naturel a bondi de 11,3 % sur un an en mai, après un recul de 3,1 % en avril, sous l’effet de la fin de contrats à prix réduits et des tensions liées au conflit au Moyen-Orient. Les produits pétroliers affichent +31,1 % sur un an : le gazole, carburant le plus consommé en France, grimpe de 38 %, quand les combustibles liquides comme le fioul domestique s’envolent de 57,4 %. Pour un foyer qui dépense 200 euros par mois en énergie, la facture mensuelle augmente d’environ 34 euros, soit 403 euros sur un an, quel que soit le niveau de salaire.

Pour un ménage qui consacre 2 500 euros par mois à ses dépenses courantes, l’inflation à 2,4 % représente un surcoût d’environ 720 euros par an, à panier inchangé. Le SMIC a bien été revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026, portant le salaire minimum net à 1 477,93 euros, soit 34,82 euros de plus chaque mois pour plus de 3 millions de salariés. Sur l’année, le gain est estimé à 418 euros, quand l’application de 2,4 % d’inflation au même salaire coûte 426 euros : le pouvoir d’achat est à peine préservé. Côté épargne, le Livret A rémunéré à 1,5 % net fait perdre du terrain face aux prix : un livret au plafond (22 950 euros) génère 344 euros d’intérêts, mais son détenteur perd 207 euros de pouvoir d’achat, malgré la possible hausse du taux à 1,8 % au 1er août. Seul le LEP, à 2,5 % aujourd’hui et potentiellement 2,8 %, se rapproche du rythme actuel de l’inflation, réservé toutefois aux contribuables les plus modestes.

En bref

  • En mai 2026, l’Insee mesure une inflation à 2,4 % sur un an en France, avec un IPCH à 2,8 % et une inflation sous-jacente limitée à 1,5 %.
  • L’énergie bondit de 16,8 % sur un an, avec gazole à +38 %, fioul à +57,4 % et gaz naturel à +11,3 %, ce qui explique plus de la moitié de la hausse des prix.
  • Pour un ménage type, la note grimpe d’environ 720 € par an, tandis que la revalorisation du SMIC compense à peine et que le Livret A voit son rendement réel reculer.