Retraités : ces frais bancaires cachés qui grèvent votre budget, comment les éviter dès maintenant ?
À la retraite, les frais bancaires cachés peuvent grignoter vos économies. Découvrez comment la loi Eckert et des outils pratiques peuvent vous aider à les éviter.

À la retraite, les mouvements sur le compte se raréfient, les automatismes changent et des petites lignes deviennent visibles. Les **frais bancaires** oubliés ou mal compris s’invitent alors sur les relevés, parfois pendant des mois. En 2025, plus de 6 milliards d’euros dormaient sur des comptes et livrets inactifs en France, selon BFM TV. Une somme qui dit bien le risque d’oubli et le prix qui l’accompagne.
Entre **compte inactif**, packages devenus inutiles, procurations mal cadrées ou **frais de succession**, les postes à surveiller ne manquent pas. Le cadre légal a évolué, des outils publics existent, et quelques gestes évitent des dépenses évitables. Un détail oublié suffit.
Comptes inactifs et loi Eckert : le piège qui coute cher
Laisser un compte ou un livret sans mouvement expose à des frais spécifiques. Un **compte courant** est considéré inactif après 12 mois sans manifestation de votre part, un **livret d’épargne** après 5 ans. À partir de là, votre banque peut appliquer des **frais pour compte inactif**, plafonnés depuis 2016 à 30 € par an. Et si le compte reste ouvert, les **frais de tenue de compte** continuent aussi de courir selon la tarification de l’établissement.
La **loi Eckert** encadre le devenir de l’argent oublié. Les banques doivent recenser chaque année les comptes inactifs, **informer par courrier** les titulaires ou ayants droit de leur inactivité, puis, au delà de 10 ans d’inactivité (ou 20 ans pour un **PEL**), **transférer le solde à la Caisse des Dépôts**. Après 10 ans d’inactivité, la banque a l’obligation de clôturer le compte et d’envoyer les fonds à la CDC. Pour récupérer l’argent, la démarche passe par **Ciclade.fr**. En cas de décès, le délai de transfert à la CDC est de 3 ans. Le réflexe simple : faire l’inventaire de tous ses comptes, réactiver ceux à conserver et **clôturer** le reste.
Forfaits bancaires et procurations : où se cachent les frais après 60 ans
Beaucoup de retraités gardent un package taillé pour la vie active. Or certaines options deviennent superflues : **carte premium**, **assurance pour chéquier** inutilisé, **option voyage**, **paiement à l’étranger**, **paiement sur téléphone**. Inutile de payer des **cotisations** qui ne servent plus. D’après une étude citée par Money Vox, les **frais de tenue de compte** s’établissent en moyenne à 36,42 € par an. Une ligne facile à réduire en simplifiant l’offre, voire en changeant d’établissement après comparaison sur le site officiel tarifs-bancaires.gouv.fr.
Autre point de vigilance, la **procuration bancaire**. Utile pour se faire aider, elle peut exposer à des abus de confiance ou à des détournements si elle n’est pas limitée dans le temps ou dans son périmètre. Mieux vaut préciser les plafonds, les comptes concernés et prévoir un suivi régulier des opérations, surtout si la procuration est large.
En pratique, ciblez en priorité :
- Frais de tenue de compte et packages trop fournis par rapport à vos usages.
- Frais pour compte inactif (plafond 30 €) sur les comptes ou livrets oubliés.
- Carte premium, assurances et options qui ne correspondent plus à votre quotidien.
- Services « voyage » ou **paiements à l’étranger** facturés mais peu utilisés.
- Assurances sur moyens de paiement doublonnantes avec d’autres contrats.
Frais de succession plafonnés et accès Ficoba : ce que les retraités doivent savoir
À compter du 13 novembre 2025, les **frais bancaires de succession** seront encadrés : plafonnés à 1 % des soldes et produits d’épargne du défunt, sans pouvoir excéder 850 €. Trois cas de gratuité sont prévus : quand les comptes étaient détenus par une personne mineure ; quand le total des avoirs est inférieur à 5 910 € ; et quand les héritiers présentent un acte de notoriété ou une attestation signée par tous, sans complexité manifeste du dossier. Ce plafond sera revalorisé chaque 1er janvier selon l’inflation hors tabac. Utile à anticiper avec son conseiller et le notaire pour éviter toute mauvaise surprise.
Côté versement des pensions, la **Cnav** et la **Carsat** ont désormais accès au **Ficoba**, le fichier national des comptes. Objectif : fiabiliser les coordonnées bancaires et la lutte contre la fraude. Des « évolutions techniques de la base Ficoba », a indiqué l’Assurance retraite, citée par Previssima, permettront une mise à jour plus fréquente des données et un accès plus rapide aux informations. En 2024, l’organisme a comptabilisé 160 millions d’euros de « préjudices frauduleux et/ou fautifs évités ou subis ». L’accès Ficoba reste encadré : les caisses voient l’établissement, l’identité du titulaire, le numéro et le type de compte, pas les soldes ni les transactions. À terme, l’envoi d’un RIB lors d’un changement de compte devrait devenir moins systématique. La **CNIL** rappelle que les données peuvent être conservées jusqu’à 10 ans après la clôture d’un compte.





