Prix des carburants : pourquoi Michel-Édouard Leclerc se prépare au scénario choc du litre à 2,40 euros

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Prix des carburants : pourquoi Michel-Édouard Leclerc se prépare au scénario choc du litre à 2,40 euros

Sur LCI, Michel-Édouard Leclerc admet se préparer à un litre de carburant à 2,40 euros, sous la menace des tensions au Moyen-Orient et du détroit d’Ormuz. Entre flambée possible et aides ciblées de l’État, automobilistes et professionnels redoutent l’impact sur chaque plein.

Depuis des mois, chaque passage à la pompe se paie au prix fort, avec des tickets souvent au-dessus des 2 euros le litre. Alors que les tensions géopolitiques repartent au Moyen-Orient et que le détroit d’Ormuz reste sous surveillance, un nouveau scénario choc s’invite dans le débat sur les prix des carburants.

Vendredi 4 septembre 2026, sur LCI, Michel-Édouard Leclerc a évoqué la possibilité de voir les carburants à 2,40 euros le litre. Le président du comité stratégique de l’enseigne E.Leclerc dit « se préparer » à ce niveau de prix, « Peut-être que ça n’arrivera pas », nuance-t-il, et explique « être incapable de tracer une perspective sur les prix des carburants », a-t-il déclaré sur LCI, cité par BFMTV. Derrière ces mots prudents, une question s’impose d’elle-même.

Carburants à 2,40 euros le litre : ce que dit Michel-Édouard Leclerc

Face aux caméras, Michel-Édouard Leclerc assume de parler d’un scénario de risque plutôt que d’une prédiction. « On est dans la zone la plus tangible de l’augmentation, (….) dans les eaux maximales », analyse-t-il. Pour lui, la trajectoire des prix dépend directement de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et de la capacité des pétroliers à sécuriser le passage par le détroit d’Ormuz. « Je pense qu’il y a un seuil où les pouvoirs publics seront obligés, si ça durait et que c’était trop fort, de diminuer un peu la taxation des carburants quelqu’en soit la forme », prévient encore le patron de E.Leclerc, en pointant clairement la fiscalité comme levier possible si la flambée devait s’installer.

Quelques semaines plus tôt, le 6 juillet, le distributeur se félicitait pourtant d’une détente relative à la pompe. Il évoquait une baisse de « 30 centimes par rapport au point haut du conflit » et constatait alors que « Ça a perdu 30 centimes par rapport au point haut du conflit, il y a des bateaux qui passent Ormuz », observait-il. « Au gazole, on a des stations qui sont en train de passer en dessous des 1,80 euro », ajoutait-il, tout en reconnaissant que « ça ne descend pas assez vite » et en rappelant que « On est à la merci du moindre coup de gueule dans le détroit d’Ormuz et comme ils n’ont pas l’air très rationnels ni raisonnables, je préfère ne pas m’avancer ». Dans ce contexte mouvant, la rivalité avec Total n’est pas oubliée ; « Total ne fait plus son plafond », remarquait-il, avant de lancer « On lui a mis 12 centimes d’écart. Les gens se précipitent et viennent chercher à un euro près le carburant le moins cher. Total, il a fait le boulot pendant un mois. Il peut, il avait cagnotté pendant trois ans, je suis content de lui renvoyer », allant jusqu’à juger que « c’était bien le moins qu’il pouvait faire ».

Conflit au Moyen-Orient, aides reconduites : quels effets pour les prix à la pompe ?

La fragilité du marché tient en grande partie au détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal une part importante du pétrole et du gaz mondial. Après un mois d’accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris, l’armée américaine disant vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d’être tirées dans ce couloir maritime stratégique. Malgré cette reprise des hostilités, le vice-président américain JD Vance affirme que la circulation du pétrole et du gaz dans le détroit a « presque » retrouvé ses niveaux d’avant-guerre dans le détroit, a-t-il indiqué, cité par BFMTV. Sur le terrain, les prix moyens à la pompe en France restent toutefois nettement au-delà de 2 euros le litre pour plusieurs carburants, avec par exemple un gasoil autour de 2,246 euro le litre au 4 septembre 2026, ce qui laisse finalement peu de marge avant un scénario à 2,40 euro.

Prix au litre Plein 50 L Plein 60 L Écart vs 2,246 €/L (50 L)
2,00 €/L 100 € 120 € -12,30 €
2,246 €/L (repère) 112,30 € 134,76 € 0 €
2,25 €/L 112,50 € 135,00 € +0,20 €
2,40 €/L 120,00 € 144,00 € +7,70 €

Pour amortir ce choc potentiel, le gouvernement mise sur des aides carburants ciblées. En France, les aides pour les secteurs les plus exposés à la hausse « seront reconduites » pour les mois de septembre et octobre, a annoncé l’exécutif. Les transporteurs ne sont plus concernés, mais « les aides seront reconduites pour deux mois pour les agriculteurs, les pêcheurs, pour le secteur du BTP », a détaillé la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, citée par BFMTV. Officiellement, il s’agit de remises de 15 centimes par litre pour les agriculteurs, 25 centimes pour les pêcheurs et 20 centimes pour les entreprises du BTP, pour un coût global annoncé de 70 millions d’euros par mois. Ces dispositifs viennent s’ajouter à l’aide de 100 euros pour les gros rouleurs sur l’année, ouverte jusqu’au 30 septembre 2026, une mesure qualifiée « d’une très bonne chose » par Michel-Édouard Leclerc, pour qui « les gros rouleurs ont besoin d’aide ». Dans ce paysage où les cours approchent déjà des niveaux historiques, l’hypothèse d’un litre à 2,40 euro reste apparement une menace à laquelle distributeurs, professionnels et automobilistes s’efforcent désormais de se préparer.

En bref

  • Le 4 septembre 2026 sur LCI, Michel-Édouard Leclerc évoque un scénario où les carburants pourraient atteindre 2,40 €/L, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de fragilité du détroit d’Ormuz.
  • L’article détaille les propos prudents du patron d’E.Leclerc, le niveau actuel des prix à la pompe, les risques géopolitiques, ainsi que les aides carburants reconduites en septembre et octobre 2026 pour certains secteurs et grands rouleurs.
  • Entre simulation du coût d’un plein à 2,40 €/L, rappel des dispositifs d’aide et signaux à surveiller sur Ormuz et la fiscalité, le lecteur mesure concrètement jusqu’où la facture pourrait grimper.
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