Inflation à 2,4% : votre Livret A est devenu un piège, ce placement que l'on croyait fini le surclasse en 2026

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Avec une inflation remontée à 2,4 % en mai 2026, l'épargne des Français s'érode en silence. Entre Livret A, fonds euros et actions, quels choix peuvent encore tenir tête aux prix ?

Inflation à 2,4% : votre Livret A est devenu un piège, ce placement que l’on croyait fini le surclasse en 2026

En mai 2026, l’inflation en France a brusquement accéléré à 2,4 %, après avoir quasiment touché zéro en début d’année. La flambée de la composante énergie, portée par les prix du pétrole, pèse sur le quotidien des ménages et grignote le rendement de leur épargne.

Dans ce contexte, l’argent laissé sur des supports peu ou pas rémunérés perd du pouvoir d’achat mois après mois, au premier rang desquels le compte courant. Entre sécurité du capital, disponibilité et rendement réel, beaucoup se demandent quels sont encore les placements qui battent l’inflation en 2026.

Inflation 2026 : compte courant et Livret A en première ligne

Pour Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct, le premier écueil reste l’épargne qui dort sur le compte à vue. « Avant même de parler du Livret A, les Français ont beaucoup d’épargne qui dort. Avec cette inflation, il faut encore moins laisser son épargne sur le compte courant », explique-t-il, cité par Capital. Avec une inflation à 2,4 %, chaque euro non rémunéré voit sa valeur réelle reculer.

Interrogé sur le Livret A, l’expert insiste sur son utilité, mais aussi ses limites. « Il reste utile, car il est disponible à tout moment et net de fiscalité. C’est le bon outil pour votre épargne de précaution, c’est-à-dire trois à six mois de salaire. Mais ce n’est plus une façon de protéger son capital de l’inflation », assure-t-il. La révision de son taux, attendue le 1er août, interviendra après la décision de la BCE de relever ses taux directeurs d’un quart de point. « On pourrait imaginer que ça pousse vers 1,75 %, mais rien n’est certain à ce stade. Et même à ce niveau, on n’est pas en mesure de combattre l’inflation ».

Fonds euros, comptes à terme, actions : qui peut encore battre l’inflation ?

Dans ce paysage, le fonds euros de l’assurance-vie effectue un retour remarqué. C’est, selon Gilles Belloir, le « placement qui profite le plus du contexte actuel ». La remontée des taux longs permet aux assureurs de capter des rendements plus élevés : « les assureurs sont en mesure d’aller chercher ces rendements, ils investissent sur des horizons longs tout en offrant de la liquidité ». « Les livrets réglementés ne peuvent pas suivre », ajoute-t-il. En 2025, les meilleurs fonds euros ont servi 3,5 %, certains proposant des boosts temporaires jusqu’à 5 %, quand la moyenne du marché s’est établie à 2,6 % selon France Assureurs. « Il faut aller sur les meilleurs contrats, pas se contenter de la moyenne ». « C’est comme ça qu’on a un bon outil pour se couvrir durablement contre l’inflation ».

Placement Rendement indicatif Position vs 2,4 % d’inflation Horizon mentionné Commentaire
Livret A jusqu’à 1,75 % (hypothèse) en dessous épargne de précaution, 3 à 6 mois ne protège plus de l’inflation
Fonds euros (moyenne marché) 2,6 % (2025) légèrement au-dessus long terme (assurance-vie) rendement proche de l’inflation
Fonds euros (meilleurs contrats) 3,5 % (2025) nettement au-dessus long terme boosts temporaires jusqu’à 5 %
Compte à terme (5 ans) ≈ 2,70 % très proche cinq ans intéressant si inflation temporaire
Actions ≈ 6 % / an hist. au-dessus long terme rendement avec forte volatilité
Produits structurés rendement variable dépend du scénario jusqu’à dix ans protection partielle ou totale du capital

Au-delà de cette poche sans interet, d’autres solutions visent un rendement réel positif. Avec la remontée des taux, les comptes à terme redeviennent présents, avec des rendements entre 2 et 3 % selon la durée, autour de 2,70 % sur cinq ans. Ce support est surtout adapté « si vous pensez que la hausse de l’inflation est temporaire et que vous pouvez immobiliser une somme sur cette période », souligne l’expert. En parallèle, les banques multiplient les livrets boostés pour capter l’épargne, et un nouveau livret de ce type doit être lancé en juillet chez Placement-direct. Pour ceux qui acceptent davantage de fluctuations, les actions restent un outil clé : Gilles Belloir rappelle qu’elles ont affiché, historiquement, un rendement annualisé autour de 6 %. « On a toujours intérêt à avoir une partie de son épargne en unités de compte, en fonds, en actions… La volatilité est bien plus élevée, mais c’est là que se construit le rendement dans la durée. » Dans la même logique de long terme, les produits structurés peuvent aussi être envisagés, avec une protection partielle ou totale du capital, mais un horizon pouvant aller jusqu’à dix ans si les conditions de marché ne sont pas favorables à l’échéance initiale.

En bref

  • En mai 2026, l’inflation atteint 2,4 % en France, tandis que compte courant et Livret A exposent les épargnants à une perte de pouvoir d’achat.
  • Fonds euros, comptes à terme et livrets boostés profitent de la remontée des taux, mais seuls les meilleurs contrats et certaines durées battent réellement ce seuil.
  • Entre poche de précaution sécurisée et placements plus risqués comme les actions ou produits structurés, quelles stratégies privilégier pour protéger durablement son capital ?
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