Résidence secondaire : pour fuir la taxe foncière et les prix de l'immobilier, cette solution radicale séduit des milliers de Français
Alors que la résidence secondaire classique devient hors de portée, des ménages se tournent vers le mobil-home en camping sur les côtes françaises. Une solution plus accessible en apparence, mais dont le vrai coût, la fiscalité et les limites réservent des surprises.

À Béziers, dans l’Hérault, une famille ouvre les volets de sa résidence secondaire un peu particulière : un mobil-home installé au cœur d’un camping, avec terrasse et trois chambres. « C’est notre petit coin de paradis. Tous les week-ends, on vient de là », explique Pierre Calazel, propriétaire d’un mobil-home, cité par Franceinfo. Pour eux, pas d’appartement ni de maison, mais ce logement prêt à vivre près de la plage.
Ce choix raconte quelque chose d’un rêve très français : posséder un pied-à-terre à la mer ou à la montagne. Selon l’Insee, la France compte environ 3,7 millions de résidences secondaires, soit près de 10 % du parc de logements. Mais la combinaison prix d’achat, fiscalité et charges rend ce rêve de plus en plus difficile à concrétiser. Alors, certains changent de modèle.
Résidence secondaire classique : un rêve qui coûte cher
Les chiffres montrent un fossé qui se creuse. D’après l’Insee, ces résidences secondaires sont surtout détenues par des ménages aisés et des propriétaires de plus de 60 ans. Au-delà du prix d’achat, ces biens entraînent de nombreuses charges : taxe foncière, taxe d’habitation, assurance, entretien, éventuelles charges de copropriété.
La taxe foncière atteignait en moyenne 1 117 € en 2025 pour ce type de logement. Pour un bien occupé seulement entre 35 et 42 nuits par an, selon l’Insee, la note devient rapidement lourde. Dans ce contexte, des solutions plus abordables pour avoir un pied-à-terre, comme le mobil-home en résidence secondaire, gagnent du terrain.
Pourquoi le mobil-home séduit comme nouvelle résidence secondaire
Face à ces contraintes, le mobil-home résidence secondaire attire de plus en plus de ménages. Premier argument : le ticket d’entrée, avec un mobil-home neuf entre 25 000 et 60 000 €, et des modèles d’occasion dès 10 000 €, souvent déjà équipés. À Béziers, la famille Calazel a choisi un modèle d’environ 40 m2 à 70 000 €, quand un studio de 27 m2 à Valras dépassait déjà les 150 000 €. « On avait vu un studio sur Valras qui faisait juste un 27 m2. Là, notre mobil-home, c’est un 40 m2. Et le 27 m2 coûtait déjà plus de 150 000 euros », indique Justine Ducloz.
Au-delà du prix, le cadre de vie compte aussi. Dans ces campings dotés de piscines, toboggans et animations, les familles trouvent un environnement pensé pour les vacances. « J’aime bien, car il y a souvent des animations, que ce soit dans l’eau ou devant. Et il y a beaucoup de choses pour les enfants », souligne Juna Calazel, 11 ans. À La Grande Motte, un couple de retraités lyonnais a fait le même choix. « Dans un appartement, on ne se retrouve qu’avec sa femme ou son mari. Là, ça va », plaisante Daniel Tatoulian, propriétaire d’un mobil-home. « Au camping, on se retrouve tous. C’est sympa. On arrive ici et on ne pense plus aux années », affirme Annie Leglise.
Mobil-home en résidence secondaire : quel coût réel sur la durée ?
Même propriétaire de son mobil-home, il faut louer chaque année la parcelle du camping. « On est entre 7 000 et 9 000 euros l’année selon l’emplacement, la localisation dans le camping et puis la superficie du terrain également », détaille Clémence André, directrice des ventes, Camping Siblu Les Sables du Midi. À cela s’ajoutent les charges (eau, électricité, entretien) et une taxe de séjour de 0,20 à 0,60 € par personne et par nuit.
Sur le plan fiscal, ces hébergements offrent un interet non négligeable : considérés comme des biens meubles tant qu’ils gardent leurs roues, ils échappent à la taxe foncière et à la taxe d’habitation. En revanche, le mobil-home n’est pas un investissement patrimonial : il peut perdre jusqu’à 30 % de sa valeur dans les cinq premières années et sa durée de vie est estimée entre 15 et 20 ans.
En bref
- En France, où l’Insee recense 3,7 millions de résidences secondaires souvent détenues par des ménages aisés, des familles comme à Béziers ou La Grande Motte cherchent des alternatives plus abordables.
- Le mobil-home en camping s’impose comme nouveau pied-à-terre avec un prix d’achat réduit, un cadre de vie convivial et un statut de bien meuble qui échappe taxe foncière et taxe d’habitation.
- Entre loyer de parcelle élevé, charges annuelles, taxe de séjour et forte décote en quinze à vingt ans, cette fausse bonne affaire oblige à bien calculer avant de se lancer.







