Tickets restaurant : le dimanche et les courses, c'est oui dès 2027, mais cette nouvelle règle fait déjà paniquer tout un secteur

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Annoncée le 4 avril 2026 par Serge Papin, la réforme des titres-restaurant promet de bouleverser l’usage des tickets resto en France dès 2027. Entre ouverture au dimanche, supermarchés et dématérialisation, les gagnants ne sont pas ceux que l’on croit.

Tickets restaurant : le dimanche et les courses, c’est oui dès 2027, mais cette nouvelle règle fait déjà paniquer tout un secteur

Des millions de salariés comptent sur leurs titres-restaurant pour alléger l’addition au moment de déjeuner ou de faire quelques courses. Sauf que ce coup de pouce s’accompagne de règles parfois incompréhensibles, avec des jours interdits, des listes de produits autorisés et des polémiques à répétition entre restaurateurs et grande distribution.

Ce samedi 4 avril 2026, le ministre des PME, du Commerce, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a détaillé au Parisien une réforme d’ampleur qui doit rebattre les cartes à partir de 2027 pour plus de 5,5 millions de Français. Au centre du texte, un changement que beaucoup attendaient pour le week-end, mais qui ne viendra pas sans garde-fous ni perdants potentiels. Tout se joue sur l’usage, et le calendrier.

Tickets restaurant : ce qui va vraiment changer pour le dimanche et les courses

Aujourd’hui, les tickets resto ne sont officiellement utilisables que du lundi au samedi. L’usage le dimanche ou les jours fériés reste possible uniquement si l’employeur accorde une dérogation, et surtout dans certains secteurs comme la santé ou la restauration. La réforme portée par Serge Papin prévoit d’ouvrir largement l’utilisation des titres-restaurant au dimanche à partir de 2027, pour tous les salariés, mais en maintenant une ligne rouge claire : les jours fériés resteraient exclus.

L’autre volet clé concerne les supermarchés. Depuis 2022, une mesure exceptionnelle permet d’acheter avec ses titres-restaurant des produits alimentaires non consommables immédiatement (pâtes, riz, lait, conserves, etc.), et pas seulement des repas prêts à manger. Cette possibilité avait été prolongée par le Parlement pour éviter une rupture brutale début 2025. La réforme vise désormais à pérenniser cet usage, tout en l’encadrant : les tickets resteraient utilisables uniquement dans des commerces « essentiellement alimentaires », afin de limiter les dérives et le détournement vers des enseignes où l’alimentaire n’est qu’une petite partie de l’activité.

Titres-restaurant, dématérialisation et tensions avec les restaurateurs

Au-delà des jours et des lieux, le texte veut aussi accélérer la dématérialisation des titres-restaurant. L’objectif est que le dispositif bascule totalement vers la carte ou l’application mobile, les chèques papier étant appelés à disparaître progressivement. Pour les salariés, cela signifie un suivi du solde en temps réel et des paiements plus simples chez les commerçants. La réforme prévoit aussi la possibilité de donner ses titres-restaurant non utilisés à une association agréée, une option qui intéressera ceux qui arrivent en fin d’année avec un reliquat sur leur carte.

Ces évolutions réjouissent une large majorité de bénéficiaires : selon une étude de l’institut Odoxa citée par la presse, 85 % des détenteurs de titres-restaurant souhaiteraient pouvoir les utiliser tout le temps, y compris le dimanche. Mais les restaurateurs, eux, voient monter leur inquiétude. Ils dénoncent depuis des années le glissement d’une partie des dépenses vers la grande distribution et réclament un double plafond d’utilisation, distinct pour la restauration et pour les supermarchés, afin de protéger le repas pris au restaurant sur la pause déjeuner. Pour l’instant, la proposition de loi doit encore être débattue puis votée par les parlementaires en décembre prochain, ce qui laisse la porte ouverte à des ajustements parmis lesquels ce double plafond pourrait revenir dans le débat.

En bref

  • Le 4 avril 2026, le ministre Serge Papin détaille au Parisien une réforme des titres-restaurant attendue pour 2027, qui concerne plus de 5,5 millions de salariés et des milliers de commerçants en France.
  • Le texte prévoit d'autoriser l'utilisation des tickets resto le dimanche, de pérenniser les achats de produits alimentaires en supermarché et d'accélérer la dématérialisation, tout en maintenant l'interdiction les jours fériés.
  • Entre possibilité de dons, crainte d'un glissement massif vers la grande distribution et revendication d'un double plafond par les restaurateurs, cette réforme pourrait rebattre les cartes du déjeuner payé en titres-restaurant.
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