Banque : ce PEL détenu par 9 millions de Français est devenu le placement le moins rentable en 2025, faut-il le clôturer ?

Par Paul Graph - Publié le

Rendement net à peine supérieur à 1 %, capital bloqué, contraintes à la chaîne : ce placement bancaire fait pourtant partie du quotidien de 9 millions de Français. Êtes‑vous, vous aussi, assis sur l’épargne la moins rentable de 2025 ?

Banque : ce PEL détenu par 9 millions de Français est devenu le placement le moins rentable en 2025, faut-il le clôturer ?

Les Français n ont jamais autant laissé dormir leur argent sur des comptes sécurisés. Entre l envolée des prix, la peur du lendemain et un marché immobilier plus difficile, beaucoup préfèrent empiler l épargne plutôt que de consommer ou d investir. Mais derrière cette apparente prudence, tous les produits ne se valent pas et certains se sont révélés être de vraies fausses bonnes idées.

C est tout particulièrement le cas d un placement historique de la banque de détail, longtemps présenté comme un passage obligé pour préparer un achat immobilier. En 2025, il décroche la palme de placement le moins rentable parmi les grandes solutions d épargne réglementée, alors que près de 9 millions de Français en détiennent encore un. De quoi faire grimacer plus d un titulaire lorsqu il découvre les chiffres.

PEL 2025 : comment ce placement est devenu le moins rentable

Le produit en question n est autre que le plan épargne logement, le fameux PEL. Jadis chouchou des épargnants qui voulaient mettre de côté pour un futur crédit, il cumule en 2025 les mauvaises nouvelles. Son taux de rémunération est tombé à 1,75 % avant impôt depuis le 1er janvier 2025 pour les plans nouvellement ouverts. Et surtout, ses intérêts sont imposables : une fois l impôt prélevé, la rentabilité nette tourne autour de 1,22 %, selon Droit Finances, bien en dessous de celle du livret A.

En face, les autres placements sécurisés tiennent mieux le choc. Les livrets réglementés comme le livret A, le LDDS ou le livret d épargne populaire servent une rémunération nette supérieure, sans aucune fiscalité ni obligation de versement. Même l assurance vie en fonds euros, pourtant réputée prudente, affiche en moyenne 2,6 % d intérêt, soit plus que le livret A dont le taux 2025 est de 1,7 %. Ce contraste est d autant plus frappant que les Français se sont massivement tournés vers ces solutions : en septembre, les contrats d assurance vie ont ainsi enregistré une collecte record de 14,9 milliards d euros, en hausse de 20 % sur un an selon France Assureurs.

Le PEL nouvelle génération ne souffre pas seulement d un rendement à la traîne. Il est aussi encadré par des règles que beaucoup de titulaires découvrent au moment de s en servir, et qui le rendent peu adapté à une épargne de précaution souple et disponible.

Ce plan cumule en effet plusieurs contraintes clairement listées par Droit Finances :

  • une rémunération faible, avec un taux tombé à 1,75 % avant impôt depuis le 1er janvier 2025 ;
  • l absence totale d avantage fiscal, les intérêts étant soumis à l impôt, ce qui ramène le rendement net à environ 1,22 % ;
  • une épargne indisponible en partie, puisque tout retrait entraîne automatiquement la clôture du plan ;
  • l obligation d effectuer des versements réguliers d au moins 540 € par an.

Résultat : parmi la panoplie des produits d épargne réglementée, le PEL 2025 apparaît désormais comme le support le moins rémunérateur, avec en plus des règles de fonctionnement très rigides pour l épargnant.

Faut il garder son PEL ou le clôturer si on en a déjà un ?

Que ce produit soit déconseillé à l ouverture en 2025 ne signifie pas pour autant qu il faille fermer tous les plans existants. Droit Finances insiste sur un point clé : tout dépend de la date d ouverture du plan épargne logement et du taux qui y est associé. Les plus anciens PEL peuvent même rester très interressants. Certains plans ouverts il y a plusieurs décennies rapportent ainsi 4,50 %. D après un rapport de la Banque de France cité par le site, environ 27 % des PEL serviraient encore un intérêt égal ou supérieur à 3,50 %, des niveaux aujourd hui introuvables sur les autres supports sécurisés.

Les plans plus récents, en revanche, demandent un examen attentif. Ceux ouverts entre le 1er août 2016 et le 31 décembre 2022 ne rapportent qu 1 % de rémunération et, pour la plupart des épargnants, ils « méritent donc d être clôturés sans délai », sauf en cas de projet immobilier. Cette génération de plans donne en effet droit à un prêt à taux très faible, de l ordre de 2,20 %, qui peut rendre ces PEL intéressants pour boucler un financement. Pour les autres profils, Droit Finances estime qu il vaut mieux privilégier des supports comme le livret A, le LDDS ou, pour les ménages éligibles, le livret d épargne populaire, tous exonérés d impôt et plus simples à utiliser au quotidien.

Ce grand tri dans les PEL intervient alors que l ensemble de l épargne des Français attire de nouvelles convoitises. L Assemblée nationale a ainsi voté le 31 octobre, en première lecture, la transformation de l impôt sur la fortune immobilière en « impôt sur la fortune improductive ». Ce futur impôt viserait non seulement l immobilier, mais aussi divers actifs considérés comme n ayant pas d impact positif sur l activité ou l investissement national : objets précieux, voitures, yachts, œuvres d art, actifs numériques, liquidités, placements financiers non investis dans les entreprises et surtout les fonds en euros de l assurance vie. Pour les professionnels de l assurance interrogés par 20 Minutes, une telle réforme reviendrait à tirer une « balle dans le pied » de l État lui même, puisque ces fonds servent largement à financer la dette publique. De leur côté, les titulaires de PEL comme de contrats d assurance vie observent avec attention ces débats, en attendant que le texte passe au Sénat.