Épargne : ce que pourrait vraiment rapporter votre Livret A au 1er février 2026, et ce que cette nouvelle baisse change pour vous
Après deux baisses en 2025, le Livret A pourrait reculer une troisième fois au 1er février 2026, sur fond d’inflation revenue autour de 1 %. Jusqu’où le taux descendra-t-il et que cela changera-t-il pour votre épargne ?

Après deux baisses rapprochées en 2025, le rendement du Livret A semble promis à un nouveau recul au début de l’année 2026. Ce produit d’épargne détenu par plus de 55 millions de Français a déjà vu son taux passer de 3 % à 2,4 % au 1er février 2025, puis à 1,7 % au cours de la même année. Les regards se tournent désormais vers la prochaine échéance réglementaire, le 1er février 2026, avec une même question en tête : jusqu’où la rémunération peut-elle encore descendre.
En toile de fond, l’inflation faiblit, les taux interbancaires reculent et la formule officielle de calcul tire mécaniquement le rendement vers le bas. Le site RMC Conso, cité par Notre Temps, évoque déjà un nouveau mouvement à la baisse, après les 2,4 puis 1,7 % enregistrés cette année. Reste à savoir à quel niveau précis le taux du Livret A pourrait se stabiliser et si les pouvoirs publics décideront, ou non, de corriger le résultat brut de la formule pour atténuer le choc sur le pouvoir d’achat des épargnants.
Taux du Livret A 2026 : ce que montrent l’inflation et la formule officielle
Pour les livrets d’épargne réglementée comme le Livret A et le LDDS, la règle de calcul est connue. Comme le rappelle BFM sur la base des explications de la Banque de France, la formule prend pour moitié l’évolution des prix des six derniers mois et pour une autre moitié un taux d’échange entre les banques. Ce résultat sert ensuite de base à une recommandation de la Banque de France à la mi janvier, puis au choix final du ministre de l’Économie.
Le nouveau ministre Éric Lombard insiste d’ailleurs sur ce caractère encadré. Selon BFMTV, il a affirmé que la formule de calcul du taux de rémunération permet « échappe aux décisions politiques » et « vise à protéger le pouvoir d’achat des Français », a-t-il certifié, rappelant que « l’inflation se rapproche de 1% ». Les derniers chiffres publiés et repris par Notre Temps vont dans ce sens. L’inflation s’est limitée à 0,9 % en juillet, 0,8 % en août, 1,1 % en septembre et 0,9 % en octobre. Sauf surprise sur novembre et décembre, la moyenne sur six mois ne devrait pas excéder 1 %.
En parallèle, les taux interbancaires tournent autour de 1,93 %. Ce niveau reste légèrement supérieur au rendement actuel du Livret A à 1,7 %, mais l’inflation très faible pèse davantage dans la formule. Selon Capital, cité par Notre Temps, ces données convergent vers un rendement théorique proche de 1,5 %, voire 1,4 % dès février. Autrement dit, les projections font état d’une baisse théorique de 0,2 à 0,3 point, rendant très probable une troisième diminution consécutive au 1er février 2026.
Livret A à 1,5 % : conséquences pour votre épargne, LEP et LDDS
Rien n’est totalement figé à ce stade. Notre Temps rappelle que, comme chaque année, la Banque de France formulera une recommandation à la mi janvier et que le ministre de l’Économie tranchera ensuite sur le taux final. L’exemple de 2023 montre que l’exécutif peut s’écarter de la stricte application de la formule : Bruno Le Maire avait alors gelé le taux à 3 % alors que le calcul automatique l’aurait porté à 4,1 %. Les décisions récentes vont toutefois plutôt dans le sens d’un respect de la formule pour le Livret A, la marge de manœuvre politique étant utilisée surtout pour les produits destinés aux ménages modestes.
C’est le cas du Livret d’épargne populaire (LEP). Pour ce livret réservé aux épargnants éligibles sous conditions de revenus, Éric Lombard a reconnu sur BFMTV RMC, à propos de la baisse prévue au 1er février 2025, « On n’applique pas la formule, on fait plus », confirmant que Bercy avait acté le « taux de 3,5% » proposé par la Banque de France, alors que l’application stricte aurait conduit à 2,9 %. Il a aussi insisté sur le fait que le rendement du LEP « sera beaucoup plus élevé que le Livret A ». Notre Temps rappelle de son côté que, par construction, le taux du LEP doit rester supérieur d’au moins 0,5 point à celui du Livret A, ce qui le ferait atteindre entre 1,9 et 2 % en 2026 selon les estimations, contre 2,7 % actuellement alors qu’il pourrait théoriquement être de 2,2 %.
En pratique, plusieurs éléments vont donc intéresser les épargnants les plus interressés par la suite.
- Pour le Livret A et le LDDS, aligné sur le même taux, la perspective la plus crédible reste un rendement autour de 1,5 %, en lien avec une inflation proche de 1 %, soit une rémunération réelle limitée.
- Pour le LEP, la règle d’écart minimal avec le Livret A et les précédents coups de pouce laissent envisager un taux toujours nettement supérieur, ce qui en fait le livret réglementé le plus protecteur pour les ménages modestes.
- Pour l’ensemble des détenteurs de livrets, le calendrier reste le même : chiffres définitifs d’inflation en fin d’année, recommandation de la Banque de France à la mi janvier, puis entrée en vigueur des nouveaux taux au 1er février.
Dans ce contexte de rendement attendu en baisse, les détenteurs de Livret A peuvent surveiller les annonces de la Banque de France et de Bercy dans les prochaines semaines, et ceux qui remplissent les critères de revenus ont intérêt à vérifier auprès de leur banque si l’ouverture ou le renforcement d’un LEP est possible, les établissements ayant, selon Éric Lombard, accepté « de faire une campagne pour que [le LEP soit proposé aux] personnes qui sont éligibles ».





