Poêle à bois et brouillard : ce gaz mortel et inodore qui menace votre foyer si vous ne faites pas cette simple vérification

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Poêle à bois et brouillard : ce gaz mortel et inodore qui menace votre foyer si vous ne faites pas cette simple vérification

À la Toussaint, le brouillard s’installe et votre poêle vous tente pour le premier feu de la saison. Avant d’allumer, un simple contrôle du tirage peut éviter fumées, intoxication au monoxyde de carbone et mauvaises surprises sur votre conduit.

Le long week-end de Toussaint arrive, le bois est sec, le poêle vous attend. Dans la vallée du Rhône et les Alpes, les prévisions de Météo-France du 27 octobre annoncent pourtant un temps d’une rare tranquillité : vent moyen de 0 à 4 km/h à Grenoble, de 0 à 11 km/h à Lyon, avec du brouillard prévu jusqu’à 30 heures d’affilée à Grenoble entre samedi 7 h et dimanche 13 h. C’est exactement la météo où un poêle ou une cheminée « tire mal » et où la fumée peut revenir dans la pièce.

Derrière ce simple « feu qui fume » se cache un risque bien plus discret : le monoxyde de carbone, un gaz toxique incolore et sans odeur. L’agence régionale de santé du Centre-Val de Loire classe le brouillard parmi les situations qui diminuent le tirage des conduits et peuvent faire s’accumuler ce gaz dans les habitations, qu’elle décrit comme première cause de mortalité accidentelle par toxique en France. Tout se joue alors en quelques secondes, au moment où vous craquez l’allumette.

Brouillard, tirage et conduits : ce qui se joue quand vous rallumez le poêle

Le tirage, c’est l’appel d’air qui pousse la fumée vers le haut du conduit. Par temps calme et brumeux, il faiblit : la fumée monte moins bien, stagne, puis peut redescendre dans la pièce avec du monoxyde de carbone. Un poêle qui refoule pendant une soirée de brouillard n’a donc rien d’anodin, même si la pièce ne sent pas la fumée. Selon l’agence régionale de santé, ces épisodes s’ajoutent à d’autres causes plus classiques comme un défaut d’installation, un entretien insuffisant ou des pièces mal ventilées.

Dans ce contexte, l’état du conduit compte autant que la météo. Après la tempête Austen, certains foyers ont redécouvert à quel point ils dépendaient de leur chauffage au bois. « le plus dur c’est de ne pas voir la lumière du jour. Car on a bien sûr fermé les volets quand il y a eu l’avis de tempête. Et chez nous, tout est électrique, s’amuse la pétillante gouesnachaise. On avait un poêle à bois, mais figurez-vous qu’on l’a changé cet été pour un poêle à pellets, la tuile ! », a raconté Armelle, interrogée par Radio France. Dans les communes touchées, les mairies rappellent aussi que « pour les foyers touchés par une panne individuelle, aucun délai de rétablissement ne peut également être communiqué à ce stade ». D’où l’appel du gouvernement du Canada à se préparer, en rappelant qu’ »une tempête hivernale majeure pourrait durer des jours et rendre les déplacements difficiles ». Sur le terrain, « Tout le monde se serre les coudes, renchérit Séverine Cosquéric, la maire Gouesnac’h depuis les dernières municipales. On est là avec toute l’équipe municipale depuis vendredi, c’est normal. » La mairie du Guilvinec demande d’ailleurs de penser « à vos voisins, une personne âgée, isolée ou une famille avec de jeunes enfants, qui n’osera pas toujours demander de l’aide. »

La vérification express avant d’allumer sous le brouillard

Avant d’allumer le premier feu de la saison, deux signaux se vérifient en quelques secondes. Le premier se trouve sur la page des vigilances pollution d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes : en cas de vigilance jaune, orange ou rouge, les préfets peuvent limiter le chauffage individuel au bois non performant, comme cela a été fait le 18 décembre 2023 dans le Rhône. Aucune vigilance n’était déclenchée au 27 octobre, donc aucune interdiction liée à un pic de pollution n’était en vigueur ce jour-là, mais la décision peut tomber la veille pour le lendemain. Le second signal, c’est la fumée elle-même : à l’allumage, elle doit monter franchement dans le conduit sans revenir dans la pièce.

Vérification Geste en 10 secondes Résultat « OK » Résultat « STOP »
Vigilance pollution Ouvrir la page Atmo régionale Aucune vigilance active Vigilance en cours : reporter le feu
Arrivée d’air et grilles Vérifier qu’elles sont ouvertes et dégagées Air qui circule librement Grilles bouchées : les libérer avant
Test de fumée au démarrage Allumer petit, par le haut, observer Fumée qui monte franchement Fumée qui stagne ou retombe : éteindre
Coup d’œil au conduit Regarder la sortie depuis le jardin Sommet dégagé, éléments droits Obstruction ou élément penché : appeler un pro

Ce contrôle visuel du sommet du conduit se fait sans monter sur le toit, depuis le jardin ou le trottoir, avec des jumelles ou le zoom d’un téléphone. Quatre points suffisent : la mitre qui coiffe le conduit, la souche de cheminée, la sortie elle-même et, pour une chaudière, le terminal de ventouse en façade. Si quelque chose semble déplacé ou obstrué, le feu attendra le passage d’un ramoneur, d’un couvreur ou d’un chauffagiste. Le ramonage est obligatoir au moins une fois par an, voire deux selon les communes, pour un coût généralement compris entre 60 € et 120 €.

Élément observé Signe constaté Risque principal Qui appeler
Mitre (chapeau du conduit) Absente, penchée ou tombée Pluie, débris, fumée freinée Ramoneur avant rallumage
Sortie du conduit Branches, tuiles ou feuilles dessus Sortie partiellement bouchée Ramoneur, sans monter soi-même
Souche de cheminée Fissure, briques disjointes, penchée Fuites de fumées avant la sortie Couvreur puis ramoneur
Terminal de ventouse Ventouse tordue, grille bouchée Chaudière qui évacue mal ses gaz Chauffagiste

À l’intérieur, quelques réflexes complètent ce contrôle : ouvrir l’arrivée d’air avant d’allumer, chauffer légèrement le conduit avec du petit bois, utiliser un bois bien sec avec un taux d’humidité inférieur à 20 %, ne pas laisser le feu couver pendant la nuit, aérer 10 minutes par jour et garder les grilles de ventilation dégagées. Un millimètre de suie dans le conduit peut entraîner jusqu’à 10 % de surconsommation de bois, rappelle TotalEnergies, et un détecteur de monoxyde de carbone posé dans la pièce, sans remplacer l’entretien, permet de repérer un refoulement avant même que quelqu’un ne le sente.

Si, malgré tout, la fumée revient dans la pièce, si une odeur de brûlé apparaît ou si plusieurs personnes présentent en même temps maux de tête, nausées ou vertiges qui s’atténuent en sortant, il faut éteindre le feu si c’est possible sans danger, ouvrir portes et fenêtres en grand, sortir avec tout le monde puis appeler le 15, le 18 ou le 112. Le poêle ou la cheminée ne seront rallumés qu’après le passage d’un professionnel qualifié, surtout un soir de brouillard où le tirage reste fragile.

Sources

En bref

  • À l’approche du week-end de la Toussaint, Météo-France prévoit un épais brouillard et un vent quasi nul dans la vallée du Rhône et les Alpes.
  • Dans ces conditions, le tirage des conduits faiblit, augmentant les risques de refoulement des fumées et de monoxyde de carbone lors du premier feu de poêle ou de cheminée.
  • L’article détaille une vérification express en 30 secondes, des réflexes d’entretien et les bons gestes d’urgence pour rallumer votre poêle en sécurité sous le brouillard.
À propos de l'auteur
Gary Assouline
Gary Assouline

Journaliste, je suis responsable du pôle Audience de Reworld Media. Je rédige des articles sur Bourse Inside et sur d'autres sites du groupe comme Marie France, Pleine Vie ou Aufeminin sur les sujets de la vie quotidienne : consommation, argent, finance, société...

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