Fin des jeux physiques PlayStation en 2028 : la stratégie secrète de Micromania pour vous faire acheter autre chose

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Racheté par un consortium franco-québécois au moment où Sony programme la fin des disques en 2028, Micromania-Zing change de cap. Entre produits dérivés, TCG et flagships géants, l’enseigne mise sur une nouvelle expérience en magasin.

Fin des jeux physiques PlayStation en 2028 : la stratégie secrète de Micromania pour vous faire acheter autre chose

Micromania-Zing a changé de mains au moment où tout son modèle paraît remis en question. L’enseigne historique du jeu vidéo en France vient d’être rachetée par un consortium d’actionnaires franco-québécois emmené par l’entrepreneur canadien Stéphan Tétrault, alors que le secteur traverse une crise faite de licenciements, de fermetures de studios et de bascule accélérée vers le numérique.

Dans ce contexte déjà tendu, Sony a annoncé la fin de la production de disques physiques pour l’ensemble des jeux PlayStation à partir de janvier 2028, faisant trembler tout le retail spécialisé. Plutôt que de se replier, Micromania-Zing promet d’ouvrir davantage de magasins, de miser sur les produits dérivés et d’installer de nouveaux formats géants : « On veut travailler différemment la manière dont on va présenter nos produits, théâtraliser beaucoup plus, faire en sorte que les licences soient moins segmentées par catégorie de produit, et les utiliser pour créer des mises en avant, » a expliqué Philippe Renaudin à BFM Business.

Un rachat franco-québécois et un réseau maintenu dans un marché chahuté

La mise en vente de Micromania-Zing avait été annoncée par Gamestop en février 2025. « Nous voulions prendre le temps de trouver un acquéreur qui ressente l’envie de faire quelque chose, car Micromania est une entreprise qui fonctionne, qui performait d’ailleurs sous l’égide de Gamestop. Elle représentait un certain poids, » raconte Philippe Renaudin. Plus d’un an et demi plus tard, un groupe d’investisseurs franco-canadien emmené par Stéphan Tétrault, Jean-François Chenail et Sandra et Stephen Callahan reprend l’enseigne.

Dans un communiqué, Micromania-Zing affirme que « cette acquisition traduit la volonté d’entrepreneurs francophones profondément attachés à la relation historique qui unit le Québec et la France de contribuer à l’avenir d’une enseigne qui fait partie du paysage culturel et commercial française depuis plus de 40 ans ». Stéphan Tétrault renchérit : « C’est un immense privilège d’écrire le prochain chapitre de l’histoire de Micromania. Nous arrivons avec énormément de respect pour les équipes qui ont bâti cette enseigne » et « ensemble, avec nos collaborateurs, nos partenaires et nos clients, nous voulons faire de Micromania la plus belle communauté gaming et pop culture en France. » Selon BFM Business, Micromania a réalisé 410 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 avec 310 magasins, et le repreneur promet le maintien du parc sans plan de licenciement, tout en visant un magasin à 15-25 km de chaque client.

Produits dérivés, TCG et flagships : la nouvelle stratégie de Micromania-Zing

Face à la montée du dématérialisé et à la décision de Sony d’abandonner le disque, Micromania-Zing veut déplacer son centre de gravité vers ce qui ne se télécharge pas. Pour Philippe Renaudin, « ce n’est pas une situation nouvelle » et l’enseigne a « déjà des choses en place, comme apporter des éditions exclusives ou des packs avec les jeux vidéo et des produits dérivés pour vendre du dématérialisé. » L’idée est de vendre des codes pour jeux digitaux ou abonnements en ligne, mais d’y ajouter une forte valeur ajoutée physique. « Nous avons prévu d’augmenter la part des produits dérivés dans nos magasins. Nous aimerions finir par atteindre un rapport de cinquante-cinquante avec les jeux vidéo », détaille le directeur marketing, qui insiste sur le rôle des cartes à collectionner et des figurines.

Le nouvel actionnaire apporte ici des atouts concrets. Le Groupe Tétrault contrôle notamment McFarlane Toys, qui fabrique des figurines exclusives sous licences Marvel, DC Comics ou sportives, et l’arrivée de Gipsy Toys, spécialiste de la peluche, doit enrichir l’offre. « Nous avons maintenant une capacité de production, ce qui nous permettra de développer de nouvelles exclusivités pour nos clients », explique Philippe Renaudin. Micromania veut aussi jouer sur des bundles très ciblés : « On va accélérer très très fort sur les produits dérivés, mais en passant par la recherche d’exclusivités et de synergies. Par exemple, sur le prochain jeu PS5 Marvel’s Wolverine, on propose pour 10 euros de plus une figurine exclusive, et un porte-clés est offert pour chaque précommande. » Une manière de répondre à la grande distribution, souvent 10 à 20 euros moins chère : « On a toujours été confronté à cette agressivité commerciale, mais ça ne nous inquiète pas, car pour ces enseignes, le jeu vidéo n’est qu’un produit d’appel. Nous avons de notre côté une capacité de production très importante, qui va encore s’agrandir via des synergies avec EB Games. »

Date Événement Impact pour Micromania-Zing Ce que voit le client Source
Février 2025 Annonce de la mise en vente Recherche d’un repreneur pour l’enseigne Activité quotidienne inchangée en magasin BFMTV
Un an et demi plus tard Rachat par le consortium franco-québécois Nouveaux actionnaires et feuille de route Programme de fidélité et préco maintenus BFMTV / BFM Business
Automne 2026 Ouverture du premier flagship >500 m² Magasin porte-étendard en région parisienne Surface élargie, offre dérivés renforcée BFM Business
Novembre 2026 Retour à la Paris Games Week Accent sur l’événementiel externe Stand et animations pour les visiteurs BFM Business
2027 4 à 6 flagships supplémentaires prévus Déploiement du nouveau concept en France Magazins plus grands, offre théâtralisée BFM Business
Janvier 2028 Fin des disques pour jeux PlayStation neufs Bascule forcée vers le tout numérique Plus de codes et bundles en rayon Sony / presse française

Cette montée en puissance des flagships s’accompagne d’un vaste plan de rénovation pour le reste du réseau. « Ça ne se fera pas en un jour car nous avons plus de 300 magasins, mais l’idée est de les adapter à cette nouvelle approche, » précise Philippe Renaudin. « Ils vont progressivement évoluer avec des nouveaux mobiliers et une présence plus importante des produits dérivés, mais pas au détriment du jeu vidéo qui reste un pilier fondamental pour nous. » Micromania veut aussi renouer avec les animations en magasin, comme les ouvertures à minuit pour certaines sorties ou des décors dédiés lors de lancements majeurs.

Sur le terrain, l’enseigne entend combiner proximité et omnicanal. « On veut continuer à être présent entre 15 et 25 kilomètres de tous nos clients. » Avec un site e-commerce renforcé, « on a créé quelque chose où les magasins et notre site sont complémentaires, et l’avenir nous donnera raison. » Le public s’est élargi, et la base de six millions de membres du programme de fidélité reste un atout pour tester ces nouvelles orientations : « On a beaucoup élargi notre cible, que ce soit les clients ou dans leur manière de consommer. Mais on a toujours les joueurs avec notre programme de fidélité historique qui permet de bénéficier d’exclusivités. Notre base compte six millions d’inscrits. » Malgré l’ombre du tout dématérialisé, « on a des leviers et pas mal de choses qui se préparent afin de faire face aux changements structurels de l’industrie, et puis il ne faut pas oublier que la France reste l’un des pays où le physique est majoritaire, » juge enfin le responsable de la communication.

En bref

  • En 2025-2026, Micromania-Zing est repris par un consortium franco-québécois alors que le marché du jeu vidéo vacille et que Sony prévoit la fin des disques PlayStation en janvier 2028.
  • Pour affronter la montée du dématérialisé, l’enseigne veut rééquilibrer ses ventes vers un mix 50/50 jeux et produits dérivés, booster les cartes à collectionner et ouvrir des flagships de plus de 500 m².
  • Entre codes digitaux bonifiés par des goodies exclusifs, événements en magasin et réseau de 300 boutiques maintenu, Micromania-Zing pariera-t-elle sur cette nouvelle formule pour rester incontournable auprès des joueurs ?
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