Hausse de la CSG en 2026 : comment les retraités peuvent éviter le saut de tranche grâce à leur RFR 2024 ?
En 2026, la CSG des retraités pourrait connaître des changements significatifs. Entre gel du barème et hausse des pensions, qui sera concerné par une hausse de taux ?

CSG des retraités : 2026 s’annonce comme une année charnière. Entre un possible gel du barème et la prise en compte des revenus 2024, de nombreux foyers pourraient changer de taux. Beaucoup veulent déjà savoir s’ils resteront exonérés, s’ils basculeront au taux réduit de 3,8 % ou s’ils passeront aux 6,6 % ou 8,3 %.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 est en navette parlementaire, avec un vote solennel attendu au Sénat puis une fin de parcours à la mi-décembre. Gel du barème, extension du lissage, hausse de la CSG sur les revenus du capital ; plusieurs curseurs bougent. La vraie question est simple : votre RFR 2024 vous fait-il changer de palier ?
CSG retraite 2026 : gel du barème, +5,3 % de pensions et risque de saut de tranche
Le gel du barème en 2026 est incertain. Les députés l’ont supprimé, la commission des Affaires sociales du Sénat propose de le rétablir. En l’absence de gel, les seuils 2026 seraient relevés d’environ 1,8 % (hausse moyenne des prix 2024). Mais, gel ou pas, beaucoup de retraités paieront davantage en 2026, car le taux dépendra des revenus 2024, année marquée par la plus forte revalorisation de pensions depuis 20 ans : +5,3 % au 1er janvier.
En pratique, c’est l’écart entre la hausse des pensions 2024 (+5,3 %) et la revalorisation potentielle des seuils (1,8 %) qui fait « sauter de tranche ». Repères utiles : barème 2025 en métropole pour 1 part fiscale, exonération à 12 817 € de RFR, 3,8 % entre 12 818 et 16 754 €, 6,6 % entre 16 755 et 26 003 €, 8,3 % au-delà de 26 004 €. Pour 2 parts, exonération à 19 661 €, 3,8 % entre 19 662 et 25 702 €, 6,6 % entre 25 703 et 39 885 €, 8,3 % au-delà de 39 886 €. Si les seuils 2026 étaient relevés de 1,8 %, l’exonération monterait à 13 047 € (1 part) et 20 015 € (2 parts). À l’inverse, si le barème était gelé, les seuils 2025 seraient reconduits en 2026, ce qui amplifierait les bascules.
Seuils d’exonération, taux 0 %, 3,8 %, 6,6 %, 8,3 % : comment vérifier votre taux 2026
L’exonération totale s’applique sous certains plafonds de RFR, variables selon les parts fiscales. En 2025, une personne seule est exonérée à 12 817 € ; un couple (2 parts) à 19 661 €. En scénario 2026 revalorisé de 1,8 %, ces plafonds deviendraient 13 047 € et 20 015 €. L’exonération couvre aussi la CRDS (0,5 %) et la Casa (0,3 %). Au taux réduit de 3,8 %, la CRDS est due mais pas la Casa. Aux taux de 6,6 % ou 8,3 %, CRDS et Casa sont prélevées. Les bénéficiaires de l’Aspa ou de l’ASI sont exonérés d’office de CSG, CRDS et Casa.
Pour anticiper 2026, tout se joue sur votre avis d’imposition 2025 ; il affiche le RFR 2024 qui sert de base aux caisses. Le taux s’applique à compter de janvier, avec parfois une régularisation technique en fin de premier trimestre sur les retraites complémentaires.
- Munissez-vous de votre avis d’imposition 2025 ; repérez le RFR 2024 et vos parts fiscales.
- Comparez-le aux seuils 2025, puis aux seuils 2026 en cas de revalorisation à 1,8 % ou de gel.
- Si vous franchissez vers 6,6 % ou 8,3 %, vérifiez la règle du lissage sur deux années.
- Consultez vos espaces en ligne Assurance retraite et Agirc-Arrco pour le détail des prélèvements.
Contexte budgétaire lié au PLFSS : le gouvernement finance l’élargissement de la suspension de la réforme des retraites par une hausse ciblée de CSG sur les revenus du capital. « 300 millions en 2026 puis 1,9 milliard en 2027 », a précisé Jean-Pierre Farandou. « C’est à peu près 20% de personnes supplémentaires », a-t-il ajouté, selon BFMTV. Et sur les recettes attendues : « Il y a 1,4 point de CSG supplémentaire qui rapporte 2,7 milliards ».
Lissage CSG : hausse immédiate ou étalée sur deux ans ?
Depuis 2019, la loi prévoit un mécanisme de lissage pour éviter une hausse brutale. Le passage du taux réduit de 3,8 % vers 6,6 % ou 8,3 % ne s’applique que si le seuil correspondant est dépassé deux années de suite. En clair, si votre RFR n’a franchi le seuil qu’une seule année, vous conservez le 3,8 % l’année suivante. À ce jour, pas de lissage quand on passe de 0 % à 3,8 % ni de 6,6 % à 8,3 % ; ces deux bascules s’appliquent immédiatement.
Un amendement adopté à l’Assemblée nationale étend le lissage à tous les franchissements de seuils. Il doit encore être confirmé au Sénat. Le calendrier de la navette prévoit un vote au Sénat fin novembre puis une adoption finale attendue vers la mi-décembre. D’ici là, chacun peut estimer l’impact 2026 avec son RFR 2024. Et, parmis les foyers qui frôlent une limite, la règle des deux années restera décisive.





