Duralex : 19 M€ levés pour transformer la verrerie en Scop et diversifier vers le B2B et la déco maison
Duralex, célèbre verrerie du Loiret, a levé 19 millions d'euros pour financer sa diversification. Quels nouveaux horizons s'ouvrent à l'entreprise ?

Une levée de fonds hors norme vient de rebattre les cartes chez Duralex. Reprise en Scop à l’été 2024, la verrerie du Loiret, basée à La Chapelle‑Saint‑Mesmin, s’apprête à élargir son terrain de jeu au delà des arts de la table grâce à un élan citoyen inédit.
Lancée le 3 novembre, la levée de fonds a réuni 19 millions d’euros de promesses d’investissement auprès de 22 751 personnes. « On est sur un nuage », a confié François Marciano, directeur général de la Scop Duralex, sur RTL. « Ce sont principalement des particuliers, des Français qui veulent sauver leur usine. Ils veulent sauver leur madeleine de Proust », a-t-il indiqué. Et maintenant ?
Duralex : 19 M€ de promesses pour financer la diversification
« Duralex n’a aucune dette », a tenu à préciser François Marciano. « Aujourd’hui, le seul emprunt qu’on a fait au départ, il est de 4 millions. On a encore 3,6 millions à rembourser. C’est la vie classique d’une entreprise », a-t-il ajouté. Dans l’immédiat, l’AMF autorise l’encaissement de 4 millions d’euros issus de ces promesses, disponibles d’ici la fin du mois de novembre.
« On a réveillé cette année Duralex, maintenant, il va falloir transformer Duralex », a lancé le dirigeant. Cap sur la diversification : « On va se diversifier. Duralex demain va fabriquer tout ce qui est en verre dans une maison, hormis les vitres, par exemple une patère pour accrocher ses vêtements », a dévoilé François Marciano. Le plan produit se cale sur une réalité industrielle assumée, après des années sans nouveauté. « Depuis 1997, il n’y avait pas de nouveautés. On va, sur ces 5 millions, utiliser 2,5 millions pour investir dans des nouveaux produits. L’autre moitié va servir à investir dans des machines pour aller prendre des parts de marché B2B« , a détaillé le patron, avec un premier débouché cité, les pots de moutarde.
Concrètement, la levée de fonds doit financer les postes suivants :
- 2,5 M€ pour des nouveaux produits destinés à compléter la gamme maison en verre.
- 2,5 M€ pour des machines afin de conquérir des marchés B2B, dont les pots de moutarde.
- Modernisation et remise aux normes du site de La Chapelle‑Saint‑Mesmin pour gagner en productivité et relancer des gammes déco.
Nouveaux produits, B2B et calendrier d’encaissement
La collecte a été organisée via Lita sous forme de titres participatifs accessibles dès 100 euros, placement rémunéré annoncé à 8 % bruts par an sur sept ans, non garanti. Pour ouvrir largement la participation, un plafond de 1 000 euros par personne a été appliqué lors de la pré‑collecte, vite suspendue face à un afflux déja massif. « On n’en revient pas, on est à près de 20 millions d’euros d’intentions de financement en 48h, c’est énorme ! », a réagi François Marciano. « On réfléchit à faire une cagnotte, on reçoit tellement de chèques à l’usine, qu’on ne peut pas encaisser parce qu’on est une entreprise », a-t-il aussi expliqué.
Cette dynamique soutient la feuille de route : investir dans des moules et lignes qui permettront de produire « tout ce qui est en verre dans une maison » et d’ouvrir des débouchés en décoration, tout en sécurisant des volumes en B2B. Côté activité, la verrerie vise 33 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année et l’équilibre à 35 millions d’euros, avant une cible de 39 millions d’euros à l’horizon 2030. « On est dans la stratosphère, vous n’imaginez pas ! », s’est-il réjoui. Les titres participatifs seront remboursés selon l’évolution future de l’entreprise.









