Barème kilométrique +10% : des centaines d'euros d'impôts en moins, mais ce détail précis sur votre carte grise vous exclut de la mesure

Le barème kilométrique pourrait grimper de 10 % pour les revenus 2026 après un vote des députés le 15 octobre 2026. Mais un simple code sur votre carte grise décidera si votre voiture profite vraiment de cette hausse.
Un simple coup d’œil à votre carte grise pourrait décider si vos trajets domicile‑travail en voiture ouvriront droit à davantage de déductions fiscales en 2027. Pour une voiture de 5 CV qui parcourt 12 000 km par an pour le travail, les chiffres montrent qu’un relèvement du barème kilométrique de +10 % ajouterait plusieurs centaines d’euros de frais déductibles, si la mesure arrive jusqu’au bout du parcours parlementaire.
Le 15 octobre 2026, les députés ont adopté en séance un amendement au projet de loi de finances pour 2027 qui pose un plancher pour le barème appliqué aux revenus 2026. Les montants 2026 « ne peuvent être inférieurs » à ceux du barème 2025 majorés de 10 %, mais rien n’est encore acquis : la première partie du budget 2027 doit être votée solennellement à l’Assemblée nationale le mardi 3 novembre, avant un examen au Sénat. Encore faut-il que votre véhicule coche les bonnes cases sur la carte grise.
Barème kilométrique 2026 : un plancher de +10 %, des gains pouvant dépasser 600 €
Techniquement, l’amendement I-3650 ne crée pas un nouveau barème kilométrique pour les salariés aux frais réels. Il fixe un socle : pour les revenus 2026, les montants du barème applicable aux voitures ne pourraient pas être inférieurs à ceux de 2025 augmentés de 10 %. Si un futur barème officiel pour 2026 se révélait plus favorable, c’est lui qui s’appliquerait. La dernière revaloristion a eu lieu en 2023, à hauteur de 5,4 %, et la brochure fiscale 2026 reprend pour l’instant ce barème, sans hausse pour les revenus 2025.
| Puissance fiscale (CV) | Barème 2025 (12 000 km) | Avec plancher +10 % | Gain (+ €) |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | 4 857 € | 5 343 € | +486 € |
| 4 CV | 5 410 € | 5 951 € | +541 € |
| 5 CV | 5 679 € | 6 247 € | +568 € |
| 6 CV | 5 945 € | 6 540 € | +595 € |
| 7 CV et plus | 6 243 € | 6 867 € | +624 € |
Pour une voiture de 5 CV qui effectue 12 000 km par an, la formule actuelle donne 12 000 × 0,357 + 1 395 €, soit 5 679 € de frais kilométriques déductibles ; avec le plancher, ce montant passerait à 6 247 €, soit un supplément de 568 €. Ce supplément se retrancherait du revenu imposable : à la tranche de 11 %, l’impôt baisserait d’environ 62 € et à la tranche de 30 %, d’environ 170 €, si le reste de la déclaration ne change pas. Un foyer non imposable n’y gagnerait rien, et seuls les contribuables qui optent pour les frais réels au lieu de l’abattement forfaitaire de 10 % sont concernés ; encore faut-il que le total de leurs frais professionnels dépasse cet abattement, sachant qu’au-delà de 40 km entre le domicile et le travail, une partie des trajets peut être refusée.
Voitures exclues, carte grise et démarches avant la déclaration de 2027
La mesure vise uniquement les véhicules qui consomment du carburant. Sont dans le périmètre les voitures à essence, diesel, hybrides ou à hydrogène, mais les voitures 100 % électriques en sont exclues, car le texte écarte les véhicules dont la source d’énergie est « exclusivement l’électricité ». Deux champs de la carte grise servent de repère : le champ P3 indique la source d’énergie, le champ P6 la puissance fiscale en chevaux (CV), qui détermine la ligne du barème à utiliser. Une voiture hybride, qui combine carburant et électricité, reste éligible au plancher, tandis que les véhicules entièrement électriques appliquent déjà un barème majoré de 20 % par rapport aux voitures thermiques et hybrides. L’exposé de l’amendement rappelle d’ailleurs que la mesure « ne concerne que les véhicules qui consomment du carburant, ceux qui subissent la hausse des prix ».
En pratique, les salariés qui utilisent leur voiture pour le travail peuvent dès maintenant préparer la future déclaration de revenus 2026, prévue au printemps 2027. Les textes recommandent de conserver de quoi prouver les kilomètres professionnels parcourus en 2026 : relevé du compteur en début et fin d’année, factures d’entretien mentionnant le kilométrage, agenda de déplacements. Le barème fixe un coût par kilomètre, mais le nombre de kilomètres doit être justifié. Il est aussi utile de vérifier la source d’énergie (P3) et la puissance fiscale (P6) de la carte grise, puis de comparer, une fois le budget 2027 adopté et promulgué, le total des frais réels 2026 à l’abattement automatique de 10 % appliqué sur le salaire. L’exposé de l’amendement chiffre le coût de ce relèvement de barème entre 250 et 400 millions d’euros pour une seule année, tandis que d’autres mesures sur les trajets domicile‑travail ont été prolongées en parallèle, comme la prime carburant exonérée jusqu’à 1 000 € pour 2026 et 2027 et la possibilité pour l’employeur de prendre en charge jusqu’à 75 % de l’abonnement de transport sans impôt ni cotisations jusqu’au 31 décembre 2029, dans l’attente du vote solennel du 3 novembre puis de l’examen par le Sénat.
En bref
- Le 15 octobre 2026, l’Assemblée nationale a adopté un amendement au PLF 2027 instaurant un plancher de +10 % sur le barème kilométrique des revenus 2026, encore en cours de navette parlementaire.
- Ce plancher profiterait aux salariés déclarant leurs frais réels avec un véhicule essence, diesel, hybride ou hydrogène, tandis que les voitures à énergie exclusivement électrique en seraient exclues selon les champs P3 et P6 de la carte grise.
- Entre gains potentiels de plusieurs centaines d’euros, règles sur la distance domicile-travail et justificatifs à conserver, l’enjeu sera de vérifier si vos trajets 2026 dépasseront vraiment l’abattement automatique de 10 %.








