La fin de nos billets en papier : voici STELLA, ce billet noir format carte bancaire qui pourrait bientôt être dans votre portefeuille
Un billet noir au format carte bancaire, conçu par la Bundesdruckerei et présenté en 2026 à Washington, intrigue les banques centrales. Prototype STELLA, il promet un cash plus durable tout en posant la question de l'avenir de nos billets actuels.

Un billet noir qui tient dans le compartiment de votre carte bancaire : 85 millimètres de long pour 54 de large, pas plus. C’est le format choisi par la Bundesdruckerei, l’imprimerie fédérale allemande, pour STELLA, un prototype de billet de banque dévoilé en mai lors de la Banknote Conference à Washington, D.C. L’idée est de montrer à quoi pourrait ressembler le cash dans une économie dominée par les paiements numériques, sans pour autant renoncer aux espèces.
Ce billet expérimental fait partie de la série de recherche EX NIHILO, avec laquelle la Bundesdruckerei teste de nouveaux formats, matériaux et dispositifs de sécurité. STELLA n’est donc pas un nouveau billet en euros prêt à entrer en circulation, mais une sorte de laboratoire miniature : polymère durable au lieu de papier coton, design sans bordures, sécurité repensée. Dans un contexte où, en 2024, les Français ont pour la première fois davantage payé par carte que en espèces, le message est interressant. Une petite carte noire qui en dit long.
STELLA, le billet noir imaginé par la Bundesdruckerei
Présenté officiellement le 13 mai 2026 à Washington, STELLA est le deuxième concept de la série EX NIHILO, après IGNIS en 2024, déjà remarqué par l’International Association of Currency Affairs (IACA). Le nouveau prototype a d’ailleurs été nommé aux Excellence in Currency Awards 2026 de cette organisation professionnelle. Contrairement à un billet classique, il porte un récit très construit : son nom renvoie aux étoiles, dont sont issus les atomes de carbone présents sur Terre. « Son design s’inspire des étoiles, à l’origine du carbone. Il met ainsi l’accent sur l’origine de la vie et de la matière et traduit ce thème en un billet qui, dans un esprit de développement durable, se concentre délibérément sur l’essentiel », indique la Bundesdruckerei dans un communiqué.
Sur le plan matériel, STELLA abandonne le traditionnel papier coton pour un substrat polymère fabriqué à partir de matières premières renouvelables et non fossiles. Ce type de support, déjà adopté par plusieurs pays comme le Canada, l’Australie ou le Royaume-Uni, résiste mieux à l’eau et à la saleté, et dure en moyenne de deux à quatre fois plus longtemps qu’un billet en coton. La durée de vie accrue réduit les remplacements, donc les coûts et l’empreinte environnementale pour les autorités monétaires qui choisiraient ce type de « billet post-coton ».
Pourquoi un billet au format carte bancaire ?
Le choix d’un format carte bancaire ne tient pas seulement à l’esthétique. Avec ses 85 x 54 millimètres, STELLA occupe environ 4 590 mm² de surface, contre 9 576 mm² pour un billet de 20 euros (133 x 72 millimètres). Autrement dit, plus de 52 % de surface en moins à imprimer, transporter et détruire en fin de vie. Cette réduction permet d’économiser matières premières, encre, énergie et temps de fabrication, tout en rendant le billet plus simple à glisser dans les portefeuilles et les rangements prévus pour les cartes. Pour visualiser ce changement d’échelle, le tableau ci-dessous compare STELLA à un billet de 20 euros.
| Critère | STELLA (prototype) | Billet de 20€ | Impact |
|---|---|---|---|
| Dimensions (mm) | 85 x 54 | 133 x 72 | Format carte, plus compact |
| Surface (mm²) | 4 590 | 9 576 | Moins de matière à produire |
| Réduction de surface | -52,07 % | – | Économies d’encre et d’énergie |
| Matériau | Polymère renouvelable | Papier coton | Durée de vie accrue |
| Stratégie sécurité | Design edge-to-edge | Zones dédiées | Surface de sécurité élargie |
| Statut | Prototype conceptuel | Billet officiel euro | Aucun changement immédiat |
Reste une question clé : comment protéger un billet aussi compact contre la contrefaçon ? Pour y répondre, les ingénieurs ont adopté un design dit « edge-to-edge », sans bordures, où toute la surface, jusqu’aux bords, sert à loger des éléments de sécurité visuels et tactiles, parfois répartis en plusieurs parties qui ne révèlent leurs effets qu’une fois observées ensemble. Les éléments de sécurité couvrent ainsi une grande partie du billet, ce qui doit gêner sérieusement les faux monnayeurs, tout en s’intégrant au graphisme.
Le projet STELLA mobilise plusieurs spécialistes internationaux des technologies fiduciaires comme Koenig & Bauer, SICPA ou KURZ. Il n’est pas destiné à entrer rapidement en circulation, mais plutôt à tester des pistes pour rendre le cash plus durable, plus pratique et plus compétitif face aux paiements numériques. En parallèle, la Banque centrale européenne prépare sa propre nouvelle série de billets en euro, avec des motifs mettant en avant des figures comme Ludwig van Beethoven, Marie Curie ou Léonard de Vinci et une décision finale attendue en 2026, sans lien direct avec ce prototype allemand.
En bref
- En mai 2026, la Bundesdruckerei a dévoilé à Washington STELLA, un billet noir au format carte bancaire intégré à son programme expérimental EX NIHILO.
- Ce prototype en polymère renouvelable, 52 % plus compact qu’un billet de 20 €, mise sur la durabilité et une sécurité edge-to-edge soutenue par Koenig & Bauer, SICPA et KURZ.
- Sans annoncer de remplacement immédiat des euros actuels, STELLA esquisse le futur possible du cash face aux paiements numériques et soulève de nouvelles questions pour les banques centrales.







