Ce faux calendrier de l'Avent Sephora gratuit : l'arnaque qui piège des milliers de Français sur WhatsApp et mail

Par Paul Graph - Publié le

Un faux calendrier de l'Avent Sephora gratuit circule sur WhatsApp, promettant une offre alléchante. Découvrez comment cette arnaque fonctionne et comment vous protéger.

Ce faux calendrier de l’Avent Sephora gratuit : l’arnaque qui piège des milliers de Français sur WhatsApp et mail

Un message qui promet un calendrier de l’Avent Sephora gratuit tombe dans votre boîte mail ou sur WhatsApp : l’offre semble idéale, pile pour la saison. Entre promesse de zéro dépense et engouement réel pour ces coffrets beauté, tout pousse à cliquer vite.

Depuis plusieurs jours, des milliers d’envois circulent et renvoient vers un site à l’apparence très convaincante. Le procédé exploite la rareté affichée, les avis flatteurs et un mini paiement qui met en confiance. Le piège est plus subtil qu’il n’y paraît.

Arnaque au calendrier de l’Avent Sephora gratuit : phishing sur WhatsApp et mail

Le scénario revient souvent : une “invitation” à participer à la promotion du “calendrier de l’Avent Sephora 2025” présente l’objet comme gratuit, puis demande de partager l’offre à ses proches. Après quelques questions marketing, un formulaire vous invite à payer de prétendus frais d’envoi de 2 €. À ce stade, l’objectif est de récupérer vos coordonnées bancaires. Le modèle de base officiel coûte 55 euros ; l’offre gratuite n’existe pas.

Les pages frauduleuses copient la charte visuelle de l’enseigne ; logos, couleurs, mise en page. Pour accélérer votre clic, un compteur d’exemplaires restants et une avalanche d’avis flatteurs finissent le travail. La campagne se décline avec d’autres marques très demandées, comme Pandora ou Dyson, notamment à l’approche du Black Friday. Le fait que le lien arrive par un proche renforce la confiance, ce qui élargit la propagation de ce phishing.

Reconnaître le faux site, l’URL avec @ et agir vite

Plusieurs indices trahissent ces opérations. D’abord, la pression du stock limité et des avis de masse : certaines pages affichent des dizaines de milliers d’évaluations et une note moyenne de 4,8 sur 5. Ensuite, l’astuce du lien : des escrocs insèrent le nom de la marque au début de l’adresse puis une arobase, ce qui donne l’illusion d’un domaine légitime. Le véritable nom de domaine se lit après le dernier point, pas avant l’URL avec @. Enfin, l’obligation de partager l’“offre” pour continuer est un classique de l’hameçonnage viral.

Si vous avez cliqué ou payé, gagnez du temps et enclenchez les bons réflexes.

  • Faire opposition immédiatement sur votre carte et prévenir votre banque.
  • Signaler l’arnaque sur Signal Conso et sur les canaux dédiés : Signal Spam, Pharos, 33700 ou internet-signalement.gouv.fr ; prévenez aussi vos contacts pour stopper la diffusion.
  • Porter plainte, notamment si des débits sont apparus, et conserver preuves et captures.
  • Demander l’accompagnement de Cybermalveillance.gouv.fr pour les démarches et conseils.
  • Surveiller vos comptes, activer les notifications de paiement, et changer les mots de passe réutilisés.

Comment s’en protéger, en ligne et à domicile ?

Avant de saisir une carte sur un site : vérifier l’adresse complète, fermer la page et saisir vous‑même l’URL de la marque, se méfier des “frais d’envoi” symboliques, et ne jamais cliquer depuis une messagerie. L’enseigne n’organise pas de distribution gratuite via messages privés. Pour limiter l’impact d’un vol de coordonnées, vous pouvez aussi utiliser une carte en ligne avec un montant maximal. Ces gestes simples font la différence, parmis d’autres bonnes pratiques.

Hors ligne, une autre arnaque refait surface pendant les fêtes : la vente de calendriers “associatifs” au domicile, avec vol d’argent ou d’objets lors d’un moment d’inattention. « En l’espace d’une semaine, nous avons eu deux ou trois cas. Il y a eu une véritable recrudescence sur l’ensemble du mois d’octobre cette année, » déplore Gwenn Vincent, commandant de la brigade de Neuf-Brisach, dans le Haut-Rhin, auprès de France 3 Grand Est. « Dans ce cas, c’étaient deux jeunes. L’un commence par vendre son calendrier pendant que l’autre demande à aller boire un verre d’eau ou à aller aux toilettes. Forcément, même si la personne se montre prudente, à un moment, il y a le moment d’inattention qui laisse aux voleurs le temps de passer à l’action, » relate le commandant.

Les cibles sont souvent des seniors, notamment dans des communes rurales. « Dans la plupart des cas, ce sont des personnes âgées qui sont visées, souvent dans les petits villages, » affirme Rodolphe Woerth, capitaine adjoint à la compagnie de gendarmerie de Colmar. « Nous signalons systématiquement aux maires de ces communes que ce genre de vol peut avoir lieu, ensuite les élus vont en parler à leurs administrés, notamment les personnes âgées, » a-t-il expliqué. Ne laissez entrer personne sans vérification, demandez une carte professionnelle, et contactez la mairie ou la gendarmerie en cas de doute.