Déficit public 2026 : pourquoi un niveau de 5 % du PIB inquiète économistes et politiques, "La situation est préoccupante"

Par Paul Graph - Publié le

Le déficit public 2026 pourrait atteindre 5%, dépassant l'objectif de 4,7%. Quels impacts sur la croissance, la dette et l'équilibre politique à l'Assemblée?

Déficit public 2026 : pourquoi un niveau de 5 % du PIB inquiète économistes et politiques, « La situation est préoccupante »

Un avertissement budgétaire remet la pression sur la trajectoire publique : en l’état des échanges au Parlement, le déficit public 2026 pourrait se situer aux alentours de 5 % du PIB. Un niveau qui relance la question des marges de manoeuvre alors que l’exécutif affiche une trajectoire de retour sous la barre.

Entre un objectif à 4,7 % et des charges d’intérêt appelées à grimper à 74 milliards d’euros en 2026, l’équation se durcit. Le gouvernement dit être “sur le chemin” d’un déficit de 5,4 % en 2025, mais l’écart pour l’an prochain alimente déjà les arbitrages à l’Assemblée. Le moment de vérité approche.

Déficit public 2026 : pourquoi 5 % pèse sur l’économie

« On est aux alentours de 5 % du PIB alors qu’on devrait être sous les 5 %. Notre objectif reste 4,7 %. Ce n’est pas un fétichisme ! Tous les efforts qu’on ne fera pas en 2026, il faudra les réaliser en 2027, 2028 ou 2029. Il faut arrêter d’augmenter la dette, et ce au plus vite, car elle génère des charges d’intérêt, à hauteur de 74 milliards d’euros en 2026. Je le dis aux députés : le déficit ne va pas disparaître par magie », a déclaré Amélie de Montchalin dans un entretien au Parisien.

Ce cadrage signifie des moyens captés par la dette et moins disponibles pour d’autres priorités. Sur l’exécution 2025, des ajustements ont été opérés : 3 milliards d’euros de crédits supplémentaires ouverts et 4,2 milliards d’euros annulés, après un décret d’avril ayant déjà annulé 3,1 milliards d’euros. Côté recettes, les rentrées de TVA déçoivent alors que la consommation en valeur a augmenté de 1,6 % ; « La situation est préoccupante », a reconnu la ministre, qui a mandaté une mission confiée à l’Inspection générale des finances, la Direction générale des entreprises et l’Insee pour éclairer cette dynamique. Apparement, le moindre rendement de TVA complique encore l’atteinte de la cible.

Budget 2026 : les enjeux politiques à l’Assemblée

Le débat parlementaire s’organise autour des économies et des amendements à impact financier, sur fond d’objectif fixé pour 2026. « Nous sommes sur le chemin de tenir l’objectif qui a été fixé dans un cadre très particulièrement, celui d’une commission mixte paritaire conclusive », a déclaré Amélie de Montchalin le 12 novembre devant la commission des finances du Sénat. « Je crois qu’être capable de tenir un objectif de finances publiques, après des années très compliquées, est le signe que nous pouvons y arriver », a-t-elle insisté.

Dans le périmètre de l’État, « Il n’y a donc aucune coupe dans les budgets des ministères, ni dans les prestations », a défendu la ministre. Reste que, pour la Sécurité sociale, l’objectif de 17,5 milliards d’euros de déficit a été largement dépassé après le passage du texte à l’Assemblée. Le cap budgétaire du Budget 2026 s’écrira au fil des votes à l’Assemblée nationale, avec en toile de fond la cible de 4,7 % et le poids des charges d’intérêt déjà attendu à 74 milliards d’euros en 2026.