Réforme des retraites suspendue : quel impact sur votre âge de départ et vos trimestres selon votre année de naissance ?
La suspension de la réforme des retraites modifie l'âge de départ selon l'année de naissance. Quels sont les impacts pour les générations 1964 à 1969?

Trois mois plus tôt pour la plupart, six mois pour une partie des 1965, un calendrier spécifique pour les carrières longues : la suspension de la réforme des retraites rebat les cartes selon votre année de naissance. Votée à l’Assemblée nationale le mercredi 12 novembre 2025, elle fige temporairement des paramètres clés, tout en laissant en suspens quelques cas limites.
Concrètement, l’âge légal et la durée de cotisation sont gelés à des niveaux plus favorables que ceux prévus par la réforme de 2023, au moins jusqu’au 1er janvier 2028. Le vote a été acquis par 255 voix contre 146, et le gel des pensions en 2026 a été rejeté. Reste une question pratique aujourdhui centrale : à quel âge précis partirez-vous, et avec combien de trimestres, selon votre année de naissance ?
Âge légal et trimestres par génération : 1964 à 1969
Pour les natifs de 1964, l’âge légal est désormais de 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres à valider. Les personnes nées au 1er trimestre 1965 partent aussi à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres : un double gain de deux trimestres par rapport à la réforme Borne de 2023 (âge et durée), confirmé par plusieurs acteurs cités par l’AFP et repris par BFMTV et Sud Ouest.
Pour les natifs d’avril à décembre 1965, l’âge de départ est de 63 ans, avec 171 trimestres pour le taux plein. Les générations 1966, 1967 et 1968 partent respectivement à 63 ans et 3 mois, 63 ans et 6 mois, et 63 ans et 9 mois, avec 172 trimestres. À partir de 1969, on reste sur 64 ans et 172 trimestres, sauf nouvelle réforme après 2027. Côté finances publiques, la suspension est évaluée à 300 millions d’euros en 2026 et 1,9 milliard d’euros en 2027. En parallèle, le projet de budget 2026 prévoit de remplacer l’abattement de 10 % par un forfait de 2 000 € par personne sur les pensions : « L’abattement de 10% sur les pensions de retraite représente un coût important pour les finances publiques et comporte un effet anti-redistributif », explique l’exposé des motifs. « Ce nouveau mécanisme aura pour effet d’améliorer la situation des couples de retraités les plus modestes ».
Carrières longues et catégories actives : ce qui change au 1er septembre 2026
La suspension s’étend aux carrières longues et aux catégories actives et super-actives, avec un gain d’un trimestre pour les générations concernées. Mais elle ne s’appliquera qu’aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. D’ici là, deux repères restent décisifs : l’âge de départ anticipé fixé par décret en fonction de l’âge légal (par exemple 60 ans et 3 mois si l’âge légal est de 62 ans et 9 mois pour une carrière commencée avant 20 ans), et la durée en trimestres réputés cotisés à justifier, identique au nombre de trimestres requis pour le taux plein. « Soit les personnes (concernées par la suspension) partiront trois mois avant avec la même retraite, soit elles partiront au même moment que ce qui était initialement prévu avec une pension supérieure », détaille Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, selon TF1 Info.
Sur la date d’application, le gouvernement écrit : « Cet amendement permet également d’avancer l’entrée en vigueur de cette mesure aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 (…). Cette date d’entrée en vigueur est nécessaire pour permettre aux caisses de sécurité sociale d’adapter leurs systèmes d’information en conséquence ». Dans l’hémicycle, Manuel Bompard a demandé : « Qu’est-ce qui justifie de limiter ce décalage aux départs intervenant après le 1er septembre 2026 ? » Du côté des syndicats, Claude Wagner (CFDT-Retraités) parle d’ »un coup dur, un coup bas ». Il ajoute : « Le délai était de seulement 4 mois en 2023 alors qu’il s’agissait d’une réforme très conséquente ! Là c’est un « petit » changement par rapport à ce qui a été modifié en 2023. Or, en permanence, tout au long de l’année 2026, il y a des gens qui attendent pour partir en retraite anticipée ! » et « Un report de 8 mois est exagéré ». Côté exécutif, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou salue la méthode : « Le pari du débat fonctionne ». « Cette suspension suspend tous les paramètres jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028. Elle est un élément nécessaire de la stabilité. Le temps de la suspension doit être utile au débat démocratique. »





