Guerre commerciale sur le vin français : la réponse cinglante de Leclerc à Trump qui met en danger 4000 entreprises américaines en Europe

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

À la veille du G7 d’Évian, la menace de droits de douane à 100 % sur le vin français ravive la tension entre Washington et Paris. En brandissant le chiffre de 4 000 entreprises américaines en Europe, Michel-Édouard Leclerc esquisse une riposte inattendue.

Guerre commerciale sur le vin français : la réponse cinglante de Leclerc à Trump qui met en danger 4000 entreprises américaines en Europe

La tension commerciale entre Washington et Paris remonte encore d’un cran autour des vins français. À la veille du G7 d’Évian-les-Bains, le président américain Donald Trump menace d’imposer des droits de douane de 100 % sur le champagne et le vin venus de France si Paris ne revient pas sur sa taxe visant les géants du numérique.

Dans ce climat électrique, le patron de la grande distribution Michel-Édouard Leclerc sort de sa réserve et met en garde la Maison-Blanche. « Il devrait faire attention », prévient-il, en assurant que l’Union européenne dispose, elle aussi, de leviers de pression face aux États-Unis. Une mise en garde qui repose sur un chiffre clé, et qui peut bousculer le rapport de force.

Droits de douane à 100 % : ce que Donald Trump menace concrètement

Interrogé par le New York Post, Donald Trump a lié directement sa menace de surtaxer le vin français à la taxe dite « Gafam » appliquée par Paris. « Je lui ai demandé de ne pas taxer les entreprises américaines, et s’ils le font, je n’ai pas d’autre choix que d’imposer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins en provenance de France. Il suffit de supprimer cette taxe sur les ventes, et il n’aurait pas ce genre de pression », a-t-il déclaré. Cette taxe sur les services numériques, de 3 %, reste au cœur du bras de fer.

Le chef de l’Etat français Emmanuel Macron, lui, affiche sa détermination à maintenir cette taxe. Il dit vouloir « une discussion respectueuse mais ferme » avec Donald Trump, tout en rappelant que « Cette taxe numérique, les Européens l’ont décidée, plusieurs pays l’ont mise en oeuvre, elle fait partie de notre droit. C’est pas les États-Unis qui décident pour le droit des Européens, ni des Français ». Pour Emmanuel Macron, en matière commerciale « il faut de la stabilité » et « les tarifs, ça fait du bien à personne et surtout les tarifs entre pays du G7 ». Le dossier des taxes numériques a déjà fait plier le gouverement canadien, qui y a renoncé l’an dernier pour préserver ses négociations avec Washington, ce qui montre à quel point le sujet est explosif.

Les 4.000 entreprises américaines, l’autre arme de Michel-Édouard Leclerc

Face à cette nouvelle salve, Michel-Édouard Leclerc rappelle que le rapport de force ne se joue pas qu’aux frontières américaines. « Donald Trump devrait faire attention », insiste le patron de l’enseigne E.Leclerc, cité par econostrum. Il souligne que « il y a 4.000 entreprises américaines en France » et met en avant « les 4.000 entreprises américaines » présentes sur le marché européen, estimant que l’Union européenne a la capacité de les « cibler » à son tour si les menaces de surtaxes sur le vin se confirmaient.

Ce diagnostic s’appuie sur une réalité documentée : selon une étude conjointe de la Chambre de commerce américaine en France et du cabinet Bain, on compte « Plus de 4 000 entreprises américaines… plus de 440 000 salariés » dans l’Hexagone. Autrement dit, les intérêts économiques américains en Europe sont massifs, pendant que les États-Unis restent le premier débouché pour les producteurs hexagonaux : les exportations de vins et spiritueux français vers les États-Unis ont reculé de 21 % en 2025, mais le marché américain pèse toujours 21 % des ventes à l’export du secteur, avec un tarif douanier déjà relevé à 15 % contre 10 % auparavant. Une escalade à 100 % sur les vins et champagnes français frapperait de plein fouet la filière, tout en exposant davantage ces milliers de filiales américaines aux éventuelles contre-mesures européennes.

En bref

  • À la veille du G7 d’Évian-les-Bains, Donald Trump menace d’imposer des droits de douane de 100 % sur les vins et champagnes français pour contester la taxe numérique de 3 % défendue par Emmanuel Macron et l’Union européenne.
  • Michel-Édouard Leclerc réagit en affirmant que l’Europe dispose de moyens de pression, en rappelant la présence d’environ 4 000 entreprises américaines et plus de 440 000 emplois concernés en France.
  • Entre risque de choc pour la filière vins et spiritueux et éventuelles contre-mesures ciblant les intérêts américains, la bataille autour du vin français ouvre un nouveau front dans le bras de fer transatlantique.
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