Argent qui dort sur les comptes courants : faites-vous partie des 550 millions qui ne rapportent rien ? ce que Teddy Dewitte conseille dès maintenant

Par Paul Graph - Publié le

En France, des centaines de milliards d’euros dorment sur des comptes courants non rémunérés, alors que l’inflation grignote votre épargne. Jusqu’où ce réflexe de prudence met-il en danger votre pouvoir d’achat ?

Argent qui dort sur les comptes courants : faites-vous partie des 550 millions qui ne rapportent rien ? ce que Teddy Dewitte conseille dès maintenant

Vous avez peut-être l’impression de faire « comme tout le monde » en laissant une bonne partie de votre argent sur votre compte courant, prêt à être utilisé en cas de coup dur. Sauf que cette habitude très répandue crée aujourd’hui une montagne d’argent qui dort sur les comptes bancaires, alors même que l’inflation grignote silencieusement le pouvoir d’achat. En toile de fond, les taux d’épargne restent élevés, mais une partie considérable de ces sommes ne rapporte tout simplement rien.

Sur BFM Business, le 20 novembre, Teddy Dewitte, directeur général délégué de la société de gestion Flornoy, a tiré la sonnette d’alarme. Pour lui, le fait de laisser son argent sur un compte courant qui ne rapporte rien est une erreur majeure, d’autant qu’il estime que près de 550 millions d’euros dorment aujourd’hui sur des comptes-chèques, sans aucune rémunération. « La plus grosse erreur », affirme-t-il, en rappelant qu’une meilleure rémunération sur de grosses sommes pourrait changer la donne pour beaucoup de clients. De quoi se demander si votre propre argent ne fait pas partie de cette masse qui ne travaille pas pour vous.

Argent qui dort sur les comptes courants : un réflexe de prudence très coûteux

Pour Teddy Dewitte, ce comportement n’a rien d’irrationnel au départ. Il y voit d’abord une prudence exacerbée et une véritable peur du risque chez de nombreux épargnants français. Cette inquiétude reste forte alors même que l’inflation est revenue à un niveau relativement modéré, autour de 1,2 %. Autrement dit, le contexte ne justifie plus vraiment de laisser des montants importants totalement inactifs, mais la peur de « mal faire » l’emporte encore souvent.

En parallèle, les chiffres de la Banque de France montrent à quel point ce réflexe est massif : plusieurs centaines de milliards d’euros sont aujourd’hui placés sur des comptes courants non rémunérés. Selon ces statistiques, environ 742,7 milliards d’euros dorment ainsi sur les comptes à vue des ménages, alors que ces dépôts ne génèrent aucun rendement pour leurs détenteurs. La situation décrite par Teddy Dewitte, avec près de 550 millions d’euros immobilisés sans rémunération, ne serait donc que la partie émergée d’un phénomène bien plus large.

Pourquoi laisser son argent sur un compte courant ne rapporte rien

Le compte courant reste l’outil central du quotidien : salaires, virements, prélèvements, dépenses par carte, tout transite par lui. En France, il n’est presque jamais rémunéré, car il est conçu comme un simple support de transaction, et non comme un produit d’épargne. Pendant ce temps, les banques peuvent replacer une partie de ces dépôts et en tirer des interets supplémentaires, alors que le particulier, lui, ne perçoit rien sur ces sommes qui restent pourtant parfois des mois, voire des années, sans bouger.

Sur BFM Business, Teddy Dewitte a détaillé les « pièges » dans lesquels tombent les épargnants. En tête de liste, donc, l’argent laissé sur le compte courant, qu’il considère comme « La plus grosse erreur ». Mais il pointe aussi une autre forme de faux confort : la tendance à se réfugier massivement dans des placements sans risque, comme les fonds monétaires, les dépôts à terme, les livrets bancaires traditionnels ou encore le Livret A. Toutes ces solutions présentent, selon lui, « une rentabilité très faible ». Même les fonds en euros des contrats d’assurance vie, longtemps considérés comme le refuge sûr par excellence, affichent un rendement qui « baisse ». D’où son appel aux épargnants à privilégier davantage les unités de compte et à « booster les nouvelles souscriptions » vers des supports plus dynamiques lorsque leur profil le permet.

Que faire concrètement de l’argent qui dort sur votre compte bancaire ?

Le diagnostic posé par Teddy Dewitte va plus loin que le simple niveau de risque. Il estime que les Français ont, pour beaucoup, une vision trop court-termiste de l’épargne. Ils cherchent des placements dont le rendement se voit vite, mais acceptent en réalité des produits « peu rémunérateurs », justement parce qu’ils gardent la possibilité de récupérer leur argent du jour au lendemain. À l’inverse, les investissements pensés sur le temps long permettent, selon lui, des gains bien plus significatifs, à condition d’accepter une certaine volatilité en cours de route.

La clé, dans son discours, tient donc en deux mots : durée et diversification. L’idée n’est pas de vider totalement son compte courant, mais de distinguer clairement ce qui relève de la trésorerie de sécurité et ce qui peut, raisonnablement, être investi autrement. Une fois ce « matelas » de précaution déterminé, l’excédent peut être réorienté progressivement vers d’autres supports, en combinant plusieurs solutions plutôt que tout concentrer au même endroit :

  • des livrets d’épargne ou dépôts à terme pour l’argent dont on pourrait avoir besoin à court terme,
  • des fonds en euros pour une épargne plus stable mais destinée à rester investie plusieurs années,
  • des unités de compte via l’assurance vie pour rechercher un rendement supérieur sur le long terme,
  • éventuellement des fonds monétaires pour gérer une phase de transition sans rester sur le compte courant.

Dans cette logique, l’important est de ne plus laisser l’argent qui dort sur les comptes courants par simple réflexe ou par peur de se tromper. Teddy Dewitte insiste sur la nécessité de « préférer la diversification des investissements » plutôt que de placer l’ensemble de son épargne au même endroit, qu’il s’agisse du compte-chèques, d’un seul livret ou d’un unique contrat. En répartissant mieux entre court, moyen et long terme, une partie de cette épargne aujourd’hui immobile peut commencer à travailler réellement pour ses détenteurs, au lieu de rester prisonnière de comptes bancaires qui ne rapportent rien.