Volet roulant en panne : locataire, ne payez jamais la facture avant d'avoir vérifié ce détail crucial de la loi
En plein hiver, votre volet roulant reste bloqué et personne ne sait qui doit avancer la réparation entre locataire et propriétaire. Entre entretien courant, vétusté et assurance, la frontière est moins évidente qu’il n’y paraît.

Le store du salon refuse soudain de remonter, le volet roulant de la chambre reste coincé à mi-hauteur et vous êtes locataire. Faut-il appeler un réparateur en sortant votre carte bancaire, ou prévenir le propriétaire en lui demandant de prendre la facture à sa charge ? La question se pose souvent dans l’urgence, avec parfois un peu de tension à la clé.
Entre ce que prévoit la loi, ce que mentionne le bail et ce que chacun estime « normal », il est facile de s’y perdre. En réalité, la réponse dépend surtout du type de panne et de l’origine du problème, entre entretien courant et vétusté ou défaut du matériel. La clé, c’est de comprendre d’où vient exactement la panne.
Volet roulant ou store bloqué : ce que la loi prévoit pour locataire et propriétaire
Côté locataire, le point de départ est le décret n°87-712 du 26 août 1987 sur les « réparations locatives ». Il détaille tout ce qui relève de l’entretien courant du logement, y compris les stores et volets roulants. Comme le résume très clairement un site spécialisé dans l’immobilier locatif : « Si vous êtes locataire, la loi française est claire. Vous devez prendre en charge les « réparations locatives », c’est-à-dire toutes les petites réparations qui correspondent à l’entretien courant du logement », explique le site SeLoger.
Concrètement, cela vise par exemple le graissage du mécanisme, le remplacement des petites pièces d’usure comme les sangles, cordes, poulies ou quelques lames abîmées. Si la panne vient d’une mauvaise utilisation ou d’un manque d’entretien du locataire (sangle tirée trop brusquement, manivelle tordue, mécanisme jamais graissé qui finit par se bloquer), sa responsabilité peut être engagée. À l’inverse, l’article 1720 du Code civil impose au propriétaire de fournir un logement en bon état d’usage et de prendre en charge les réparations liées à la vétusté, à un défaut de l’équipement ou à un vice de fabrication.
Store ou volet en panne : cas concrets pour savoir qui paie vraiment
Pour y voir clair, il faut distinguer les petites interventions sur des éléments facilement remplaçables, des grosses pannes touchant le cœur du volet roulant. Les pièces dites « d’usure » correspondent plutôt au tablier et à certaines de ses parties (quelques lames à changer), aux sangles, à la manivelle ou aux poulies, comme on les retrouve dans les rubriques « pièces et accessoires » ou « tablier de volet roulant » des sites spécialisés.
- Panne liée à l’entretien courant ou à une petite pièce d’usure (sangle effilochée, corde cassée, poulie à remplacer, graissage) : en principe, c’est au locataire de régler.
- Dégât causé par une mauvaise utilisation du locataire (volet forcé, manivelle tordue en insistant, store enroulé n’importe comment) : la réparation reste à la charge du locataire.
- Panne due à la vétusté ou à l’ancienneté du volet ou du store (pièces devenues cassantes avec le temps, mécanisme qui lâche sans mauvaise manipulation) : la charge revient au propriétaire.
- Problème lié à un défaut de l’équipement ou un vice de fabrication du volet roulant ou du store : là encore, la facture incombe au bailleur.
- Dégâts après tempête, grêle ou cambriolage : la garantie de l’assurance habitation du locataire ou du propriétaire peut prendre en charge les réparations, si le contrat le prévoit.
Pour apprécier la vétusté, certains baux comportent une grille de vétusté qui fixe une durée de vie théorique des équipements et un abattement progressif. Un volet roulant peut, par exemple, être considéré comme amorti après 15 ans : plus il est ancien, plus la part à la charge du propriétaire augmente. En cas de doute sur l’origine de la panne, l’idéal est de faire intervenir un professionnel pour obtenir un diagnostic écrit qui permettra de trancher entre mauvaise utilisation, usure normale ou défaut du matériel.
Store ou volet à remplacer : combien peut coûter la facture en location ?
Si la panne impose de remplacer tout le volet, les montants peuvent vite grimper, ce qui explique aussi les crispations entre locataire et propriétaire. Pour un volet roulant manuel, il faut compter de 150 € à 300 € environ pour le matériel. Un volet roulant électrique coûte en général de 250 € à 600 € hors pose, avec une majoration de 100 € à 200 € par volet quand on le motorise. Les ensembles volets roulants bloc baie (fenêtre + volet intégré) vont, eux, de 600 € à 1200 € selon les matériaux et dimensions. L’installation d’un volet avec coffre se facture souvent entre 100 et 250 € par volet, et la dépose d’un ancien équipement tourne autour de 50 à 100 € par pièce.
En pratique, une simple sangle à changer coûtera bien moins cher qu’un remplacement complet de volet, mais il reste indispenssable de savoir qui doit payer. Pour éviter le conflit, tout commence par le dialogue et la vérification de l’état des lieux d’entrée : si aucun défaut n’y est mentionné, le store ou volet est présumé avoir été remis en bon état. Si le désaccord persiste, le locataire ou le propriétaire peut envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant des photos, l’état des lieux, un devis et le constat d’un artisan. En dernier recours, chacun peut saisir la Commission départementale de conciliation (CDC), puis, si aucun accord n’est trouvé, le tribunal judiciaire.
En bref
- En France, le décret 87-712 et l’article 1720 du Code civil encadrent la répartition des réparations de stores et volets roulants en location.
- Selon que la panne vient de l’entretien courant, d’une mauvaise utilisation, de la vétusté ou d’un sinistre, la facture pèse sur le locataire, le bailleur ou parfois l’assurance.
- Cas pratiques, repères de coûts et démarches en cas de litige aident locataires et propriétaires à défendre leur position sans envenimer la relation.







