Ce simple oubli peut suspendre votre pension : les retraités à l'étranger sous haute surveillance en 2025
Les retraités vivant à l'étranger font face à des contrôles renforcés pour prouver leur existence et éviter la suspension de leur pension. Découvrez comment ces nouvelles mesures administratives pourraient affecter vos droits à la retraite en 2025.

Une convocation venue de votre banque. Dans les prochains mois, des retraités vivant hors de France vont devoir prouver leur existence pour continuer à percevoir leur pension complémentaire. Les contrôles s’intensifient, les méthodes évoluent, et l’administration affine ses vérifications.
La Cour des comptes a ciblé les retraités installés à l’étranger, environ 1 million de personnes. La majorité réside en Algérie, au Portugal, en Espagne, en Italie, au Maroc et en Belgique, et de nouveaux dispositifs viennent confirmer les droits, parfois par reconnaissance via smartphone. Un simple oubli peut tout bloquer.
Agirc-Arrco, certificat de vie et convocations : ce qui peut suspendre votre pension
En Algérie, le régime complémentaire Agirc-Arrco va s’appuyer sur un partenaire bancaire pour convoquer les assurés. « À compter de 2025, en Algérie, 16 % des retraités seraient annuellement convoqués, dont 97 % par un partenaire bancaire algérien, prestataire de la fédération Agirc-Arrco, ecrit la Cour des comptes. Cette dernière prévoit de convoquer par ce biais 60 000 retraités par an, ce qui permettra de contrôler l’ensemble des retraités résidant en Algérie en six ans », a écrit la Cour des comptes, selon L’Internaute. La convocation viendra de la banque, avec obligation de s’y présenter pour confirmer son existence, sous peine de suspension de pension.
Ces campagnes suivent des tests où près d’un quart des retraités convoqués ont finalement perdu leur pension. Les contrôles vont aussi se renforcer au Maroc, en Tunisie et en Turquie. Outre les rendez-vous physiques, des solutions numériques apparaissent, dont la reconnaissance faciale sur smartphone, et des échanges de données entre caisses étrangères. La Caisse nationale d’assurance vieillesse chiffre la fraude aux retraites versées à l’étranger à 50 à 60 millions d’euros par an. « Ce n’est pas un enjeu majeur en termes de finances publiques, mais ça va malgré tout renforcer la confiance dans le système. […] Le symbole est très important et il est d’autant plus important, qu’on demande des efforts à nos concitoyens et face à cela on doit être intraitables avec ceux qui essaient de frauder », a indiqué le directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse.
Périodes à l’étranger, +2,2 % au 1er janvier 2025 et calcul après 67 ans : l’impact sur votre pension
Autre écueil fréquent : les années travaillées hors de France qui n’apparaissent pas sur le relevé de carrière. Des périodes « fantômes » liées à des démarches incomplètes (contrats manquants, attestations non fournies, statut d’expatrié/détaché mal documenté, absence d’accord international mobilisé) peuvent coûter cher, avec une décote qui grimpe, souvent autour de 5 % par année manquante. Un dossier mal monté peut faire disparaître jusqu’à 20 trimestres ou plus, avec un impact immédiat sur le montant mensuel. Pour éviter ces trous, l’Agirc-Arrco organise du 1er au 6 décembre 2025 les « Rencontres retraite » en Occitanie, près de 2 000 entretiens pour vérifier parcours et pièces. « Avec cette première édition des ‘Rencontres retraite’, nous réaffirmons notre engagement à informer et à accompagner les assurés dans la préparation de leur future retraite. Grâce à la mobilisation de nos conseillers, chacun peut trouver une réponse adaptée à ses besoins. Nous encourageons tous les futurs retraités à profiter de cette opportunité pour anticiper leur retraite en toute sérénité », explique François-Xavier Selleret, Directeur général de l’Agirc-Arrco.
Contexte chiffré : fin 2023, la France compte 17,2 millions de retraités de droit direct, dont 12,6 millions touchent une complémentaire Agirc-Arrco. La pension mensuelle moyenne de droit direct des résidents s’élève à 1 666 euros bruts, soit 1 541 euros nets. Au 1er janvier 2025, les pensions de base sont revalorisées de 2,2 %. Côté calcul, après 67 ans, si vous n’avez pas le nombre de trimestres requis pour le taux plein, votre durée d’assurance auprès de l’Assurance retraite est majorée de 2,5 % par trimestre écoulé au-delà de 67 ans, ce qui augmente la pension de base. Exemple de l’administration : une personne née en 1964 qui n’aurait que 160 trimestres à 67 ans peut attendre ; un trimestre supplémentaire fera grimper sa durée d’assurance de 4 trimestres. Mieux vaut vérifier imméditatemment son relevé et régulariser les périodes à l’étranger avant toute liquidation.





