Suspension de la réforme des retraites : ce que cela change pour les carrières longues et l'âge de départ dès 2026
La suspension de la réforme des retraites, votée le 12 novembre 2025, modifie les règles pour les carrières longues. Quels sont les changements pour les générations 1964-1968 ?

Trois mois de moins à travailler peuvent bouleverser un départ à la retraite, surtout quand on a commencé tôt. Mercredi 12 novembre 2025, les députés ont validé la suspension de la réforme des retraites et un amendement ciblant les carrières longues, au coeur des préoccupations de nombreux assurés. Les grandes lignes sont posées, les conséquences concrètes varient selon l’année de naissance.
Le gouvernement annonce un allègement d’un trimestre sur la durée d’assurance requise, avec un cas particulier pour certains 1965. Sauf que l’effet est différé et l’anticipation reste conditionnée aux fameux trimestres réputés cotisés. Pour qui, à quel âge, et à partir de quand ?
Suspension et carrières longues : qui est concerné, et à partir de quand
L’Assemblée nationale a adopté un amendement gouvernemental au PLFSS 2026 étendant la suspension aux départs anticipés pour carrières longues, aux inaptitudes et invalidités, ainsi qu’aux catégories actives et super actives. Effet annoncé : un trimestre de moins à justifier pour les générations nées à compter de 1964, soit 3 mois gagnés, avec même 6 mois pour les seuls nés de janvier à mars 1965. Mais l’extension s’applique uniquement aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, ce qui laisse de côté les départs anticipés déclenchés début 2026. « Qu’est-ce qui justifie de limiter ce décalage aux départs intervenant après le 1er septembre 2026 ? », a interrogé Manuel Bompard, selon MoneyVox.
Le texte précise : « Cet amendement permet également d’avancer l’entrée en vigueur de cette mesure aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 (…). Cette date d’entrée en vigueur est nécessaire pour permettre aux caisses de sécurité sociale d’adapter leurs systèmes d’information en conséquence », indique l’amendement. Dans le camp syndical, Claude Wagner, de la CFDT-Retraités, estime ce décalage « un coup dur, un coup bas ! » et rappelle que « ils n’ont pas respecté ce délai en 2023 ». Il ajoute encore : « Le délai était de seulement 4 mois en 2023 alors qu’il s’agissait d’une réforme très conséquente ! Là c’est un “petit” changement par rapport à ce qui a été modifié en 2023. Or, en permanence, tout au long de l’année 2026, il y a des gens qui attendent pour partir en retraite anticipée ! » et conclut : « Un report de 8 mois est exagéré ».
Âge de départ et trimestres réputés cotisés : ce qui change concrètement
Pour les débuts de carrière avant 20 ans, le
décret de juin 2023 fixe un départ anticipé à 2 ans et 6 mois de
moins que l’âge légal. Avec la suspension et l’âge légal figé à
62 ans et 9 mois, cela donne, sous réserve de
l’adoption définitive de la loi :
– 1964 : 60 ans et 3 mois
– 1965 janvier à mars : 60 ans et 3 mois
– 1965 avril à décembre : 60 ans et 6 mois
– 1966 : 60 ans et 9 mois
– 1967 : 61 ans
– 1968 : 61 ans et 3 mois
Pour les carrières commencées avant 16 ans, le
départ reste possible à 58 ans si la durée est atteinte ;
avant 18 ans à 60 ans ; avant 21
ans à 63 ans, un palier qui ne s’applique pas encore car
l’âge légal est aujourd’hui de 62 ans et 9 mois.
Côté durée, les trimestres réputés cotisés requis s’alignent sur le taux plein : 170 pour les nés en 1964, 170 pour janvier à mars 1965, 171 pour avril à décembre 1965, 172 pour 1966 et suivantes. Attention, ils ne se confondent pas avec les trimestres simplement “validés” : sont comptés les périodes effectivement cotisées en France, et certaines périodes assimilées dans des plafonds précis, par exemple le service national, le chômage indemnisé, la maladie ou les accidents du travail dans la limite de 4 trimestres, la maternité, ou l’invalidité dans la limite de 2 trimestres, comme le rappelle Service-Public. Pour vérifier votre éligibilité, il faut contrôler votre relevé sur lassuranceretraite.fr, obtenir l’attestation carrière longue puis déposer la demande environ 5 mois avant la date choisie ; n’arrêtez pas de travailler avant confirmation de tous vos régimes. Au passage, Le Parisien rappelle l’ampleur du sujet chez les partants 2024 : 118 252 carrières longues sur 652 000 départs, ce qui donne d’avantage la mesure des impacts attendus.









