Réformes 2025-2026 : ce qui change pour le RSA, l'ASPA et les retraites, et l'impact sur votre pouvoir d'achat

Par Paul Graph - Publié le

Les réformes économiques et sociales autour du RSA, de l'ASPA et des retraites suscitent de vifs débats. Quels changements pour 2025 et 2026 ?

Réformes 2025-2026 : ce qui change pour le RSA, l’ASPA et les retraites, et l’impact sur votre pouvoir d’achat

Entre le RSA, l’ASPA et les retraites, la mécanique bouge en même temps que les textes budgétaires. 2025 a fixé des montants, tandis que 2026 se joue au Parlement, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des ménages modestes.

Pour celles et ceux qui ont longtemps vécu avec le RSA, l’enjeu est concret à l’âge de la retraite : que garantit l’ASPA, comment se calcule-t-elle, et qu’annoncent les débats sur un éventuel gel ou dégel des minima sociaux. La suite change tout.

RSA, ASPA et retraites 2025 : règles et montants

Le système reste contributif : le RSA est une aide sociale qui ne génère ni cotisations vieillesse ni trimestres validés. En l’absence de droits contributifs, le filet de solidarité prend la forme de l’ASPA à partir de 65 ans, sous conditions de résidence stable en France et de ressources. Le basculement met fin au RSA, l’ASPA n’étant pas une pension mais une allocation différentielle versée chaque mois après instruction du dossier auprès de la CARSAT ou du CCAS.

En 2025, les plafonds atteignent 1 034,28 € par mois pour une personne seule et 1 605,73 € pour un couple. Le calcul est différentiel : sans autre revenu, l’allocation rejoint le plafond ; avec un petit revenu, l’État complète pour atteindre ce niveau. Exemple rappelé dans les textes fournis : si une personne seule perçoit 150 € par ailleurs, l’ASPA couvre 884,28 € pour atteindre 1 034,28 €. Le versement est mensuel et suit une revalorisatoin annuelle indexée sur le coût de la vie ; tout changement de situation doit être signalé pour préserver l’éligibilté.

Budget 2026 : gel, dégel et ce que disent les élus

L’Assemblée nationale a très largement rejeté le gel des pensions et des minima sociaux en supprimant l’article concerné en première lecture, par 308 voix contre 99. Le texte initial prévoyait un gel 2026 des retraites de base et des prestations comme les allocations familiales, le RSA ou les APL, pour 3,6 milliards d’économies, « l’un des plus gros enjeux », a rappelé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail. Des économies à plus long terme étaient aussi inscrites avec une sous indexation des pensions de 0,9 point en 2027 puis 0,4 point jusqu’en 2030, le rabot 2027 étant justifié par la suspension de la réforme des retraites. « Cette année, blanche sur les prestations sociales, c’est ce que vous pouviez imaginer de pire », a critiqué Sandrine Rousseau, selon MoneyVox.

Les positions se sont précisées au fil des échanges. « C’est une mesure de violence sociale », a dénoncé Anaïs Belouassa-Cherifi. Fin octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’était dit « favorable à regarder l’ensemble des amendements qui viendront dégeler les pensions de retraite de notre pays (et des) minimas sociaux », a-t-il déclaré. « C’est la représentation nationale (…) qui a tordu le bras au gouvernement », a pointé Christophe Bentz. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin s’est dite « défavorable » à supprimer l’ensemble de la mesure, et a ajouté : « nous pouvons très bien avoir un gel des allocations familiales pour les foyers les plus aisés ». Le rapporteur général du budget Thibault Bazin a, lui, suggéré : « Entre un gel total et un dégel total il pourrait y avoir une solution », « avec les partenaires sociaux », « uniquement pour 2026 ». Concrètement, en cas de dégel confirmé, le RSA serait revalorisé à hauteur de l’inflation en 2026, soit +0,9 % : le montant forfaitaire pour une personne seule passerait de 646,52 € à 652,34 € dès avril 2026, et après forfait logement, le montant réellement perçu atteindrait 574,06 €.